L'Etat et le conseil régional de Bretagne, membres fondateurs du groupement d'intérêt public Bretagne environnement
http://www.bretagne-environnement.org/Sols/Les-menaces
De moins en moins de matière organique, de plus en plus de phosphore et de métaux lourds, une activité biologique perturbée Malgré leur capacité à s'adapter à l'accroissement des pressions humaines, les sols bretons se dégradent progressivement.
En 2002, la Commission européenne a identifié les risques majeurs de dégradation des sols européens, parmi lesquels elle cite en priorité les pertes irréversibles dues à l'érosion et à l'imperméabilisation du sol, la contamination constante par des sources diffuses et locales de polluants, la salinisation, la compaction, la perte en matière organique et la diminution de la biodiversité.
Au niveau régional, le Conseil scientifique de l'environnement en Bretagne (CSEB) a analysé en 2003 les risques de dégradation des sols bretons en lien avec le recyclage agricole des déchets organiques. Pourquoi s'intéresser aux déchets organiques plus particulièrement ? Parce que la valorisation agronomique par épandage de ces déchets, issus de l'élevage - activité particulièrement développée en Bretagne - mais issus aussi des collectivités et des industries agro-alimentaires, est un enjeu majeur dans la région et suppose de disposer de surfaces suffisantes.
Le CSEB a identifié quatre évolutions des sols régionaux en lien avec les apports organiques. Les changements de pratiques agricoles et l'apport d'effluents pauvres en carbone (les agriculteurs utilisent désormais plus de lisier et moins de fumier qui restituait plus de matière organique aux sols) ont provoqué une diminution des teneurs en matière organique de 0,1 à 0,7 % en quinze ans.
D'autre part, le phosphore s'accumule dans les sols car les apports excèdent les besoins des cultures ; 60 % des communes bretonnes possèdent des sols globalement trop riches en phosphore assimilable (teneur supérieure à 300 mg/kg selon la méthode Dyer). Les sols sont également contaminés à faible dose mais de façon récurrente par des éléments traces métalliques présents de façon fortuite dans les déchets (boues de station d'épuration) ou introduits dans l'alimentation animale pour prévenir des maladies. Enfin, les pratiques agricoles et les changements d'usages modifient l'activité biologique des sols. D'autres évolutions (acidification, compaction, etc.) sont également suspectées mais s'avèrent trop peu documentées pour être décrites avec précision.