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http://www.bretagne-environnement.org/Paysages/Les-paysages-hier-et-aujourd-hui/Les-paysages-ruraux-en-Bretagne/Comment-preserver-l-identite-des-paysages-ruraux-bretons
Dernière modification le 01 décembre 2009
Rédigé par :
Ariane Benoit (GIPBE)
En collaboration avec :
Jean-claude Chardron
(Draaf)
,
Laurence Le Dû-blayo (umr Cnrs Eso 6590)
,
Michel Parfait
(CAUE56)
Agriculture intensive, production d’énergie, industries agroalimentaires sont des activités encore récentes qui changent la perception de l’espace rural et ont un impact ponctuel mais fort sur le paysage. Face aux nouveaux enjeux liés à la néo-ruralité, il devient nécessaire de s’engager vers un partage des espaces et des responsabilités en termes d’impact paysager.
Dans les années 1970, les crues dévastatrices dans les zones remembrées, l'augmentation des dégâts causés par des tempêtes et la raréfaction de certaines espèces animales et végétales alertent l'opinion publique. Dès 1976, les scientifiques démontrent l’utilité des haies dans les systèmes de culture, dans un premier temps comme brise-vent, puis pour préserver la qualité de l’eau et dans la lutte contre l’érosion des sols.
Le bocage, créé à l’origine pour l’agriculture, devient une valeur essentielle de la Bretagne, un cadre de vie et un héritage culturel. Il a plusieurs fonctions : paysagère, environnementale, économique et historique, qui dépassent l’échelle de la seule parcelle agricole.
Mais s’il est perçu comme un bien collectif, sa préservation touche au domaine privé. Voulue par la société, elle s’appuie largement encore sur les agriculteurs et doit prendre en compte les contraintes d’entretien des haies. Comment trouver la bonne alternative, le meilleur compromis formes – densité – maillage - entretien ?
C’est la direction départementale de l’Agriculture et de la Forêt du Finistère à Poullaouen qui s’est lancée dans les premières tentatives de replantation. Puis, plusieurs programmes incitatifs et de sensibilisation se sont succédé pour soutenir le bocage en Bretagne.
À partir de 1976, les conseils généraux - dans le cadre notamment des politiques de remembrement - financent des haies brise-vent, en apportant des aides pour l’achat des plants, du paillage et les travaux de talus. Dix ans plus tard, les programmes (par exemple Harmonie ou les programmes de bassins versants Bretagne eau pure) ne considèrent plus seulement les plantations ponctuelles et prennent en compte le réseau bocager dans sa globalité. Ils se basent sur le maillage ancien et utilisent des espèces locales comme le chêne ou le châtaigner. En 2007, naît le programme Breizh bocage. Son approche territoriale permet d’intervenir à l’échelle d’un bassin versant ou d’un pays. En théorie, les mesures incitatives proposées par Breizh bocage se substituent désormais aux autres programmes de replantation préexistants.
Si la reconstitution du bocage repose essentiellement sur des agriculteurs sensibilisés, il en va de même pour que les campagnes retrouvent ou conservent leur identité. Il est vrai que la loi de solidarité et de renouvellement (SRU) fixe des principes et des objectifs pour limiter l’étalement urbain. Mais la maîtrise du foncier repose sur une volonté politique forte qui reste la pièce maîtresse. Et la meilleure équipe d’urbanisme ne peut rien faire sans.
Comment passer d'un urbanisme règlementaire à un urbanisme de projet ? Projet urbain et projet agricole doivent composer ensemble et non se confronter. Il n’y a que des communes soucieuses d’un développement urbain durable et raisonné pour utiliser les outils existants afin de limiter l’artificialisation et la consommation excessive d’espace et retrouver l’identité régionale des bourgs. Ces outils restent incitatifs.
On peut citer à titre d’exemples deux dispositifs proposés par le conseil régional de Bretagne. Le programme Eco FAUR accompagne les communes, quelle que soit leur taille, dans des projets d’urbanisme durable. Les projets soutenus sont très variés : il s’agit d’espaces publics ou paysagers, de quartiers nouveaux ou réhabilités, d’équipements ou de bâtiments publics. Le dispositif Bretagne Qualiparc concerne les parcs d’activité, espaces trop souvent banalisés, sans unité architecturale et sans plan vert. Il vise à améliorer les services apportés aux entreprises, à mieux insérer les parcs dans leur environnement urbain et naturel. Enfin, il doit permettre de faire des économies d’énergie et de ressources naturelles.
Il existe également deux conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement dans la région, l’un en Côtes-d’Armor, l’autre en Morbihan. Ils apportent des conseils et proposent des formations aux professionnels, aux particuliers et aux collectivités de leur département pour en améliorer la qualité paysagère. Ils interviennent sur des sujets variés comme la rénovation du petit patrimoine des communes, l’insertion paysagère des bâtiments agricoles ou des projets de lotissements de qualité.
Comment préserver l'identité des paysages ruraux bretons ? Cette question en soulève une autre : comment préserver en créant et innovant pour le patrimoine paysager de demain ? L’étalement urbain, par exemple, est aujourd’hui un défi posé aux maires qui ont la charge de l'urbanisme. Pour sortir des pesanteurs traditionalistes et moins s'occuper de la construction d'un style durable ou pas, breton ou pas, n’est-il pas question plutôt de construire des lieux partagés, issus d'une nouvelle manière de penser la démocratie urbaine ?
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