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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Le-bocage/La-zone-atelier-sur-le-bocage-de-Pleine-Fougeres
Dernière modification le 23 juillet 2009
Lancé en 2000 par le centre armoricain de recherche sur l’environnement (Caren), la zone atelier de Pleine-Fougères est un laboratoire grandeur nature en zone bocagère. Il permet de comprendre les relations entre une société et son environnement. Jacques Baudry, coordinateur pour le Caren, nous apporte des précisions sur ce dispositif de recherche.
Il existait déjà trois sites d’études dans ce secteur. Ils avaient été définis en 1993 dans le cadre d'un projet européen sur la biodiversité des bordures de champ et d’un projet du programme « Structures linéaires boisées » du ministère chargé de l'Environnement. Nous avions alors choisi un site densément bocager, une zone au paysage ouvert et un autre site au paysage intermédiaire. Le but était de comparer des situations paysagères différentes dans un contexte géographique et agricole semblable. Ce n’est que plus tard, voyant que les chercheurs étaient de plus en plus intéressés pour mener des études sur ces trois sites, que nous avons créé un site unique pour observer les dynamiques d'occupation du sol et des paysages. En 2006, nous avons étendu ce site pour inclure les marais du bas-Couesnon.
Outre la diversité des paysages, il existe une diversité d’agriculteurs ; ils ont des cultures et des modes d’élevage différents qui contribuent à la diversité écologique. Le climat est aussi relativement différent entre les plateaux et les vallées. Il existe plusieurs degrés de différence pendant les nuits froides.
Les laboratoires du Caren, plus précisément les unités mixtes de recherche SAD - Paysage, Ecobio (écosystème, biodiversité, évolution), Archéosciences, Costel (climat et occupation du sol par télédétection), Sas (Sol - a gro et hydrosystèmes – spatialisation) et Iode (Institut de l'Ouest : droit et Europe). La zone atelier de Pleine-Fougères est membre du réseau « Zone atelier », un réseau inter-organismes de recherches interdisciplinaires sur l’environnement et les anthroposystèmes en relation avec les questions sociétales d’intérêt national. Elle est membre des réseaux européens et internationaux de sites de recherche à long terme en écologie.
D’une façon générale, les recherches ont pour but de comprendre les relations entre la diversité des activités agricoles, leurs évolutions et les dynamiques des états de l’environnement. La plupart des travaux concernent la biodiversité, tant pour son intérêt pour la conservation que pour les services qu’elle rend à l’agriculture comme la pollinisation ou la protection des cultures. Nous analysons aussi la façon dont les politiques publiques amènent des changements, par exemple la mise en place d’éléments du paysage comme les bandes enherbées le long des cours d’eau.
Nous effectuons des observations sur plusieurs années, et nous faisons des enquêtes sur le site de Pleine-Fougères. D’autres travaux sont menés en parallèle à une échelle régionale et sur des sites complémentaires. Ces travaux permettent d’analyser des situations nouvelles et de tester des hypothèses. Nous suivons l’occupation du sol, la climatologie, la biodiversité, les bordures de champs, la qualité de l’eau. Nous construisons aussi des modèles qui doivent permettre de tester a priori les effets de changements dans le cadre de scénarii.
Ces recherches mettent en évidence des changements mesurés, évalués, alors que souvent ce sont les impressions de changement qui conduisent à s’interroger. L’arasement des haies a fortement diminué ; leur gestion, ainsi que celle des talus, ont évolué de façon drastique, avec notamment le recours aux herbicides. La flore et la faune se sont appauvries. Nous constatons aussi que l’émondage des haies a fortement régressé. Parallèlement, les agriculteurs manifestent plus d’intérêt pour nos travaux.
Ces observations nous interrogent sur les politiques publiques en matière d’agriculture et d’environnement dans lesquelles la gestion des éléments semi-naturels ou la conduite des cultures a encore une place réduite.
Jacques Baudry, SAD - Paysage : Tel. 02 23 48 56 21 - courriel
Propos recueillis par ariane benoit (GIP Bretagne environnement)
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