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Dernière modification le 24 octobre 2005


fiche nature

Le fer à cheval

Rédigé par :

Sylvie Magnanon Conservatoire botanique national de Brest (CBNB)




Fer à cheval Fer à cheval

Malgré une importante aire de répartition en France, le fer à cheval, qui doit son nom à la forme de ses fruits, est rare en Bretagne. Une station en Bretagne abrite ces fleurs jaunes.


Le fer à cheval (Hippocrepis comosa) est une petite plante vivace de la famille des légumineuses, caractérisée par ses tiges nombreuses souvent couchées, ligneuses à la base, et portant des feuilles composées de 11 à 17 folioles. Ses fleurs jaunes sont regroupées par 5 à 12 en fleurs (ombelles) longuement pédonculées. Ce sont ses fruits qui sont à l'origine du nom vernaculaire de cette espèce : "le fer à cheval" a en effet la particularité de produire des gousses arquées, sinuées, et présentant des échancrures en forme de "fer à cheval".

C'est une espèce caractéristique des pelouses calcaires sèches.

Rare en Bretagne

Dans le Massif Armoricain, le fer à cheval peut être considéré comme une espèce extrêmement rare, puisqu'en dehors des zones de contact entre le Massif Armoricain et le Bassin Parisien ou le Bassin Aquitain, il n'est présent que dans une seule localité dans le Cotentin et dans une seule station de Bretagne.

Cette unique station bretonne, connue depuis 1897, est située à l'extrême ouest du Finistère et se trouve à environ 300-400 kilomètres des stations voisines les plus proches (Cotentin, Sarthe, Maine-et-Loire et Vendée), elles-mêmes en limite d'aire de répartition. A Camaret, le fer à cheval se développe sur des sables plus ou moins riches en humus colonisés par une pelouse assez haute, en contact avec une lande à ajoncs d'Europe.

Piétinement et concurrence végétale

A Camaret, le fer à cheval forme une très belle population, notamment au point de contacts entre une végétation très ouverte (le long des sentiers piétonniers notamment) et ceux où la végétation est haute et dense (lande à ajoncs d'Europe). Cette espèce apparaît donc à la fois sensible au piétinement et à une forte concurrence végétale.

Au sein de la station de Camaret, le degré de vulnérabilité du fer à cheval varie d'un endroit à l'autre. Dans certains secteurs, la forte imbrication des pelouses et des landes favorise son développement (lisières entre les landes ou les fourrés et les pelouses peu piétinées mais dont l'abroutissement par des lapins limite la concurrence végétale).

En revanche, la présence du fer à cheval semble compromise dans d'autres secteurs de la station, comme sur le site mégalithique de Lagatjar. En effet, afin de faciliter la circulation des visiteurs, nombreux sur ce site au printemps et en été, des opérations de fauche ont lieu chaque année. Ces opérations interviennent au printemps, trop tôt pour le fer à cheval, qui est une espèce tardive et n'a pas le temps de boucler son cycle de végétation (par la production de graines notamment). Cette fauche fragilise l'espèce et menace de disparition le fer à cheval dans cette partie de la station. Des mesures visant à reculer la date de fauche de certaines portions de pelouses devraient suffire à maintenir l'espèce à cet endroit.

Une fauche programmée

Le fer à cheval n'est pas protégé par la loi. La station de Pen-Hat en Camaret, située sur le territoire du Parc naturel régional d'Armorique, est située en zone naturelle d'intérêt écologique, floristique et faunistique ( Znieff) de type 1 et de type 2 et est incluse dans un site d'intérêt communautaire.

Afin d'éviter une tonte trop précoce de la plante, néfaste à la production correcte de graines, le Conservatoire botanique national de Brest a proposé au Parc naturel régional d'Armorique et à la commune de Camaret, en 1999, d'établir un planning de fauche des pelouses accueillant le fer à cheval.