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Dernière modification le 24 octobre 2005


fiche nature

Le ciste hérissé

Rédigé par :

Sylvie Magnanon Conservatoire botanique national de Brest (CBNB)




Ciste hérissé Ciste hérissé

Odorant et buissonant, le ciste hérissé est un arbrisseau qui a été sauvé in-extremis. Aujourd'hui, la Bretagne est l'un des seuls endroits où se trouve ces fleurs blanches.


Le ciste hérissé (Cistus hirsutus) est un arbrisseau buissonnant très odorant, à tiges garnies de longs poils. Les feuilles vert foncé, également poilues, sont sessiles et opposées. En mai - juin, s'épanouissent de grandes fleurs aux pétales blancs tachés de jaune à la base.

C'est une plante thermophile affectionnant les endroits ouverts et exposés à la chaleur, comme les landes ou les bois clairsemés. A La Forest-Landerneau (Finistère), et même si quelques populations peuvent être observées dans des biotopes orientés au nord, le ciste hérissé se développe préférentiellement sur des talus exposés au sud. Il est notamment bien représenté sur les microfalaises bordant la rive nord de l'Elorn.

Depuis 150 ans, en Bretagne

Dans le monde, le Ciste hérissé n'est présent qu'en France, à Madère, au Portugal et en Espagne.

En France, il n'est connu désormais qu'en Charente maritime (îles de Ré et d'Oléron) et en Bretagne, à La Forest-Landerneau, en bordure d'une voie ferrée et de la rivière Elorn. Il a disparu de Vendée où il était connu en forêt d'Olonne.

A la fin du XIXe siècle, de nombreux débats ont agité les scientifiques, quant à l'introduction ancienne ou au contraire à la spontanéité, de cette espèce ibérique. Quoi qu'il en soit, le ciste hérissé y subsiste depuis près de 150 ans et cette localité isolée, constituant la limite nord absolue de l'espèce, n'est pas de moindre intérêt, bien au contraire.

Besoin d'espace

L'espèce semble très sensible à un embroussaillement important du milieu. Elle se maintient sous la forme d'individus vigoureux dans des fourrés clairs (à ronces, ajoncs d'Europe, fragon petit-houx, fougère aigle, etc.) ou en lisière de chênaies rabougries. Lorsque le couvert arborescent devient trop dense, ou que le milieu s'embroussaille, le ciste devient de plus en plus chétif et finit par disparaître. Cette espèce est également sensible au désherbage chimique des talus et des lisières.

Sauvé in-extremis

Un sauvetage in-extremis du ciste hérissé fût entrepris par le Conservatoire botanique national de Brest en partenariat avec la SNCF et l'association La Forest Environnement, en 1988. A cette époque, seuls 4 ou 5 pieds de ciste subsistaient le long de la voie ferrée et 2 pieds fleuris se trouvaient sur des parcelles isolées). Aujourd'hui, après une opération de réimplantation de cistes cultivés à partir de graines, la population de cistes hérissés avoisine 150 à 200 individus.

Sur les pieds plantés en 1989 et 1990, certains se maintiennent dans une situation stable et optimale (exposition au sud, végétation très clairsemée). Il semblerait même que quelques pieds se soient développés spontanément en lisière d'un bois de chênes à partir de ces individus réintroduits. Mais d'autres paraissent affaiblis voire ont disparu (près de la voie ferrée, notamment), probablement en raison de la fermeture très rapide du milieu, inéluctable en l'absence d'intervention.

Le Conservatoire botanique national de Brest a donc proposé un plan de sauvegarde reposant en priorité sur l'entretien et le suivi de la population actuelle.