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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-flore/Les-plantes-a-fleurs-menacees/L-astragale-de-Bayonne
Dernière modification le 24 octobre 2005
Espèce du littoral atlantique franco-espagnol, l'Astragale de Bayonne n'est connue en France que sur la côte Basque et en Bretagne. C'est une espèce protégée sur l'ensemble du territoire national ( arrêté du 20 janvier 1982, modifié par l'arrêté du 31 août 1995).
L'astragale de Bayonne (Astragalus baionensis) est une plante vivace de la famille des légumineuses. Plus ou moins couchées, ses tiges sont grêles, velues et blanchâtres. Elles portent des feuilles composées de 11 à 21 folioles petites et de couleur gris-argenté. Entre les mois de juin et d'août, s'épanouissent des fleurs bleu-violacées, en grappes courtes de 3 à 8.
Cette plante se trouve dans les milieux sableux légèrement remués et se développe dans un mélange de sables fins et de petits galets, dans des secteurs parfois caractérisés par une érosion importante.
Elle s'installe sur les revers internes des dunes mobiles, où elle est accompagnée de panicaut des dunes (Eryngium maritimum), de liseron des sables (Calystegia soldanella), d'asperge prostrée (Asparagus officinalis ssp. maritimus) et parfois de santoline (Otanthus maritimus). Elle peut également coloniser des remblais sableux, comme à Prat-ar-c'hastel (Baie d'Audierne) où elle s'est développée sur les pentes abruptes d'une digue de sables, au sein d'une végétation de dune semi-fixée. A chaque fois, les végétations, dans lesquelles la plante se développe, sont d'une hauteur maximale de 20 centimètres et couvrent entre 50 et 70 % de la surface.
En Bretagne, l'astragale de Bayonne n'est présente que sur les dunes de la Baie d'Audierne, qui constituent la limite nord absolue de l'espèce en Europe.
Elle se concentre sur quelques centaines de mètres et si l'on tient compte de quelques discontinuités au sein de la dune, elle se répartit en cinq stations. Tandis que certaines de ces stations, réduites, ne s'étendent que sur 50 à 100 mètres carrés, d'autres sont très vastes, puisqu'elles accueillent, de manière plus ou moins continue, l'Astragale sur 400 à 500 mètres de longueur de dune.
L'astragale de Bayonne affectionne les endroits à faible concurrence végétale et exige des sables légèrement remaniés. Elle paraît néanmoins sensible à une trop forte perturbation de la dune.
Quand le piétinement, associé aux activités de loisir (pratique du moto-cross, du VTT ou de l'équitation), est occasionnel et dispersé, il contribue à limiter la concurrence végétale préjudiciable au maintien de l'astragale. Mais dès lors que ces activités s'exercent toujours aux mêmes endroits, les populations d'astragale régressent rapidement.
Toutes les stations d'astragale de la Baie d'Audierne sont situées sur des terrains du Conservatoire du Littoral et des rivages lacustres. Elles sont incluses dans une zone naturelle d'intérêt écologique, floristique et faunistique ( Znieff) de type II et font partie d'un Site d'intérêt communautaire.
L'écologie particulière de l'astragale de Bayonne rend difficile la préconisation de mesures simples de gestion permettant de garantir le maintien, en l'état, des populations de cette espèce : les usages actuels de la dune peuvent constituer à la fois une menace et un facteur de maintien de l'espèce, selon qu'ils sont importants ou occasionnels. De même, la Baie d'Audierne est un massif dunaire en perpétuel mouvement et il est illusoire de vouloir maîtriser l'ensemble des phénomènes d'érosion ou d'engraissement.
Dans ces conditions, le Conservatoire botanique national de Brest a proposé des mesures de gestions à l'échelle de la dune, dans son ensemble, plutôt que des mesures strictement appliquées à des portions restreintes, correspondant aux secteurs d'implantation d'astragale. Par ailleurs, l'évolution actuelle de l'astragale et sa capacité à recoloniser naturellement des portions de sables nus, sont encore mal connues et nécessitent d'être précisées. En effet, la disparition de certains individus suite à de fortes perturbations (naturelles ou anthropiques) du substrat pourrait être compensée par une colonisation de nouveaux espaces par l'espèce.
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