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http://www.bretagne-environnement.org/Paysages/Quelles-actions/Sites-inscrits-et-classes/Plus-de-100-ans-de-protection-des-paysages-bretons
Dernière modification le 01 décembre 2008
La loi instituant les sites classés et inscrits est le premier outil règlementaire au service de la protection des paysages.
Le premier site classé en France est breton ! Il s'agit de l'île de Bréhat et de son archipel, classés le 13 juillet 1907, soit plus d'un an après l'adoption de la loi pour la protection des monuments naturels et des sites. Une plaque commémore l'évènement et révèle le rôle joué par le département des Côtes-du-Nord (devenues les Côtes-d'Armor depuis 1990) dans l'émergence de cette législation. En effet, elle indique que, « [...] le 12 avril1899, le conseil général des Côtes-du-Nord, émet un vœu en faveur de la protection des rochers pittoresques du littoral, alors menacés de destruction. En 1900, le préfet met en place pour la première fois en France une commission départementale des sites chargée d'en faire l'inventaire [...] ». Cette volonté de protection du patrimoine naturel est relayée par les associations de tourisme et de protection du paysage, d'artistes et de gens de lettres.
Adoptée le 26 avril 1906, modifiée et complétée en 1930, la loi pour la protection des monuments naturels et des sites est aujourd'hui inscrite dans le code de l'Environnement 1 . S'intéressant aux monuments naturels et aux sites « dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général » 2 , elle a pour objectif de conserver les caractéristiques du site, l'esprit des lieux et de les préserver de toutes les atteintes graves.
Deux niveaux de protection sont prévus par cette loi : l'inscription et le classement. Ils peuvent, dans certains cas, être complémentaires. Les sites inscrits font l'objet d'une surveillance légère. L'architecte des bâtiments de France émet un avis simple quant à la qualité paysagère et architecturale des projets d'aménagement en ces lieux. En revanche, tous travaux susceptibles de modifier l'état ou l'aspect d'un site classé sont soumis à une réglementation plus stricte. La publicité et le camping sont interdits par exemple. Ils nécessitent une autorisation spéciale du préfet ou du ministre chargé des sites, après consultation des commissions des sites.
Le déclassement d'un site est possible mais extrêmement rare. Colette Debroise, inspecteur régional des sites nous confirme que « dans toute [sa] carrière, [elle n'a] instruit qu'une seule fois cette action. C'était en 1989 et il s'agissait d'un site de la commune de Plougrescant ». Le déclassement d'une partie d'un site est, dans la plupart des cas, associé à une extension de classement à d'autres parties naturelles. Dans le cas de Plougrescant, les zones urbanisées ont été réintégrées en site inscrit tandis que le marais de Ravély a été classé ».
Le classement et le déclassement aboutissent par la signature d'un décret ou d'un arrêté au terme d'une procédure comparable. L'inscription est effective suite à une procédure locale et à un arrêté.
Les premiers sites naturels concernés par cette protection étaient surtout des éléments ponctuels, à caractère remarquable : rochers, étangs, cascades, arbres, etc. Le territoire breton compte un grand nombre de rochers protégés dès le début du XXe siècle : groupe de rochers dit « La Roche Piquée en Rumignon » à Saint-Aubin-du-Cormier (site classé en 1911), rocher de l'éléphant à Trégastel (site classé en 1927), amas de rochers dit Les Couardes » à Saint-Germain-en-Coglès (site inscrit en 1938). La végétation est aussi concernée par cette protection comme l'allée d'arbres à Plounez (site classé en 1921).
Le classement d'arbres soulève d'ailleurs le problème de leur pérennité. Ainsi, le vieux frêne de l'ancienne abbaye à Tronchet (classé en 1932) a disparu, remplacé aujourd'hui par un plus jeune ; idem pour le tulipier de Virginie à Saint-Christophe-de-Valains (classé en 1938). Le maintien du classement participe alors à la mémoire de ces arbres remarquables.
La protection s'est peu à peu étendue à des zones plus vastes et emblématiques telles que le golfe du Morbihan, l'estuaire de la Rance, la baie d'Audierne, les îles bretonnes, etc. Le site inscrit des Monts d'Arrée est le plus impressionnant par la surface qu'il occupe : 60 000 hectares ! Les deux derniers sites classés en Bretagne sont finistériens : le Menez-Hom en 2004 et le Menez-Lokorn en 2007.
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