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http://www.bretagne-environnement.org/Sous-sol/Les-ressources-souterraines/L-apres-mine/Mouvements-de-terrain-et-pollutions-lies-aux-anciens-sites-miniers

 

Dernière modification le 31 août 2011


les impacts

Mouvements de terrain et pollutions liés aux anciens sites miniers

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE)

En collaboration avec :

Bernard Mazenc (géodéris) , 
Béatrice Gautier-grall Agence régionale de santé de Bretagne (ARS Bretagne) , 
Gérard Prigent ,  Paul Bouillet Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement en Bretagne (Dreal Bretagne) , 
Jean-michel Schroëtter Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)




Déchets miniers de creusement Déchets miniers de creusement

Les impacts des anciens sites miniers sont évalués de façon systématique lorsqu’il s’agit des mouvements de terrain et ponctuellement en fonction des besoins lorsqu’il est question de pollution potentielle de l’eau et des sols ou d’exposition de la population.


Comme partout en métropole, l’activité minière fait partie du passé en Bretagne. Les anciens bâtiments de tri et les anciennes forges sont bien encore visibles mais ils appartiennent désormais au patrimoine industriel. La majorité de ces sites ont été mis en sécurité. Pour autant, la région n’en a pas terminé avec les mines. La plupart des puits, des descenderies, des friches et des déblais concentrés en métaux ou substances radioactives ont été plus ou moins comblés par l’eau et masqués par la végétation. Ils sont aujourd’hui une source potentielle de mouvements de terrain ou de pollution pour l’eau et les sols.

Un important travail a été mené par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) dans les années 1990 pour organiser la connaissance historique sur les anciens sites miniers en Bretagne. Ces archives disponibles pour ces sites fournissent des informations précieuses sur la localisation des mines, la durée et le mode d’exploitation, les substances et les volumes extraits et les techniques employées. Elles sont essentielles pour gérer l’après-mine et apporter des informations complémentaires dans l’évaluation des impacts sur la santé humaine et sur l’environnement.

Un inventaire systématique des mouvements de terrain

Comment évalue-t-on les impacts des anciens sites miniers ? Et quels sont les résultats obtenus en Bretagne ? Il y a deux façons de procéder selon que l’on considère les mouvements de terrain - c’est-à-dire les affaissements, éboulements, etc. liés à la présence de cavités minières – ou la pollution de l’eau et des sols.

Titres miniers concernés par l'aléa "mouvement de terrain" en Bretagne en 2010
Titres miniers concernés par l'aléa "mouvement de terrain" en Bretagne

Pour ce qui concerne les mouvements de terrain, après avoir étudié les principaux sites comme Trémuson, La Touche, Pont Péan, etc., Géodéris a été chargé de diagnostiquer de façon systématique les 292 anciens sites miniers en Bretagne de 2005 à 2008.Cette opération, appelée Scanning des sites miniers français, a permis de vérifier que seuls deux sites prioritaires (propres à la méthodologie de cette opération) l’un à Quimper et l’autre à Poullaouen, nécessitaient des études complémentaires pour mieux évaluer l’aléa mouvement de terrain. Ces deux sites ont depuis fait l’objet d’études complémentaires permettant de préciser le risque résiduel.

Dans le même esprit, le BRGM est chargé par le Ministère en charge de l’environnement de réaliser des inventaires départementaux des mouvements de terrain (effondrement, éboulement, glissement, chutes de blocs et affaissement). À ce jour, pour la Bretagne, seul le Finistère a subi un tel recensement. La base de données nationale « Mouvements de terrain » ne compte que 10 mouvements de terrain de type « effondrement », sur les communes de Locmaria-Berrien et Poullaouen, en lien direct avec une activité minière.

L’étude des pollutions sur l’eau et les sols reste ponctuelle

Contrairement à l’aléa mouvement de terrain, celui de la pollution de l’eau ou des sols a été évalué au cas par cas. Les sources de pollution proviennent des stériles, des résidus de triage, des résidus des eaux de lavage créés durant l’extraction et qui peuvent concentrer des métaux ou des substances radioactives.

Résidus laverie
Résidus laverie

L’évaluation de la pollution potentielle est réalisée soit dans le cadre d’un arrêt définitif de travaux miniers ou d’une action de sécurisation d’un site, soit par exemple suite à une demande d’étude d’impact par une commune qui souhaite utiliser les sols situés sur un ancien site minier ou à proximité. À ce jour, environ 5 évaluations de ce type ont été réalisées en Bretagne, notamment sur les anciens sites majeurs pour leur production minière à savoir, Trémuson, La Touche et Pont-Péan. Les résultats de ces études font l’objet d’un « porter à connaissance » auprès des communes concernées, en vue d’une intégration dans les documents d’urbanisme.

Le contexte géologique breton, et en particulier la présence dans le sous-sol de granites, grès, et schistes, favorise comme pour les carrières le phénomène d’acidification des eaux naturelles. Ces résurgences d’eau acides en contexte minier restent rares dans la région. Elles nécessitent malgré tout une action de suivi.

Suite à la Directive Européenne du 15 mars 2006 concernant la gestion des déchets de l‘industrie extractive Géoderis effectue un inventaire des titres miniers comportant des dépôts de résidus liés à l’ancienne activité minière. Le résultat de ce travail est prévu courant 2012.

Risques sanitaires liés à l’exposition de la population vivant à proximité d’une ancienne mine

Une autre façon de considérer les impacts des mines est de s’intéresser directement à l’exposition directe ou indirecte de la population. Dans le premier cas par exemple, les habitants peuvent être soumis aux rayonnements de substances radioactives dans le cas d’anciennes mines d’uranium, ingérer de la terre contaminée, ou encore inhaler du radon contenu dans l’air de lieux confinés.

L’exposition devient indirecte si elle se fait par l’intermédiaire des milieux eux-mêmes pollués par l’air, le sol ou l’eau. L’influence de cette exposition peut alors être plus large par exemple si des stériles miniers sont réutilisés ou si des éléments métalliques sont transférés par les cours d’eau et s’accumulent dans les sédiments de lacs ou d’étangs situés en aval. L’exposition indirecte peut se faire soit par voie digestive en ingérant de l’eau contaminée ou des aliments produits sur places (jardins potagers, produits laitiers, poissons, œufs, etc.), soit par voie respiratoire en inhalant des poussières contaminées remises en suspension, soit par voie cutanée si la peau est en contact avec de l’eau contaminée (eaux superficielles, souterraines ou potable).

Pour évaluer les risques sanitaires liés à ces expositions et caractériser l’impact sanitaire associé, la démarche d’évaluation des risques sanitaire doit être utilisée. Celle-ci s’appuie sur des mesures environnementales, la modélisation des transferts de polluants dans l’environnement, l’épidémiologie et la toxicologie. De telles évaluations sont menées au cas par cas. Il s’agit soit de demandes de particuliers ou de communes, soit d’études à l’initiative de l’Agence Régionale de Santé (ARS) lorsque cette dernière suspecte une exposition possible de la population.