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http://www.bretagne-environnement.org/Paysages/Le-contexte-breton/Le-paysage-entre-milieu-naturel-et-activites-humaines
Dernière modification le 02 décembre 2008
Rédigé par :
Mathilde Manceau (GIPBE)
En collaboration avec :
Laurence Le Dû-blayo (umr Cnrs Eso 6590)
Le territoire que nous percevons résulte de l'interaction de facteurs naturels et humains : le relief, l'hydrographie, le climat et la végétation d'une part, nos usages et activités d'autre part.
Le relief est le squelette du paysage. Il contribue de façon décisive à l'impression d'ensemble, par son volume et sa dimension. Ce relief est façonné par la pluie et le vent, de manière plus générale par les agents d'érosion et de transport.
En Bretagne, la diversité paysagère s'explique par les évolutions du massif armoricain. Le vieux socle hercynien témoigne de l'existence d'un paysage de hautes montagnes, il y a plusieurs centaines de millions d'années. Au gré des cycles de sédimentation, de plissement et d'érosion, la région s'est transformée en paysages aplanis, essentiellement constitués de plateaux, de collines et de crêtes, dont les points culminants s'élèvent à moins de 400 mètres d'altitude.
Les formes du relief sont liées à la nature des roches (granite, schiste, grès), plus ou moins résistantes à l'érosion, ainsi qu'aux axes d'anciennes failles et plissements. Ainsi, Roc'h Trévézel dans les Monts d'Arrée présente des formes acérées tandis que le Mont Saint-Michel de Brasparts offre au regard ses croupes arrondies. Au contact de la mer, le massif armoricain se transforme en paysages rythmés par la succession de vallées encaissées et de falaises. En Ille-et-Vilaine, les paysages littoraux témoignent de la variété bretonne : sur la partie occidentale se succèdent falaises et pointes, rias et quelques massifs dunaires alors que la partie orientale se démarque par sa côte basse.
Pour beaucoup, la Bretagne se caractérise par ses paysages granitiques. Pourtant, le granite n'est pas majoritaire dans la région même s'il est le plus visible par ses affleurements. Ce matériel rocheux illustre bien, par ses nombreuses formes et couleurs, la multitude de paysages engendrés par le relief. Ses modalités d'érosion produisent des formes surprenantes comme les chaos moussus de la forêt de Huelgoat, les dos de baleines parsemant les champs ou encore les tertres en plaine comme l'étonnant Mont-Dol. Lorsqu'il ne se distingue pas par sa forme, le granite attire l'attention par sa couleur ce qui a rendu la Côte de granite rose emblématique.
Les dynamiques biologiques façonnent le paysage. Dépendantes du relief, de la nature du sol et des conditions climatiques, elles contribuent ainsi à la diversité des paysages rencontrés.
Si le relief est le squelette du paysage, la végétation est sa chair. Elle s'impose aux yeux de l'observateur, au point, comme pour le bocage ou les landes, de caractériser des types de paysages bien particuliers. Les formations végétales, leur densité, leur disposition et leurs espèces sont autant de critères entrant en jeu dans la production d'un paysage. En Bretagne, l'essentiel de la végétation est directement issue des actions de l'homme, même si pour le grand public, elle est toujours synonyme de naturel, voire de sauvage.
Prenons un arbre quelconque. Dressé au milieu d'un champ ou intégré à une haie, un bosquet ou une forêt, il s'intègre dans la composition de structures paysagères différentes. De la forêt ne subsiste aujourd'hui que quelques massifs boisés importants, telle la légendaire forêt de Paimpont. En milieu bocager, les arbres composant la haie dessinent, sur les pentes ou en plaines, des formes linéaires plus ou moins connectées.
Créé à des fins agricoles au Moyen-Âge, en recul à partir des années cinquante, le bocage est actuellement dans certaines régions en reconstruction. On pourrait s'attendre à revoir le paysage d'antan mais la plantation d'espèces différentes crée de nouveaux paysages. Qu'elle soit composée de feuillus, de résineux, de fleurs, une formation végétale apporte une texture au paysage.
Au cours des saisons, les arbres et les plantes en changeant de couleur modifient les paysages. Ainsi les landes, par leur richesse floristique (bruyère, ajoncs, genêts) prennent une tonalité éphémère : les teintes jaune, rose et mauve se succèdent et s'associent.
Certaines espèces, animales ou végétales, participent à la caractérisation d'un paysage. La Bretagne, par ses côtes rocheuses découpées et ses îles et îlots, est un refuge pour les oiseaux. Certaines espèces sont même emblématiques du paysage : les fous de Bassan sont associés aux Sept-Iles, où ils nichent. De même, le narcisse de Glénans est une espèce identitaire du paysage de l'archipel.
Le paysage est un témoin de l'histoire des sociétés humaines. Son artificialisation est ancienne. Depuis bien longtemps, l'homme occupe, aménage, modèle son territoire et laisse ses empreintes sur le paysage.
De nombreux marqueurs historiques et culturels sont visibles dans l'espace breton. Les mégalithes, monuments funéraires et cultuels, dressés par les hommes du néolithique sont nombreux dans la région. Ils font partie intégrante de certains paysages, tels les célèbres alignements de Carnac-Locmariaquer ou encore le site de Barnenez. Les chapelles sont aussi des éléments forts du paysage breton (on en dénombre plus de 3 000) ainsi que les croix, fontaines et lavoirs. Bien que ponctuels, ces objets prennent part à l'identité des paysages.
L'homme exploite les ressources terrestres et impose sa marque sur les paysages agraires. Ils sont particulièrement représentés en Bretagne où les terres agricoles occupent les deux tiers du territoire. Le type de culture, la géométrie des parcelles, le système d'exploitation créent des paysages diversifiés : Léon légumier, cultures intensives du bassin de Pontivy, bocage et prairies sur collines, etc. L'habitat dispersé, formé de hameaux regroupant quelques fermes, complète la morphologie de ces structures agraires. Depuis un demi-siècle, la modernisation des exploitations contribue à une évolution plus rapide de ces paysages : diminution du maillage bocager, agrandissement des parcelles, introduction de nouvelles cultures, etc. Ces actions initiées par l'homme influencent la physionomie du paysage.
L'urbanisation est l'action la plus flagrante de l'homme sur le paysage. La croissance des villes puis celle des bourgs, accompagnée de l'extension des réseaux (routiers, ferroviaires, électriques) ont modifié et continuent à modifier fortement l'environnement paysager. L'homme conquiert l'espace par la construction de lotissements, de zones industrielles et artisanales, d'aménagements touristiques, etc. qui créent un paysage urbain aux caractéristiques architecturales dépendant des conceptions et imaginaires du moment. Le bâti traditionnel compose une mosaïque dans le paysage par les matériaux utilisés : habitat en terre ou en pierre de taille (schiste, grès, granite), toitures d'ardoises, de tuiles ou de chaume.
L'influence humaine sur les paysages est aussi visible sur le réseau hydrographique breton. L'homme a canalisé certains cours d'eau, tels les canaux de Nantes à Brest et d'Ille-et-Rance. D'abord, ces rectifications avaient pour objectif d'optimiser les transports de marchandises. Plus tard, des aménagements ont été créés afin de favoriser la pratique des loisirs.
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