X Faire un lien vers cette page :
CTRL + C pour copier
http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Les-tourbieres/Les-invertebres-composent-l-essentiel-de-la-faune-des-tourbieres
Dernière modification le 30 mars 2005
Les tourbières constituent un lieu de vie pour de nombreux animaux et notamment les invertébrés qui y abondent. Ils y sont, de loin, les mieux représentés et s'y sont adaptés avec originalité.
L'acidité, les grandes différences saisonnières de températures et d'humidité en surface ou le blocage de la dégradation de la matière organique sont des facteurs très sélectifs pour les espèces. Certaines larves sont dotées d'un siphon pour respirer dans le substrat peu oxygéné par exemple. Et une espèce de fourmi construit son nid dans des buttes de sphaignes et adapte la conformation de celui-ci en fonction du niveau de la nappe superficielle.
En Bretagne, plusieurs espèces de papillons sont liées aux tourbières comme la Noctuelle des myrtilles (Anarta myrtilli) ou le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia). Certaines libellules sont également caractéristiques des zones tourbeuses, c'est le cas de l'Agrion délicat (Ceriagrion tenellum) et du sympetrum noir (Sympetrum danae). Parmi les orthoptères, le criquet palustre (Chorthippus montanus) et le grillon des marais (Pteronemobius heydenii) sont aussi des hôtes réguliers de ce milieu. Enfin, chez les arachnides, citons la dolomède (Dolomedes fimbriatus), imposante araignée associée aux zones humides possédant des mares.
Aux côtés de ces espèces plutôt emblématiques, existe une multitude d'invertébrés bien moins connus et étudiés (certains collemboles, par exemple, vivent en étroite relation avec des systèmes racinaires de molinie ou des sphaignes). Depuis une dizaine d'années, des prospections menées dans les principaux sites tourbeux de la région ont permis de commencer à dresser des listes d'espèces. Le Groupe d'études des invertébrés armoricains ( Gretia) a réalisé depuis deux ans une étude sur les invertébrés des tourbières dans le cadre d'un Contrat nature. Son but est de caractériser les populations d'invertébrés des tourbières au niveau régional et pour cela, plus d'une trentaine d'ordres ou de familles ont été prélevés sur quatre sites en 2002. Au-delà de l'inventaire, cette étude vise à identifier les espèces inféodées aux tourbières, celles dont le cycle passe nécessairement par ces milieux ou qui les fréquentent régulièrement, en fonction des connaissances actuelles sur leur biologie ou leur écologie.
En dehors des invertébrés, quelques batraciens pondent en masse dans les tourbières, malgré le froid. Les reptiles que l'on peut régulièrement observer, dans ou en bordure des tourbières, sont la couleuvre à collier (Natrix natrix) la vipère péliade (Vipera berus) et surtout le lézard vivipare (Lacerta vivipara). Cette dernière espèce possède une large extension septentrionale (jusqu'en Scandinavie) et est très souvent associée aux milieux humides et tourbeux dans la partie la plus méridionale (France par exemple) de son aire de répartition 1. Milieux tranquilles et délaissés, les tourbières attirent toute une variété d'oiseaux : en Bretagne, la bécassine des marais et le courlis cendré y sont plus ou moins inféodés. Enfin, signalons aussi la fréquentation de ces milieux par les mammifères terrestres (putois, chevreuil, loutre, etc.).
(1) B. HEULIN, Lacerta vivipara, Atlas de répartition des amphibiens et reptiles de France, pp 132-133
X Partager sur les réseaux sociaux :