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http://www.bretagne-environnement.org/Sols/L-homme-et-la-terre/Agriculture-et-qualite-du-sol/Agriculture-biologique-et-qualite-du-sol
Dernière modification le 01 février 2003
Chaque année, le nombre d'exploitation biologique augmente, même si la surface consacrée au bio reste modeste (près de 2 % de la surface agricole utile). C'est la preuve d'un engouement qui s'affirme. Aussi est-il important de bien comprendre ce qui change avec la pratique bio par rapport à des pratiques conventionnelles, notamment du point de vue du sol.
L'agriculture biologique ne consiste pas uniquement à cultiver sans chimie. Elle se fonde avant tout sur la valorisation de l'activité biologique des sols. Pour cela, elle suit un mode de production très précis, réglementé aux niveaux européen et national.
Au lieu de fertiliser le sol avec des engrais minéraux solubles, les agriculteurs Bio cherchent à nourrir les êtres vivants du sol qui, eux, vont se charger de fournir aux plantes les minéraux. Leur but : que le sol soit entretenu par des habitants très actifs. Grâce à l'utilisation de composts et d'engrais verts, les populations microbiennes contenues dans le sol augmentent et se diversifient. Il en est de même pour les champignons et les vers. Cette biodiversité est essentielle car les habitants du sol jouent un rôle important dans la transformation des débris organiques en substances minérales. Ils ont également une action mécanique non négligeable puisqu'ils détruisent les débris végétaux, mélangent les particules ou encore aèrent le sol.
Les agrobiologistes enrichissent le sol grâce à la fumure organique. C'est la base de la fertilisation en agriculture biologique. Le sol reçoit des matières organiques compostées, des sous-produits d'élevage bio ou des préparations à base de végétaux ou de microorganismes. La fumure minérale est réservée aux minéraux naturels (sédiments marins ou terrestres, roches broyées). Avec ces pratiques, le sol a tendance à s'enrichir en matière organique.
Les assolements sont une autre des pratiques de la culture biologique. Ils comprennent une rotation obligatoire, au moins tous les deux ans, pour un type de culture et la culture de légumineuses. Dans la lutte contre les mauvaises herbes, les agriculteurs Bio n'utilisent aucun désherbant chimique mais plutôt des procédés mécaniques et thermiques. En prévention, ils améliorent la structure du sol. La lutte contre les parasites se fait, soit en utilisant des prédateurs naturels, soit avec des préparations à base de plantes et de minéraux naturels.
Enfin, l’agriculture biologique est attentive au travail du sol. Il doit être fait au bon moment et avec une intensité mesurée. Ainsi, les agriculteurs Bio ameublissent le sol sans le retourner. Ils n’enfouissent jamais la matière organique fraîche. Ou encore, ils limitent le nombre de passages avec des matériaux lourds pour éviter de tasser le sol.
Cette façon de procéder améliore la porosité du sol, autrement dit sa capacité à laisser circuler l'eau et l'air entre les grains qui le composent. Les pratiques Bio sont en cours d'évaluation mais déjà les premiers résultats soulignent une plus forte porosité et une meilleure stabilité structurale des sols. Cette amélioration des propriétés physiques des sols limite les risques d'érosion.
Pour l'heure, la comparaison des pratiques d'agriculture biologique et conventionnelles est loin d'être achevée et n'indique, actuellement, que des tendances. La portée des études menées est d'autant plus limitée que cette comparaison repose sur l'étude de sites multiples qui mettent en jeu de nombreux facteurs. De fait, la qualité des sols varie énormément d'un lieu à l'autre, et pas seulement à cause des pratiques culturales.
Ainsi, les études sur les propriétés chimiques des sols soumis à des pratiques Bio restent encore incomplètes : certaines montrent une meilleure disponibilité du phosphore et du potassium pour la plante alors que d'autres témoignent du contraire. En revanche, le pH semble augmenter, ce qui limite les risques de toxicité pour les végétaux dus à un sol trop acide. En définitive, la fertilité du sol, autrement dit son aptitude physique, chimique et biologique à produire de la biomasse végétale, se trouve nettement accrue 1.
L'agriculture biologique induit, apparemment, un effet sur le sol plus favorable que l'agriculture conventionnelle 2. Malgré tout, des pratiques Bio spécifiques à certaines productions sont susceptibles de polluer. C'est le cas par exemple de la bouillie bordelaise utilisée en viticulture Bio. Elle entraîne une accumulation de cuivre dans les sols, un élément qui en excès devient toxique pour les plantes. En Bretagne, c’est davantage le risque de pollution par les nitrates qui se pose s’il y a trop d’apports de matière organique.
Les pratiques Bio ont aussi leurs points faibles. Du point de vue technique, la lutte contre les ravageurs et les mauvaises herbes est bien plus difficile sans recours aux produits chimiques.
Par ailleurs, les pratiques culturales respectueuses de la qualité des sols ne sont pas l'apanage du Bio. Ainsi, des exploitations conventionnelles privilégient les amendements organiques, mènent des rotations dans leur assolement et simplifient le travail du sol. De fait, ces exploitations s'orientent de plus en plus vers une agriculture dite raisonnée qui se veut plus respectueuse de l'environnement.
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