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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Les-tourbieres/Les-adaptations-originales-de-la-flore-des-tourbieres
Dernière modification le 30 mars 2005
Plantes carnivores, racines profondes ou s'associant à des champignons la flore des tourbières si elle est peu variée a dû se spécialiser pour s'adapter à des conditions de vie difficiles.
Les plantes des tourbières doivent faire face à un microclimat froid et humide, à l'acidification de l'eau et au sol asphyxique interdisant une décomposition normale de la matière organique. En effet, une tourbière contient au minimum 20 à 30 % de matière organique (alors que les sols bretons en contiennent en moyenne entre 2 et 8 %).
La végétation des tourbières bretonnes est essentiellement dominées par les sphaignes dont certaines sont peu répandues en France. C'est le cas de la sphaigne de la Pylaie (Sphagnum pylaisii), une espèce semi-aquatique que l'on trouve, en dehors de la Bretagne, en quelques localités de la Galice et sur la côte est du continent nord américain (Canada, Etats-Unis).
Les plantes à fleurs appartiennent aux espèces du domaine atlantique auxquelles s'ajoutent, en raison du microclimat plus froid et humide des tourbières, des plantes à affinités nordiques comme la rare canneberge ou la linaigrette engainée.
Les plantes présentent de remarquables adaptations à leur substrat particulièrement pauvre en azote et en phosphore, des éléments nutritifs pourtant essentiels à leur développement. Certaines comme les éricacées, pour suppléer à ces carences nutritives, s'associent avec des champignons au niveau de leurs racines (les mycorhyzes). Ces derniers facilitent leur assimilation en azote et en phosphore.
D'autres, comme les joncs et laîches, développent un système racinaire très important, leur permettant d'explorer un grand volume de sol.
Mais, le cas le plus extraordinaire est sans conteste celui des plantes carnivores. La capture et la digestion de proies leurs donnent accès à une source d'azote d'appoint pour des petites plantes comme le rossolis ou Drosera, la grassette aux feuilles gluantes ou les utriculaires.
Les archives de l'évolution des paysagesOutre l'inestimable patrimoine botanique qu'elles peuvent abriter comme le rarissime malaxis des marais (Hammarbya paludosa), les tourbières sont, la mémoire des paysages du passé. Depuis leur formation, qui remonte parfois à quelques milliers d'années, elles emprisonnent soigneusement les pollens des plantes de la tourbière et celles de leur environnement plus ou moins lointain. L'analyse de ces pollens permet de reconstituer l'histoire des variations climatiques et des usages de notre territoire au cours du temps. Il est ainsi possible de dater l'apparition des premières plantes cultivées ou associées à l'élevage, les avancées et les reculs des forêts, etc. |
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