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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-flore/Les-plantes-a-fleurs-menacees/La-linaire-grecque
Dernière modification le 24 octobre 2005
La linaire grecque, plante rampante des pelouses rases, est présente en Bretagne uniquement à Belle-Ile. Elle ne semble pas être en danger mais la vigilance est de rigueur car il existe des menaces diffuses.
La linaire grecque (Kickxia commutata ssp. commutata) est une petite plante rampante. Ses tiges, couchées, peuvent s'enraciner au niveau des nœuds et portent de nombreuses feuilles vert pâle, en forme de fer de lance. Les fleurs irrégulières, assez grandes (1,2 à 1,5 centimètres de long), sont blanchâtres, mais leur lèvre supérieure est violet pâle et leur lèvre inférieure, jaune. Ces fleurs solitaires, caractérisées par un éperon long et recourbé, sont portées par de longs pédicelles (environ 3 centimètres) glabres et fins, naissant au niveau de l'aisselle des feuilles.
Cette plante, des lieux secs plus ou moins sableux, s'installe souvent en bordure de chemin, de cultures ou dans des pelouses écorchées, sur le littoral ou en moyenne montagne (jusqu'à plus de 500 mètres en Corse). En Bretagne, la linaire grecque n'est connue que sur quelques pelouses sèches et écorchées du littoral, à Belle-Ile. Ces pelouses se situent toujours sur des affleurements rocheux (schistes), exposés au sud et en forte pente (30 à 40 %). En général, le sol, relativement tassé, est constitué de sables apportés par le vent.
En Bretagne, la linaire grecque n'est présente qu'à Belle-Ile (Morbihan) qui constitue sa limite nord absolue de répartition. En 2002, la prospection par le Conservatoire botanique national de Brest, de l'ensemble des stations belliloises, où l'espèce a été autrefois signalée, s'est avérée fructueuse pour la plupart des stations. La linaire grecque n'a cependant pas été retrouvée à Port-An-Dro en Locmaria.
Le maintien de la linaire grecque dépend directement de celui des pelouses rases et ouvertes. En général, ces milieux évoluent lentement et sont peu concernés par des pressions naturelles (embroussaillement).
Pourtant, des pressions diffuses s'exercent sur quelques stations. Les sites du sud-est de Anter (coteaux de Donnant) et du nord de la plage d'Herlin semblent s'embroussailler graduellement, du fait de l'extension des prunelliers. A Port Kérel, ce sont des petits mammifères (mulots, etc.) qui déstructurent les sols, en creusant des galeries, au cœur des zones abritant la linaire. Enfin, à Port-an-Dro, où l'espèce n'a pas été revue en 2002, les pelouses ouvertes sont érodées par la circulation piétonne, et en voie d'eutrophisation, en raison de la fréquentation massive du site par les goélands.
La linaire grecque est protégée sur l'ensemble du territoire national, sous le nom de Linaria commutata Berhn. ex Reichenb. A court terme, elle semble peu menacée. Cependant, compte tenu de sa répartition extrêmement réduite (même à Belle-Ile, le nombre de ses stations est très faible), une vigilance particulière (visites régulières des stations) doit être portée à cette espèce en commençant notamment par une information des propriétaires des sites où elle se développe et par une conservation ex-situ (en banque de graines) de l'espèce, à titre préventif.
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