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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Le-patrimoine-geologique/La-conservation-du-patrimoine-geologique-breton-ou-en-est-on
Dernière modification le 04 février 2010
La Bretagne est la première région française a avoir évalué les besoins en protection de ses sites géologiques d’intérêt patrimonial. Dès 2005, les grands enjeux pour leur conservation étaient fixés. Quel est le bilan aujourd’hui ? Combien sont réellement protégés et comment ?
La conservation des objets géologiques remarquables nécessite une approche différente de celle pratiquée pour le patrimoine biologique. Car on ne peut établir des listes de minéraux ou de roches « menacés » comme c’est le cas pour les habitats ou les espèces de la faune et de la flore. La stratégie consiste à lister les sites géologiques remarquables et d’en évaluer l’intérêt patrimonial aux niveaux local, régional ou national.
Profitant de réflexions menées au niveau national sur la notion de patrimoine géologique, la Bretagne a été une terre d’expériences. Elle a réalisé le premier inventaire régional du patrimoine géologique, entre 1992 et 1994. Lorsque dix ans plus tard, le ministère en charge de l’Environnement décide de lancer un inventaire national, elle devient région pilote. On y affine la méthodologie qui sera appliquée au niveau national en partenariat avec le Bureau de recherche géologique et minière, chargé de créer la base de données correspondante.
Entre 2003 et 2005, la Société géologique et minéralogique de Bretagne en collaboration avec le conseil régional de Bretagne a défini, en croisant l’évaluation des sites et les besoins de conservation, une stratégie pour les préserver. On y distingue par exemple des sites dont l’intérêt est international, comme le socle icartien vieux de près de 2 milliards d’années en Côtes-d’Armor ou les schistes bleus de l’île de Groix, d’autres de niveau national tel le volcan de Belle-Île-en-Mer ou encore dont la valeur reste locale comme la mer des Faluns en Ille-et-Vilaine.
Il n’y a pas de statut juridique de protection spécifique au patrimoine géologique qui le distingue du patrimoine vivant. Le seul outil juridique adapté est la réserve naturelle nationale ou régionale. Le site classé pour son intérêt scientifique (loi de 1930) offre cependant une possibilité dans certaines situations. La maîtrise foncière publique (principalement par le Conservatoire du littoral et les conseils généraux) peut aussi contribuer à la conservation des sites.
À ce jour, sur l’ensemble des sites retenus par l’inventaire du patrimoine géologique breton, très peu d’entre eux sont protégés au titre de leur géologie remarquable. Il existe une réserve naturelle nationale ( l’île de Groix, en Morbihan), une autre régionale ( le sillon de Talbert en Côtes-d’Armor) et un site classé (la carrière des Landes, en Ille-et-Vilaine).
La protection juridique seule ne suffit pas. Il faut aussi assurer une gestion des sites protégés pour en maintenir l’accès et la lisibilité. Sinon, il perd une partie de son intérêt patrimonial puisqu’il ne peut plus être partagé. Selon le cas, plusieurs types d’interventions plus ou moins lourdes à mettre en œuvre sont envisageables : débroussaillage, rafraîchissement du front de taille dans une carrière, protection d’affleurements fragiles ou sensibles par des équipements, protections muséales sur site, etc.
Certains sites sont devenus des lieux de culture scientifique accessibles à tous, la médiation se faisant grâce à des visites guidées ou par le biais de panneaux pédagogiques comme à la carrière de la Marette à Saint-Malon-sur-Mel en Ille-et-Vilaine ou au niveau du « faux volcan » de Poligné, également en Ille-et-Vilaine. Outre leur vocation pédagogique locale, ces installations sont aussi un pari pour l’avenir. Car sensibiliser le public au patrimoine géologique, est probablement l’un des meilleurs moyens de le protéger dans la durée.
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