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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Le-bocage/Les-haies-bocageres-se-degradent-et-continuent-de-disparaitre-en-Bretagne

 

Dernière modification le 26 mai 2005


les impacts

Les haies bocagères se dégradent et continuent de disparaître en Bretagne

Rédigé par :

Gaëlle Jolivet (GIPBE)

En collaboration avec :

Isabelle Senegas Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine (Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine) , 
Jacques Baudry Institut national de la recherche agronomique - Centre Inra de Rennes (Inra)




Traitement chimique en bordure de haie Traitement chimique en bordure de haie

Si l'arasement intensif des haies et des talus n'existe plus, le maillage bocager n'en finit pourtant pas de s'effacer. Les haies vieillissent. Et quand les arbres ne doivent pas lutter contre les ravageurs opportunistes après une sécheresse, la végétation bocagère est encore souvent endommagée par les herbicides utilisés en bordure de champ ou de route.


Le changement des pratiques agricoles de l'après-guerre a bouleversé le paysage bocager en Bretagne. La trame bocagère a alors entamé son érosion, très rapide entre les années 1960 et 1990, beaucoup plus lente aujourd'hui mais toujours d'actualité. Le remembrement des parcelles, l'arasement des haies, les aléas climatiques (notamment les sécheresses de 1976 et 2003 malmenant plusieurs essences forestières du bocage) ont fortement endommagé le maillage bocager. Il reste aujourd’hui moins de 100 000 km de haies boisées alors que, dans les années 1970, il y en avait au moins 250 000 km[ 1]. Cela ne comptait pas tous les talus et alignements ayant une faible densité d’arbres mais qui pouvaient être nombreux.

Désormais, c'est plutôt le manque d'entretien des haies qui leur porte préjudice. Après 20 ans d'arrachage, nombreux sont les propriétaires qui n'ont plus de temps à consacrer à leurs haies ou ne savent plus comment entretenir les essences bocagères. Les haies taillées en ragosse - les arbres y sont soumis à une émonde régulière des branches latérales - typiques d'Ille-et-Vilaine disparaissent ainsi peu à peu du paysage parce qu'elles ne sont pas remplacées. Les talus ne sont pas reconstruits. Résultat : l'état sanitaire des haies bocagères est en déclin. Celles qui subsistent vieillissent et auront disparu d'ici 50 ans, faute de renouvellement.

Où l'utilisation des herbicides favorise... ravageurs et « mauvaises herbes »

L'utilisation, en milieu rural, d'herbicides débroussaillants est une autre forme de pression sur le bocage. Pour gagner du temps, de nombreuses collectivités préfèrent un désherbage chimique à une solution mécanique, provoquant ainsi des catastrophes écologiques et agronomiques.

De nombreuses espèces végétales et animales meurent, celles qui survivent sont rendues plus résistantes et en particulier, les ravageurs de cultures et les mauvaises herbes migrent vers les parcelles cultivées. Certains produits toxiques comme le glyphosate sont également emportés par les eaux de ruissellement et sont détectés dans les cours d'eau bretons.

Depuis les années 1970, se sont succédés de nombreux programmes incitatifs pour reconstituer le bocage en Bretagne. Les acteurs impliqués sont variés (conseils généraux, chambres d'agriculture, services de l'État) mais ils ont tous pour objectif d'accompagner les propriétaires privés ou publics volontaires pour les aider à planter de nouvelles haies ou à valoriser celles qui existent (notamment par le développement du bois-énergie).


[1] Source : Draaf Bretagne d’après Ifen


Sources