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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Les-tourbieres/La-tourbiere-une-grosse-eponge
Dernière modification le 30 mars 2005
De l'eau en permanence et beaucoup de matière organique dans le sol sont les deux éléments indispensables à la création d'une tourbière.
C'est dans les tourbières que s'accumule la tourbe, ce combustible fossile, fruit de la décomposition très lente de la végétation en milieu humide. Que faut-il pour qu'une tourbière se forme ? De l'eau en permanence pour assurer le développement de plantes aquatiques turfigènes et beaucoup de matière organique. Cette richesse en matière organique en fait d'ailleurs des pièges à carbone atmosphérique qui contribuent à réguler le gaz carbonique, un gaz à effet de serre 1.
Pour qu'une tourbière se développe, il faut aussi des reliefs qui favorisent son alimentation continue en eau. Combinée à des sous-sols relativement imperméables, elle assure le maintien de nappes humides.
Les tourbières constituent une grande famille : tourbières de pente, bombées, de vallée, de bords d'étang, etc. Elles se distinguent les unes des autres selon l'origine et le mode d'alimentation en eau.
En Bretagne, la majorité d'entre elles sont des tourbières de pente, alimentées par des eaux de pluie et surtout un ruissellement régulier (source). Ces tourbières se présentent comme une mosaïque de coussinets et de dépressions, les « gouilles », où l'eau circule en hiver. Les tourbières de pente sont fréquentes dans les régions accidentées (monts d'Arrée, montagnes Noires, landes de Lanvaux, Mené, Massif de Paimpont). Les plus importantes se situent de part et d'autre de la ligne de crête des monts d'Arrée.
Il existe aussi quelques tourbières bombées. L'eau de pluie, pauvre en nutriments, y alimente des sphaignes qui croissent en hauteur, formant ainsi des coussinets spongieux et humides, tandis que leurs parties inférieures se transforment en tourbe à l'abri de l'air. Ce processus permet à la tourbière de se surélever progressivement. La partie centrale est toujours plus élevée d'où son nom de tourbière bombée. On ne compte que de rares tourbières bombées en Bretagne. Il s'agit de la tourbière du Venec dans le Finistère, et, en Ille-et-Vilaine, celles de Landemarais en Parigné et des Alleux à Saint-Jean-sur-Vilaine.
Enfin, la tourbière de Nesnay en Plouneour-Menez est un très bon exemple de tourbière de vallée. Les sphaignes s'installent également en bordure d'étangs aux eaux acides et pauvres en éléments minéraux, envahissant peu à peu le milieu aquatique. La tourbière de la mare aux chevreuils ou les bordures des étangs de l'Abbaye ou du pas du Houx dans la forêt de Brocéliande sont des tourbières de bords d'étang bien conservées.
La couleur de la tourbe dépend de la nature des plantes qui l'ont formée : les roseaux par exemple, fournissent plutôt de la tourbe noire, les joncs et les carex de la tourbe brune et les sphaignes de la tourbe blonde.
Capables de retenir jusqu'à trente fois leur masse sèche en eau, les sphaignes sont comme de grosses éponges. Au même titre que les autres zones humides, elles atténuent l'étiage en période sèche. Et au contraire tant qu'elles ne sont pas saturées, elles réduisent les effets des crues en stockant l'eau et en ralentissant les écoulements de surface par épanchement de la nappe d'eau.
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