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Dernière modification le 24 octobre 2005


fiche nature

Le tétragone maritime

Rédigé par :

Sylvie Magnanon Conservatoire botanique national de Brest (CBNB)




Tétragone maritime Tétragone maritime


Le tétragone maritime (Tetragonolobus maritimus) est une légumineuse vivace caractérisée par des tiges couchées, de 10 à 30 centimètres de long, portant des feuilles composées de 3 folioles ovales, vert-bleuâtres et un peu charnus. Les fleurs, jaune pâle, sont solitaires et portées par de longues queues. Elles s'épanouissent en mai-juin et donnent plus tard des gousses droites, de section carrées et ailées sur les angles.
Espèce plutôt calcicole, elle se développe, en Bretagne, dans les dépressions humides sablo-humifères des arrière-dunes de Plouhinec (Morbihan).

Les trois micro-stations de cette espèce, relativement proche les unes des autres, sont toutes caractérisées par des végétations plus ou moins hygrophiles telle que les roselières claires à roseau (Phragmites australis), marisque (Cladium mariscus) et choin (Schoenus nigricans) ou les prairies humides à agrostide blanc (Agrostis stolonifera), écuelle d'eau (Hydrocotyle vulgaris) et jonc articulé (Juncus articulatus).

Trois micro-stations à Plouhinec

Le tétragone maritime est une espèce répartie sur le littoral français et à l'intérieur des terres, surtout en Champagne, Lorraine, Bourgogne et dans le sud-est de la France.
Dans le Massif armoricain, cette plante est extrêmement rare puisqu'elle n'y est signalée que sur les marges, dans le Maine-et-Loire, et en Bretagne, à Plouhinec (Morbihan). Les terrains où elle pousse appartiennent au Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie.

Cohabitation militaro-végétale

Bien que le tétragone maritime ne soit pas une espèce caractéristique des lieux ouverts, elle semble néanmoins, sensible à une trop forte concurrence végétale. Dans l'une des trois micro-stations, on note en particulier un risque important de disparition de l'espèce en raison de l'extension d'un fourré à prunelliers situé au contact immédiat de la dépression à tétragone maritime.

L'espèce paraît également sensible à un assèchement du milieu car les populations les moins vigoureuses sont celles qui sont situées dans les zones les moins humides.

Une extrême rareté

L'extrême rareté de la tétragone maritime a justifié, en 1987, son inscription sur la liste régionale des espèces protégées. L'unique station bretonne de cette espèce (constituée en réalité de trois micro-stations) est inventoriée en zone naturelle d'intérêt écologique, floristique et faunistique ( Znieff) de type 1 et de type 2 et est incluse dans un futur site d'intérêt communautaire.

Le Conservatoire botanique national de Brest a proposé, dans un plan d'action pour la sauvegarde de l'espèce, un ensemble de mesures pour limiter la concurrence végétale et les destructions potentielles de son milieu. Ces mesures pourraient être mises en oeuvre dans le cadre du document d'objectif du site Natura 2000 "Gavres - Quiberon".