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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Les-landes/Les-origines-des-landes-en-Bretagne

 

Dernière modification le 30 mars 2005


état des lieux

Les origines des landes en Bretagne

Rédigé par :

Bernard Clement Unité mixte de recherche Ecosystème, biodiversité, évolution (Ecobio)




Bruyère cendrée Bruyère cendrée

Il y a les landes façonnées par le vent et celles entretenues par l'homme. Les premières caractérisent les paysages littoraux des pointes rocheuses ; les secondes se rencontrent surtout dans les monts d'Arrée.


Il existe deux types de landes : les landes primaires (ou climaciques) qui s'installent naturellement sur les falaises littorales et les dunes, impropres à l'établissement d'arbres ; et les landes secondaires, à l'intérieur des terres et issues d'une déforestation plus ou moins ancienne, qui s'étendent sur de vastes étendues (monts d'Arrée, Paimpont, Lanvaux, etc.) ou dans de petites parcelles.

Les landes atlantiques sont classées habituellement selon l'humidité du sol. C'est ainsi que trois grands types de landes ont été définis, chacun, caractérisé par la présence dominante ou exclusive d'un espèce de bruyère :
- la lande sèche à bruyère cendrée,
- la lande mésophile à bruyère ciliée,
- la lande humide à bruyère à quatre angles.

D'autre part, les variations du climat régional influent sur la répartition des autres espèces végétales rencontrées dans les landes. Ainsi, l'ajonc nain présent en Haute Bretagne est remplacé par l'ajonc de Le Gall dans les landes de Bretagne occidentale (où le climat est plus doux, notamment en hiver).

La nature des landes dépend de leur gestion

Alors qu'il était de coutume, jusqu'au milieu du XIXe siècle, que tous les habitants d'une commune utilisent les landes toute l'année, l'aube du XXe siècle a vu les usages changer et les landes ont été partagées en de multiples parcelles.

Bruyère ciliée
Bruyère ciliée

La composition floristique des landes et leur physionomie dépendent, comme pour tous les milieux, du sol et du climat, mais les landes ont aussi la particularité d'être fortement influencées par les modes de gestion mis en œuvre :
- le pâturage et le piétinement favorisent les diverses graminées (molinie, agrostide) au détriment des bruyères et des ajoncs,
- la fauche et l'exportation de la litière privilégient le maintien des landes rases à bruyères. Elle limite le développement des ajoncs assurant leur plus grande diversité biologique,
- les feux limités à la couverture végétale (feux courants) ont les mêmes effets que la fauche. S'ils sont répétitifs, ils avantagent les plantes résistantes aux incendies telles que la molinie, la fougère aigle, etc.
- les feux d'humus sont en revanche, beaucoup plus dévastateurs, et peuvent entraîner la destruction pure et simple de la lande. Le dépôt de cendres favorise l'implantation de communautés de mousses qui peuvent persister de très nombreuses années et empêcher la restauration de la lande.

Les landes soumises à des conditions physiques rudes (vents violents, sols peu profonds et pauvres) sont considérées comme stables. Les landes en conditions abritées et sur sols plus profonds sont susceptibles d'évoluer vers un stade préforestier (fourré) puis vers une formation boisée. Selon qu'elles évoluent vers le fourré, ou au contraire vers une physionomie de pelouse (végétation rase), l'évolution est qualifiée de progressive, ou a contrario de régressive.