L'Etat et le conseil régional de Bretagne, membres fondateurs du groupement d'intérêt public Bretagne environnement
http://bretagne-environnement.org/Risques/Risques-technologiques/Le-bilan-post-Erika
Les différentes études réalisées ont permis de dresser un bilan environnemental catastrophique des effets du naufrage de l'Erika.
Le 12 décembre 1999, l’Erika s’est brisé en deux au large des côtes bretonnes alors qu’il transportait environ 30 000 tonnes d’hydrocarbures lourds.
En Bretagne, les côtes du Finistère et du Morbihan ont été touchées. Environ 19 800 tonnes se sont déversées dans l’océan. Près de 12 400 tonnes ont été récupérées en mer et dans l’épave. Des opérations de nettoyage ont été menées le long des 400 kilomètres de côtes polluées, où plus de 230 000 tonnes de déchets mazoutés ont été récupérées entre 2000 et 2001.
Les travaux entrepris pour lutter contre la marée noire de l’Erika ont eu des effets difficilement mesurables sur la côte. Hormis le suivi de la contamination chimique des mollusques, mis en oeuvre par l’Ifremer dans le cadre du Réseau National d’Observation de la qualité du milieu marin (RNO), il n’existait pas d’état zéro du littoral.
Les résultats du programme suivi Erika révèlent une contamination des masses d’eaux océaniques par les composés les plus toxiques du fioul, le HPA (Hydrocarbures Polycycliques Aromatiques) 1 , jusqu’à 20 fois les niveaux enregistrés avant le naufrage.
Le développement des plantes ne semble pas être affecté de façon notable, hormis dans les sites fortement pollués où les végétaux étaient totalement recouverts par le pétrole, en 2000.
Si on considère le rapport « nombre d’oiseaux pollués récupérés / quantité de pétrole déversée en mer », l’Erika a été 200 fois plus meurtrier que l’Amoco Cadiz (1978) et constitue, pour l’avifaune, une marée noire sans précédent par son caractère massif.
D’après le Plan National de Sauvetage des Oiseaux Mazoutés mis en place dans le cadre du suivi Erika, environ 77 000 oiseaux mazoutés ont été récupérés dans le Golfe de Gascogne, dont 33 000 vivants (2 150 ont pu être relâchés par les centres de soins) et 44 000 morts.
Les oiseaux marins hivernants ont été les plus touchés par la marée noire (88 %). Parmi les 65 espèces identifiées, le Guillemot de Troïl représentaient 82 % des victimes. Cependant, les populations n’ont pas diminué en mer au cours des deux années suivant le naufrage.
Viennent ensuite 4 espèces qui représentent chacune entre 1 et 5 % du total : les macreuses noires (5 %), les pingouins torda (3,55 %), les fous de Bassan (2,6 %) la mouette tridactyle (0,7 %). 74 000 oiseaux mazoutés ont été comptabilisés et recueillis morts ou vivants (sur les 36 000 recueillis vivants, 20 000 ont pu être soignés). L’estimation du nombre d’oiseaux morts s’élève à 150 000 individus.
Les cétacés abondants (dauphin commun, globicéphale noir) n’ont pas présenté de diminution d’effectifs significative après la pollution. Des échouements de cadavres d’invertébrés ont
été observés en janvier 2000. Dans la presqu’île guérandaise très touchée (site de Piriac), des mortalités importantes ont été relevées chez des espèces sensibles comme les oursins de la zone intertidale, qui sont réapparus au cours de la troisième année.
Suite à cette marée noire, le Comité interministériel de l’aménagement et du développement du territoire a mis en place le réseau Ritmer.