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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Fleuves-et-rivieres/Beaucoup-de-rivieres-en-Bretagne-sont-en-contact-direct-avec-la-mer

 

Dernière modification le 01 juin 2007


état des lieux

Beaucoup de rivières en Bretagne sont en contact direct avec la mer

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE)

En collaboration avec :

Thibault Vigneron Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema)




La Rance, entre terre et mer La Rance, entre terre et mer

Si elles étaient mises bout à bout, les rivières bretonnes atteindraient une longueur totale d'environ 30 000 km. Elles forment un réseau hydrographique dense car le sous-sol régional est surtout constitué de roches cristallines imperméables favorisant le ruissellement au détriment de l'infiltration.


De façon schématique, il existe une nette différence entre les rivières de l'est et celles de l'ouest de la Bretagne. A l'ouest, bouillonnent des eaux fraîches et bien oxygénées alors qu'à l'est, les rivières s'écoulent paresseusement laissant le temps à l'eau de se réchauffer.

Les bassins versants en Bretagne
Bassins versants de Bretagne

Comment expliquer ce contraste ? Par la nature des roches sur lesquelles elles s'écoulent, le relief et le climat. A l'ouest, elles dévalent des pentes raides, leurs débits sont soutenus toute l'année par des pluies régulières et par une restitution, en été, de l'eau stockée dans les arènes granitiques. Au contraire, en Ille-et-Vilaine et en Morbihan, la pluviométrie est moindre et le paysage moins accidenté ; les débits estivaux des rivières peuvent baisser de façon importante jusqu'à des étiages sévères.

La Bretagne est surtout dotée de petits cours d'eau. En dehors de la Vilaine qui s'étire sur plus de 218 km rien qu'en Bretagne - elle prend sa source en Mayenne, les rivières ne dépassent pas 100 km pour la plupart, en particulier à l'ouest, et leurs bassins versants sont plutôt peu étendus.

S'il y a bien une particularité qui rend les rivières bretonnes remarquables, c'est leur contact direct quasi systématique avec la mer. Il existe de nombreux petits fleuves côtiers le long des 2 730 km de côte régionale. L'influence marine peut même se faire sentir très loin dans les terres ; avant la création du barrage d'Arzal sur la Vilaine, la marée remontait jusqu'à Redon située à plus de 35 km de l'embouchure.

L'isolement des fleuves côtiers et la faible taille des bassins versants ont un impact écologique important en particulier sur la faune piscicole car ils rendent les milieux aquatiques bretons particulièrement sensibles aux variations climatiques. Ils sont d'ailleurs actuellement en cours de recolonisation par la faune piscicole à la suite d'extinctions importantes lors de la dernière glaciation, il y a environ 20 000 ans.

Le lien fort des rivières avec la mer explique que la région abrite le plus grand nombre de poissons migrateurs en France, au point d'être devenue un « conservatoire » pour ces espèces. Toutes sont considérées vulnérables dans le livre rouge des espèces menacées de poissons d'eau douce de France ; elles sont protégées par la réglementation nationale et européenne.

Beaucoup d'attentes gravitent autour des rivières car elles sont déterminantes dans l'aménagement du territoire. La qualité et une quantité d'eau suffisante sont indispensables au maintien d'écosystèmes riches et diversifiés, mais également à la production d'eau potable, aux prélèvements d'eau destinés à l'industrie, à l'agriculture et à l'hydroélectricité.

En Bretagne, 80 % de l'eau est prélevée en surface car il existe peu de ressources souterraines facilement exploitables. A ces usages, dont la concurrence peut devenir critique en période estivale, s'ajoutent la navigation sur les 371 km de canaux (Nantes-Brest et d'Ille-et-Rance) et l'accueil d'activités de loisirs comme la pêche et le nautisme.

Dans une région où l'emprise humaine est forte, concilier ces usages tout en atteignant un bon état écologique des cours d'eau à l'horizon 2015, tel qu'il est défini par la directive cadre sur l'Eau, constitue un véritable enjeu.