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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Les-cordons-de-galets/Les-cordons-de-galets-sont-rarissimes-en-Bretagne
Dernière modification le 26 octobre 2009
Il y a peu de plages et de cordons de galets en Bretagne. Et ils se concentrent plutôt au nord de la région. Aujourd’hui, ce sont principalement les falaises qui « nourrissent » ces milieux.
Le littoral breton évoque la plupart du temps une côte de falaises battues par les vagues. Ensuite seulement, on pense aux dunes. Mais on oublie qu’il existe leur équivalent avec les accumulations de galets. Il faut dire qu’elles sont beaucoup plus rares.
Sous le terme générique « cordons de galets », on distingue principalement trois types dans ces formations littorales. Certaines sont fixées par les deux extrémités à la terre ferme : ce sont les cordons de barrages abritant des zones humides. D’autres, les cordons adossés, sont plaqués contre les falaises. D’autres encore, les plus fréquentes et qu’on appelle des flèches, possèdent une pointe divaguant librement en fonction des courants et de la houle.
Cordons et flèches sont plutôt de dimensions modestes dans la région. En rade de Brest, les flèches ne dépassent guère quelques centaines de mètres de long. Elles culminent la plupart du temps à quelques décimètres au-dessus du niveau des plus hautes mers de vive-eau. La seule qui sort du lot, le sillon de Talbert, mesure 3,2 km de long et représente un stock de 1,24 million de m3 de sable, graviers et galets.
Quasiment toutes les flèches et les cordons de galets se trouvent sur la moitié nord des côtes bretonnes. Entre la baie de Saint-Brieuc et celle de Morlaix, on peut voir le sillon de Talbert et la flèche du Linkin, ainsi qu’un ensemble de cordons qui s’égrainent le long de la côte du Trégor. La rade de Brest rassemble une multitude de flèches à pointe libre. Dans le fond de la baie d’Audierne, il existe encore un grand stock de galets. Même s’il a été fortement entamé par des prélèvements massifs au cours du XXe siècle. Enfin, en mer d’Iroise, les îles d’Ouessant, de Sein et l’archipel de Molène abritent aussi des sédiments grossiers. Il n’y a que celles de Dibenn et de Bétahon en Bretagne Sud.
Pourquoi ces accumulations de sédiments grossiers se concentrent-elles dans certains secteurs particuliers ? La réponse se trouve pour partie dans l’histoire de leur mise en place lorsque s’achève la dernière période glaciaire, il y a 15 000 ans environ.
Une part des galets d’aujourd’hui provient de roches situées à quelques dizaines de mètres sous l’eau sur le plateau continental breton au large de la côte actuelle. Il y a 18 000 ans, le niveau de la mer se situait 120 m plus bas qu’aujourd’hui et ces roches étaient à l’air libre. Le climat de la Bretagne était de type périglaciaire et les roches étaient soumises au gel, les faisant exploser en une multitude de fragments anguleux. Le climat s’est réchauffé il y a 15 000 ans, et le niveau de la mer est remonté rapidement. Les vagues ont alors édifié les premiers cordons de galets à partir de ces fragments rocheux qui se sont émoussés progressivement. À mesure que le niveau marin s’est élevé, les cordons de galets ont reculé jusqu’à une position voisine de celle qu’ils ont désormais. Là où le plateau continental était très accidenté, les cordons de galets sont restés bloqués dans leur progression et n’ont pas atteint le rivage actuel.
Depuis environ 3 000 ans, la remontée du niveau marin s’est fortement ralentie. Ce ne sont plus les roches du plateau continental qui ont fourni les galets à la côte, mais les falaises taillées dans un sédiment meuble et très friable, appelé le Head, que l’on retrouve en abondance dans certains secteurs le long des côtes bretonnes.
Actuellement, ces falaises sont les principales sources de matériel grossier pouvant alimenter les cordons de galets. S’y ajoute localement l’érosion de roches très tendres comme les schistes. Mais il semble qu’aujourd’hui, les falaises de Head ne se démantèlent plus aussi rapidement que par le passé. Aussi, les cordons de galets sont de moins en moins alimentés en sédiments. En conséquence, ils résistent plus difficilement aux assauts des tempêtes, reculent vers l’intérieur des terres et se fragilisent jusqu’à se rompre définitivement.
De l’origine des flèches de galets en rade de BrestLa rade de Brest forme un bassin d’eau quasi-fermé qui communique avec le large par le biais d’un goulet étroit. Il est balayé par des courants de marée très puissants qui ont empêché la remontée des cordons de galets sur les pentes du plateau continental. Tous les galets de la rade sont donc issus de l’érosion des falaises de Head ou de schistes situées en rade même. On peut s’étonner de la grande concentration en flèches de galets dans ce secteur. Cela tient essentiellement à l’extrême découpage du littoral ; il a favorisé le détachement des formes d’accumulation par rapport au trait de côte. Les nombreuses indentations du littoral ont également empêché la mise en place de cordons de grande dimension. Aussi, aucune flèche ne dépasse 1 km de longueur. |
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