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http://bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Les-cordons-de-galets/Vie-et-mort-des-cordons-de-galets

 

Dernière modification le 26 octobre 2009


comment ça marche ?

Vie et mort des cordons de galets

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE)

En collaboration avec :

Pierre Stéphan Géomer (UMR 6554 CNRS-LETG)




Croissant de plage au sillon de Talbert Croissant de plage au sillon de Talbert

Les accumulations de galets et autres sédiments grossiers sont modelées par la houle et les courants de marée.


Les cordons de galets ne sont pas faits… que de galets. Ce sont en réalité des mélanges où s’agglomèrent des limons, du sable et des graviers qui souvent emballent des galets plus ou moins grands. La part de chaque fraction diffère d’un lieu à l’autre et varie même au sein d’un site. Mais le matériel grossier dépasse rarement 55 % et les galets se concentrent en général au sommet des cordons.

Les cordons de barrage et certaines flèches de galets, comme en rade de Brest ou le sillon de Talbert, abritent à leur revers des zones humides. Elles ne dépassent pas quelques hectares mais présentent une grande richesse écologique. La plupart d’entre elles sont pour cette raison protégées. Elles sont intégrées au sein du réseau écologique européen Natura 2000.

Au même titre que les dunes, les accumulations de galets sont mobiles. Elles évoluent par à-coups, surtout lorsqu’une tempête coïncide avec une grande marée. Ainsi, la flèche du Linkin est la relique d’un cordon primitif qui barrait le fond de la rade de Perros-Guirec, dans sa partie sud-est. Sa rupture serait antérieure au Moyen-Âge et a donné naissance à deux flèches à pointe libre : la flèche du C’hraou au nord et la flèche du Linkin au sud.

L’exposition à la houle et donc l’énergie des vagues à la côte sont des facteurs importants pour la stabilité de ces édifices. Les galets se déplacent de deux façons ; soit le long de la flèche qui a alors tendance à s’étirer - un crochet se forme à son extrémité divagante ; soit de façon transversale, et dans ce cas, le stock sédimentaire recule en « roulant » sur lui-même (phénomène appelé rollover). Hormis le sillon de Talbert, les flèches de galets bénéficient en Bretagne de bonnes conditions d’abri, que ce soit grâce à des hauts-fonds et des îlots qui réduisent considérablement l’énergie des vagues (Dibenn, Bétahon, Linkin) ou comme en rade de Brest par un littoral quasi-fermé limitant l’impact des grandes houles atlantiques.

Les effets de la marée se conjuguent à ceux de la houle. Sur les côtes bretonnes, la marée peut créer des courants de flot et de jusant suffisamment puissants pour façonner localement les flèches et cordons de galets. Ainsi, la pointe du sillon de l’Auberlac’h, en rade de Brest, est modelée par les courants de marée importants qui se créent lors du remplissage et du vidage de l’étang Saint-Adrien situé à son revers.

Impact de la submersion marine sur l'évolution des cordons de galets
Impact de la submersion marine sur l'évolution des cordons de galets

Comme la plupart des flèches de galets sont peu élevées, les vagues peuvent les submerger et ouvrir des brèches. C’est le cas en particulier lors des marées de vive-eau - coïncidant avec des courants de marée plus forts - et lors des tempêtes. Les vagues rejettent les galets au revers des flèches où ils se dispersent. Ce faisant, elles diminuent l’altitude de l’édifice sédimentaire et renforcent sa vulnérabilité à la submersion marine.

Tout dépend en fait de la hauteur des vagues par rapport au sommet du cordon. Lorsqu’elles atteignent tout juste le sommet, le cordon a tendance à s’élever en altitude. Dans ce cas – qui est le plus fréquent , il se reconstruit naturellement sous l’action de la houle. En revanche, dès que les vagues dépassent la crête du cordon, elles le déstructurent. Et ceci d’autant plus qu’elles sont hautes. Dans les phases les plus intenses de destruction - quand les vagues sont puissantes et très hautes - des brèches apparaissent. Pour qu’il y ait équilibre, il faut que les phases les plus destructrices – en général peu fréquentes – n’abaissent pas trop l’altitude du cordon et soient compensées par sa reconstruction. Un équilibre subtil qui se maintient tout au long de l'année.

Des galets « portés » par des algues

Algue à crampons
Algue à crampons

Dans les zones côtières peu profondes et suffisamment éclairées, des algues à crampons se fixent aux galets. Ceux-ci sont littéralement « portés » par ces algues lorsqu’elles-mêmes sont entraînées par la houle vers le rivage. Les algues à crampons contribuent ainsi au transport sous-marin des galets. Il s’agit d’un phénomène courant sur toutes les formations de galets en Bretagne.