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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Bois-et-forets/Le-reseau-Ongules-sauvages
Dernière modification le 29 mai 2008
Chargée de mission à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage Bretagne-Pays de la Loire, Xavière Grosbois nous présente le réseau Ongulés sauvages qui s’intéresse aux grands gibiers.
L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a créé ce réseau en 1985 pour recueillir des informations nationales sur les cervidés (cerf élaphe, chevreuil, daim, cerf sika) et les sangliers. Appelé réseau Cervidés-sanglier jusqu’en 2006, il est devenu le réseau Ongulés sauvages afin d’intégrer la problématique des ongulés de montagne (chamois et isard, bouquetin, mouflon). Même si finalement, en Bretagne, il ne s’intéresse qu’au cerf élaphe, au chevreuil et au sanglier.
Depuis 2003, ce réseau est co-géré par l’ONCFS et la fédération nationale des chasseurs. Les données du réseau sont récoltées dans chaque département par l’ONCFS et les fédérations départementales des chasseurs ainsi que par les services préfectoraux chargés de la chasse (direction départementale de l’Agriculture et de la Forêt).
Deux interlocuteurs techniques sont désignés par département, un pour la fédération départementale des chasseurs et un pour le service départemental de l’ONCFS. Ils coordonnent les différentes enquêtes à l’échelle du département et font remonter les informations à l’échelon national où elles sont saisies, traitées et cartographiées par l’équipe des permanents du réseau.
Nous analysons les tableaux de chasse. Nous étudions la répartition des espèces. Nous effectuons un inventaire zoo-géographique du cerf et des modalités de gestion des ongulés par la chasse.
Comme dans toutes les régions de France, le cerf et le chevreuil sont soumis en Bretagne à un plan de chasse préparé par une commission spécialisée et officialisé par arrêté préfectoral. Il fixe, pour chaque territoire demandeur d’un droit à chasser ces espèces, le nombre minimum et maximum d’animaux à prélever par saison de chasse, répartis par sexe ou par catégorie d’âge.
Les plans de chasse sont là pour assurer le développement durable des populations de gibier tout en conciliant les intérêts agricoles, forestiers et cynégétiques . Le suivi des attributions (nombre d’animaux dont la chasse est autorisé) et des réalisations (nombre d’animaux effectivement abattus) de ces plans de chasse donne une image de l’évolution des populations de cerf et de chevreuil.
Pour le sanglier, les interlocuteurs techniques départementaux fournissent également les chiffres sur les prélèvements par la chasse. Pour cette espèce l’information est toutefois moins complète, car en Bretagne, il n’y a qu’en Ille-et-Vilaine et en Morbihan que la chasse au sanglier est gérée par la méthode des plans de chasse.
Dans la région, en raison de la faible couverture forestière, les populations de grand gibier sont nettement en dessous des moyennes nationales. L’espèce la plus présente est le chevreuil.
Depuis le milieu des années 1980, le contrôle des prélèvements de cette espèce par la chasse a entraîné une augmentation continuelle des ses effectifs. Longtemps peu abondant, cet animal est maintenant bien présent dans l’ensemble de la région. Cependant, celle-ci étant peu boisée, les densités restent moins élevées que dans l’est et le sud-ouest de la France. Cette augmentation des populations de cerf et de chevreuil ne va pas sans heurs. En effet, là où les densités deviennent importantes, des dégâts peuvent être commis sur les jeunes plantations forestières, entraînant des investissements supplémentaires pour les sylviculteurs (protection des arbres, remplacement des arbres détruits).
Introduit en Bretagne dans les années 1950, le cerf a connu une forte augmentation de ses effectifs depuis le milieu des années 1980 ; la surface occupée par l’espèce est passée de 594 ha en 1985 à 2 161 ha en 2005. Actuellement, 850 à 1 050 cerfs sont présents en Bretagne, soit à peine 1 % des effectifs français. Le cerf occupe les grands massifs des Côtes-d'Armor, où il est le plus présent (forêts de la Hardouinais, de Loudéac, de la Hunaudaye, etc.), du Morbihan (forêt de Lanouée, massif de Quénécan, etc.) et d'Ille-et-Vilaine (forêt de Paimpont).
Les effectifs de sangliers sont longtemps restés assez faibles en Bretagne, mais ils ont nettement augmenté depuis la mise en place d’une gestion de l’espèce dans le milieu des années 1980. Le sanglier est aujourd’hui largement répandu dans la région, un plan de chasse pour cette espèce a été instauré en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan. Suite à cette expansion, les prélèvements par la chasse ont été multipliés par 13 entre la saison 1985-1986 et la saison 2005-2006. L’accroissement des populations de sangliers provoque une augmentation des dégâts agricoles qui sont à 90 % dus au sanglier et peuvent être importants dans les prairies et les cultures (notamment le maïs). Cela a conduit les départements du Finistère, des Côtes-d’Armor et du Morbihan à classer cette espèce comme nuisible , afin d’avoir plus de possibilités pour réguler ses populations (en particulier par l’organisation de battues administratives en dehors de la période de chasse). Les fédérations départementales des chasseurs sont chargées de l’indemnisation des dégâts agricoles.
Réseau Ongulés sauvages (ONCFS) : Au bord du Rhin 67150 GERSTHEIM - Tél. : 03 88 98 47 49 - Fax : 03 88 98 43 73
Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (GIP Bretagne environnement)
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