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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Quelles-actions/Le-programme-LIFE-Nature-Conservation-de-la-moule-perliere-d-eau-douce-du-massif-Armoricain

 

Dernière modification le 14 juin 2011


qui fait quoi ?

Le programme LIFE + Nature « Conservation de la moule perlière d’eau douce du massif Armoricain »


Mesures sur une moule perlière Mesures sur une moule perlière

En Europe, la population de moule perlière s'est effondrée au cours du XXe siècle, si bien que cette espèce d’eau douce est aujourd’hui considérée comme en voie d’extinction. Depuis 2010, et jusqu’en 2016, l’association Bretagne vivante coordonne un programme européen LIFE+ Nature, consacré à la conservation de la moule perlière en Bretagne et en Basse-Normandie. Marie Capoulade, coordinatrice du programme à Bretagne vivante fait le point sur cette espèce en danger et les actions engagées pour la préserver.


Pourquoi vous intéressez-vous à la moule perlière?

En France, la moule perlière, aussi appelée mulette perlière, est proche de l’extinction. Il n'y a pas si longtemps, elle abondait dans la plupart des rivières. Mais aujourd'hui, on ne la retrouve plus que dans 80 cours d'eau en France (dont une dizaine dans le massif Armoricain), après une chute de plus de 90 % de ses effectifs.
Elle n’a jamais été consommée pour sa chair, mais elle présente la particularité d'être une espèce « perlière ». Cependant, une seule moule perlière sur mille donne une perle. Il faut donc en récolter beaucoup pour avoir une chance de trouver une perle. Ainsi, et jusqu'à la fin des années 1950, elle a été victime d'une surexploitation.
De nombreuses études ont constaté une disparition progressive et un vieillissement des populations de mulettes en Bretagne et en Basse-Normandie. Dans le massif Armoricain, leur nombre est estimé à 2 000 individus (100 000 en France).
L'espèce figure sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature des « espèces faisant face à un très grand risque d'extinction à l'état sauvage dans un avenir proche ».

Pourquoi la surnomme-t-on le «baromètre» de la qualité des cours d'eau ?

La moule perlière est très exigeante en termes de qualité de l'eau et des sédiments dans lesquels elle vit. Elle ne supporte pas un taux de nitrate dépassant les 5 mg/L et un taux de phosphates supérieur à 0,1 mg/L, d'où sa réputation de « baromètre » de la qualité des cours d'eau. Le substrat dans lequel elle grandit doit être aussi de qualité suffisante et bien oxygéné.
La présence de truites fario et de saumons, espèces également menacées, est indispensable à son développement. Au cours de son cycle de vie, à l’état larvaire, la moule perlière reste accrochée, à l'abri des branchies de ces salmonidés. Elle retombe ensuite dans le substrat des cours d'eau, où elle se développe. La moule atteindra l'âge adulte aux environs de 15 ans.
Les enjeux de sa conservation passent donc par la préservation de son habitat et de ses poissons-hôtes.

En quoi consiste le programme LIFE+ Nature« Conservation de la moule perlière d’eau douce du massif Armoricain »?

Le programme LIFE+ Nature 1, lancé le 1er septembre 2010, est un programme européen. Il a pour objectifs de sauvegarder les différentes populations et de réintroduire la moule perlière dans son milieu naturel. Dans un premier temps, trois actions sont menées simultanément.
Fin 2011, une station d'élevage de moules perlières va voir le jour à la pisciculture, à Brasparts (29). L’objectif est de pouvoir disposer d’environ 2 000 moules perlières de 4 à 5 ans, pour chacun des cours d’eau suivis.
Un accompagnement et un suivi des actions de restauration est effectué auprès des élus, opérateurs Natura 2000, des fédérations de pêche afin d’améliorer la qualité de l’habitat. Des réglementations adaptées à chaque site sont mises en place pour protéger l’habitat, les moules et les poissons-hôtes.
Enfin, la qualité de l’habitat est évaluée régulièrement par les différents partenaires du projet.
Ces trois actions conditionnent la faisabilité de la réintroduction.
Les larves de moules seront ensuite réintroduites dans leur milieu naturel, à la condition que celui-ci soit de qualité suffisante pour l'accueillir. On espère pouvoir réintroduire chaque année environ 10 % de la production. À la fin du projet, environ 200 moules de 4 à 5 ans seront replacées dans leur cours d’eau d’origine.
Le programme concerne six cours d’eau : Elez (29), Bonne Chère (56), Loc’h (22), Rouvre et Sarthon (61), Airou (50).

Qui y participe ?

Bretagne Vivante coordonne la mise en œuvre globale du programme de conservation. Elle est également chargée des opérations de terrain en Bretagne : inventaires, contrôle de la qualité du milieu, renforcement des populations, sensibilisation et communication. Le Centre permanent d'initiatives pour l'environnement des Collines normandes s’occupe de mettre en œuvre ces actions de terrain en Basse-Normandie, en collaboration avec le Syndicat intercommunal d’aménagement et d’entretien de la Sienne et le Parc naturel régional Normandie-Maine. La fédération de pêche du Finistère est chargée de faire fonctionner la station d’élevage.

Quels résultats avez-vous obtenu à ce jour ?

Peu de résultats sont encore disponibles au niveau du succès de l’élevage et du renforcement, puisque nous sommes au début du programme.
Les premiers prélèvements de glochidies sauvages (larves) de moules vont avoir lieu cet été. Nous en saurons plus l’année prochaine.
Le contrôle de qualité du milieu est effectué depuis le 1er janvier. Les premiers résultats concernent essentiellement des taux de nitrate et d’ortho-phosphates. Ils indiquent que certaines rivières du projet sont encore trop chargées en nutriment pour permettre la réintroduction de la mulette. Les mesures complémentaires de pH, d’oxygénation et de conduction vont dans le sens. Ces premières conclusions restent cependant à affiner, notamment cet été avec la mise en place des analyses de qualité du sédiment.

Comment se tenir informé de vos actions ?

Un film est en cours de réalisation par Hervé Ronné. Le premier chapitre de ce film ainsi que de nombreuses informations relatives au projet sont aujourd’hui disponibles sur le site internet www.life-moule-perliere.org

Contact

Marie Capoulade, Bretagne Vivante : Tel. 02 98 49 07 18 ou courriel.


(1) Les programmes « LIFE » ont été attribués sur la période 2000-2006. Depuis 2007 et jusqu’en 2013, ces programmes s’appellent « LIFE+ ». Il s’agit du même outil avec toujours un volet « Nature ». On peut ainsi utiliser le terme « LIFE+ Nature ».


Propos recueillis par Julie Pagny (GIP Bretagne environnement)