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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Fleuves-et-rivieres/La-riviere-en-long-en-large-et-en-travers

 

Dernière modification le 01 juin 2007


comment ça marche ?

La rivière en long, en large et en travers

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE)

En collaboration avec :

Thibault Vigneron Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema)




Marais d'eau douce et zones humides à Rieux (Morbihan) Marais d'eau douce et zones humides à Rieux (Morbihan)

La majorité des cours d'eau en Bretagne sont petits voire très petits, ce qui les rend sensibles à toute perturbation qu'elle soit d'origine naturelle ou humaine, et ceci d'autant plus que l'artificialisation des rivières s'accentue.


Une rivière, ce n'est pas juste de l'eau qui coule entre deux berges. Tout commence souvent discrètement, sous la forme de plusieurs rus et ruisseaux plus ou moins permanents, pour se terminer par un estuaire, à l'embouchure avec la mer.

Entre ces deux extrémités que se passe-t-il ? La rivière va parcourir un territoire, le bassin versant. L'emprise humaine sur ce territoire, et donc le degré d'artificialisation du cours d'eau, déterminera fortement la qualité de ses eaux et sa biodiversité. Car en s'écoulant, la rivière récupère toutes les eaux du bassin versant mais aussi ce qu'elles contiennent ! C'est-à-dire des éléments chimiques, des particules plus ou moins grosses, des organismes biologiques bref tout ce que l'eau peut entraîner ou recevoir lors de ses interactions avec les milieux naturels ou artificiels.

La rivière est donc un réceptacle et, en fonction de son étendue, de ses caractéristiques, elle filtre plus ou moins ce qu'elle contient. Une partie des éléments nutritifs et des polluants est ainsi recyclée dans l'eau ou piégée dans les sédiments ; le reste est rejeté à la mer, influençant fortement la qualité des eaux littorales. Les cours d'eau recyclent aussi la matière. Ils trient les sédiments depuis les plus grossiers en amont lorsque les eaux sont vives, jusqu'aux plus fins en aval là où la vitesse de l'eau ralentit.

Ces mécanismes naturels sont nécessaires au bon fonctionnement des rivières ; ils participent de leur capacité d'auto-épuration. Ils s'expriment d'autant plus dans des cours d'eau suffisamment long où ils ont le temps de se mettre en place. La capacité de recyclage d'une rivière dépend aussi de son fonctionnement écologique, notamment lors de la transformation de la matière au sein de la chaîne alimentaire.

Ce recyclage ne peut s'exercer que si les cours d'eau conservent l'intégrité de leurs caractères physiques, qu'il s'agisse de la pente entre l'amont et l'aval, ou de la nature des berges et plus précisément de la relation entre le lit mineur et le lit majeur. Les échanges entre la nappe souterraine et la partie superficielle de la rivière sont également cruciaux pour soutenir les débits d'étiage lorsque la ressource en eau s'amenuise.

Ce sont ces mêmes mécanismes physico-chimiques qui permettent aux cours d'eau d'offrir des habitats variés à l'origine d'une grande biodiversité. En Bretagne, les rivières abritent notamment une flore et une faune dont certaines espèces ont une haute valeur patrimoniale, d'autres peuvent être envahissantes, d'autres encore sont potentiellement nuisibles - y compris pour la santé humaine ( cyanobactéries).