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http://www.bretagne-environnement.org/Paysages/Le-contexte-breton/Espace-et-paysage
Dernière modification le 28 septembre 2009
Variable dans le temps, le paysage évolue aussi dans l'espace. Identifier les ensembles paysagers d'un territoire n'est pas une évidence. Suivant l'échelle à laquelle on se situe, l'angle de vue que l'on a, les paysages s'organisent, s'imbriquent, se confondent dans l'espace.
La cartographie du paysage passe par l'identification des types de paysages, de leurs objets visibles et de leur arrangement spatial afin d'en dégager des unités paysagères. Une unité paysagère est définie par le ministère en charge de l'Environnement comme « un ensemble de composants spatiaux, de perceptions sociales et de dynamiques paysagères qui, par leurs caractères, procurent une singularité à la partie de territoire concernée. Elle se distingue des unités voisines par une différence de présence, d'organisation ou de formes de ces caractères »[1]. En parcourant la Bretagne, l'observateur peut découvrir une variété de paysages, aux contours nettement identifiables pour certains ou aux limites incertaines pour la plupart. Ces paysages « vus de dedans » apparaissent plus distinctement « vus de dessus » grâce aux nouvelles technologies, notamment par le traitement d'images satellites. En croisant ces approches, il est possible de distinguer les modes d'organisation spatiale des paysages bretons.
Les paysages se distinguent par leur degré d'hétérogénéité. A l'échelle régionale, certains présentent un caractère homogène, tel le bassin d'Evran, où prédominent les plaines avec un bocage à ragosses déstructurées. Si l'on parcourt ces espaces, on perçoit une unité globale. Ainsi, sur plusieurs kilomètres, le massif de Quintin présente des collines, formes arrondies recouvertes d'un bocage dense et de prairies. A l'inverse, certains paysages sont comme un tableau pointilliste, dans lequel ils s'imbriquent par petites touches séparées. Nos déplacements dans cet espace nous font alors découvrir une succession de paysages sur des distances courtes. Cette hétérogénéité forte s'observe dans le Trégor, où se mêlent bocage dense et bocage à mailles élargies, cultures légumières et cultures céréalières, plaines et plateaux, etc. Ces paysages contrastés expriment, pour la plupart, les superpositions issues des aménagements passés et présents. Les créations futures participeront à l'évolution spatiale des paysages se surimposant à leur structure antérieure.
L'organisation des paysages s'explique aussi par leur géométrie spatiale dominante. À l'échelle de la Bretagne, on constate des grands ensembles mosaïqués, dessinés par les contraintes géomorphologiques, en fonction de l'extension de bassins et massifs cristallins. Sur le littoral breton, les contraintes liées aux vents et aux embruns salés tendent à dessiner un gradient en fonction de l'éloignement à la mer. Les types de paysages apparaissent sous la forme de bandes parallèles du littoral vers l'intérieur. À l'échelle locale, ces rubans larges de quelques mètres à quelques kilomètres se succèdent typiquement de la manière suivante : mer, estran, landes, champs clos de cultures légumières, bocage bas, village, bocage arboré. Les paysages évoluant dans le temps et l'espace, ce gradient peut s'exprimer autrement : mer, estran, habitat, forêt, bocage, paysage agricole ouvert. Les paysages urbains sont également concernés par cette géométrie de l'espace. A l'échelle régionale, l'extension des villes et villages se traduit par un gradient, d' un centre à forte densité urbaine vers une périphérie d' urbanisation diffuse. Un zoom sur les zones urbaines permet d'identifier une mosaïque exprimée par les multiples fonctionnalités des îlots (résidences, zones artisanales, parcs et jardins, etc.).
Cet emboîtement d'échelles rend difficile la discrimination d'un paysage par rapport à un autre. Il est en effet délicat d'imposer une limite précise à une unité paysagère. Il est des paysages bretons aux contours nets, marquant une vraie rupture, avec leurs voisins. C'est le cas de Saint-Broladre, témoin de l'ancien rivage de la baie du Mont-Saint-Michel, où le massif bocager est séparé des marais légumiers de Dol et du Couesnon par une ligne franche. Le plus souvent, les paysages s'enchevêtrent au sein d'une zone de transition, perceptible mais difficile à localiser. La délimitation est alors invisible, par manque d'individualité marquée des unités paysagères, leurs éléments se confondant ou disparaissant progressivement sur une distance plus ou moins importante.
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