L'Etat et le conseil régional de Bretagne, membres fondateurs du groupement d'intérêt public Bretagne environnement
http://www.bretagne-environnement.org/Paysages/Les-paysages-hier-et-aujourd-hui/Les-paysages-ruraux-en-Bretagne/Le-programme-Breizh-Bocage
Le programme Breizh Bocage a été lancé dans le cadre du contrat de projet Etat région 2007–2013, pour préserver et renforcer le maillage bocager en Bretagne et réduire le transfert vers les eaux des polluants d’origine agricole. Jean-Claude Chardron, coordinateur du comité technique de Breizh Bocage, nous apporte quelques précisions sur ce dispositif.
Un dispositif qui reconnaît les nombreux atouts du bocage pour le territoire breton et qui cherche à les promouvoir dans une approche de gestion intégrée. Plus précisément, il s’agit d’un appel à projet qui s’adresse principalement aux structures collectives publiques. Sont concernées aussi bien les collectivités territoriales et leurs groupements, les établissements publics de coopération intercommunale, les syndicats mixtes, les associations, les exploitants agricoles et les propriétaires fonciers, du moment qu’ils interviennent dans un cadre collectif.
Breizh Bocage fédère l’essentiel des actions de soutien du maillage bocager en Bretagne et à vocation à se substituer aux programmes plus anciens ayant le même but.
En favorisant des opérations collectives, nous avons pour objectif d’améliorer la qualité de l’eau et des milieux aquatiques dans les bassins versants. Nous cherchons aussi à intégrer localement la filière bois-énergie. Enfin, en préservant le bocage, nous souhaitons agir en faveur de la biodiversité et restaurer des paysages ruraux de qualité.
Nous choisissons en priorité les projets des bassins versants ayant des problématiques liées à l’eau. Les maîtres d’ouvrage s’engagent à suivre un cahier des charges qui comprend trois volets : une étude territoriale, un diagnostic des actions ainsi que les travaux de plantation et d’entretien. L’étude territoriale est indispensable ; faite à l’échelle macro-paysagère, c’est une analyse globale du territoire. Le diagnostic des actions, quant à lui, permet d’élaborer un projet d’aménagement sur un secteur précis. Il fournit une meilleure connaissance du maillage bocager existant et de sa dynamique.
Nous donnons une place importante à la concertation avec les agriculteurs afin de pérenniser au maximum les actions. Pour cela, nous recrutons un animateur « bocage » pour chaque projet. Les agriculteurs s’engagent pour cinq ans à préserver le maillage reconstitué.
Le financement du programme est réalisé par le fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, le conseil régional et les conseils généraux de Bretagne.
Un comité technique a été créé afin d’analyser les demandes des porteurs de projets. Il se réunit tous les deux mois en moyenne. Il est composé des organismes financeurs et des instructeurs des directions départementales de l’Environnement et de l’Agriculture (DDEA).
Des comités techniques locaux sont également mis en place à chacune des trois étapes des projets pour répondre aux spécificités propres de chaque zone. Ils sont composés d’agriculteurs, d’élus, de représentants des comités de bassins versants, et des instructeurs des DDEA. Nous finançons les études et ingénierie, ainsi que les travaux de création et de restauration réalisés dans le cadre du cahier des charges validé par les financeurs. Les financements s’élèvent à 80 % du coût total. L’Europe, par l’intermédiaire du Feader, en assure la moitié. Le reste est pris en charge par les autres participants : l'agence de l’Eau, le conseil régional et les conseils généraux.
Le conseil régional intervient pour l’étude territoriale et la formation des animateurs. Le deuxième volet, le diagnostic des actions, est financé par les conseils généraux, et l’agence de l’Eau Loire-Bretagne et le conseil régional. Les financement des fournitures tels que plants, paillage, ou bien protection contre la faune sauvage, de création et de restauration de talus, les travaux de plantations et les premiers entretiens sont assurés par les conseils généraux et l’agence de l’Eau.
Avec deux ans d’existence, le dispositif est encore très récent. Mais aujourd’hui neuf secteurs sont au stade d’étude territoriale, dix zones sont dans la phase de diagnostic des actions, et deux ont déjà entamé les travaux de restauration.
Jean-Claude Chardron, Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Bretagne : Tél. 02 99 28 22 20– courriel
Propos recueillis par ariane benoit (GIP Bretagne environnement)