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Dernière modification le 21 juillet 2006


qui fait quoi ?

Qui surveille l'état de santé des arbres en Bretagne ?


Chenille arpenteuse de Cheimatobie Chenille arpenteuse de Cheimatobie

Comment se portent les arbres de Bretagne ? Perdent-ils anormalement leurs feuilles ? Ont-ils des colorations inhabituelles ? Subissent-ils les assauts de ravageurs ? Pour le savoir, trois réseaux d'observation nationaux surveillent l'état sanitaire des forêts bretonnes à l'échelle régionale, nationale et européenne. Xavier Grenié du Centre régional de la propriété forestière de Bretagne et Dominique Sage de l'échelon technique nord-ouest du département de la Santé des forêts nous expliquent comment après les tempêtes de 1987 et 1999, les attaques de pathogènes opportunistes ont explosé. Si aujourd'hui, la situation phytosanitaire s'est stabilisée dans la région, certaines essences restent les cibles privilégiées de ravageurs.


Quels sont les organismes chargés de surveiller la santé des forêts de Bretagne ?

En France, trois réseaux permettent de suivre l'évolution des forêts : celui des correspondants-observateurs du département de la Santé des forêts attaché au ministère de l'Agriculture et de la Pêche, le réseau européen de surveillance phytosanitaire des forêts, et le réseau national de suivi à long terme des écosystèmes forestiers (Renecofor), géré par l'Office national des forêts. Les correspondants-observateurs du département de la Santé des forêts participent d'ailleurs activement à ces deux derniers réseaux. Le réseau national de correspondants-observateurs du département de la Santé des forêts a été créé en 1989.

En Bretagne, dix personnes, appartenant aux différentes structures forestières régionales (les directions départementales de l'Agriculture et de la Forêt, le service régionale de la forêt, des affaires rurales et de l'environnement de la direction régionale de l'Agriculture et de la Forêt, l'Office national de la forêt et le Centre régional de la propriété forestière de Bretagne), sont chargées d'identifier les problèmes sanitaires les plus courants.

Comment s'organise ce suivi ?

Les correspondants-observateurs surveillent et rendent compte de l'évolution des dépérissements et des populations de parasites. Ils informent les gestionnaires et les conseillent pour limiter ou gérer les problèmes. Toutes leurs observations sont centralisées au département Santé des forêts chargé de faire des synthèses régionale et nationale.

Le réseau européen de surveillance phytosanitaire des forêts a été mis en place en 1988 et 1989 dans le cadre du réglement CEE 3528/86. Ce réseau couvre un maillage systématique de 16 km sur 16 km. Il permet de suivre 140 arbres répartis sur 7 placettes (20 arbres par placette définis suivant une courbe hélicoïdale) en Bretagne. Il y a peu de placettes forestières bretonnes car le taux de boisement régional n'est que de 12 %. Pour chaque arbre, les observateurs évaluent annuellement, en suivant des protocoles précis, les dommages forestiers (symptômes, causes, états des cimes en estimant les pertes foliaires et les colorations anormales).

En Bretagne, le réseau national de suivi à long terme des écosystèmes forestiers ( Renecofor) suit 3 placettes de 36 arbres soit un total de 108 arbres. Il analyse divers paramètres de la vitalité des arbres et se focalise notamment sur le fonctionnement des écosystèmes (analyse de l'humus, diagnostic pédologique, etc.).

Complémentaires, ces réseaux dépassent largement le cadre régional.

Quel est l'état phytosanitaire dans les forêts de Bretagne ?

Les informations recueillies à l'échelle des quelques zones de suivi en Bretagne sont essentiellement utilisées pour appréhender des évolutions nationales ou européennes. Néanmoins, certaines informations (par exemple, les attaques de pathogènes et d'insectes) même si elles sont difficilement quantifiables, fournissent des tendances dans le temps qui peuvent influer sur la gestion durable de la forêt bretonne.

Ces dernières décennies, deux tempêtes ont perturbé les forêts de Bretagne : celle de 1987 a provoqué des dégâts particulièrement sévères (6,5 millions de mètres cubes de bois sinistrés) et celle de 1999, aux effets plus limités (269 000 mètres cubes de bois sinistrés).

Après des accidents climatiques d'une telle envergure, de nombreux arbres cassés ou couchés restent en place. Ils favorisent la prolifération des insectes opportunistes comme les scolytes qui creusent des galeries sous l'écorce des arbres ou les champignons qui pourrissent le bois.

Aujourd'hui, la situation phytosanitaire de la forêt est globalement stable, mais certaines essences restent sujettes aux agressions de parasites spécifiques.

Hormis les ravageurs primaires (chenille processionnaire du pin, par exemple), présents quelque soit l'état de l'arbre, la plupart des agressions peuvent être limitées par de bonnes pratiques sylvicoles (choisir une essence adaptée à la station forestière, couper, élaguer au bon moment, etc.).

Contact pour en savoir plus

Xavier Grenié (CRPF Bretagne) : Tel. 02 99 30 00 30 - courriel 


Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (GIP Bretagne environnement)