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http://www.bretagne-environnement.org/Sous-sol/Les-ressources-souterraines/L-apres-mine/Sur-les-traces-des-minerais-en-Bretagne

 

Dernière modification le 31 août 2011


comment ça marche ?

Sur les traces des minerais en Bretagne

Rédigé par :

Michèle Le Goff (GIPBE)

En collaboration avec :

Jean-michel Schroëtter Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)




Répartition des mines bretonnes en fonction de la géologie Répartition des mines bretonnes en fonction de la géologie

Le sous-sol breton renferme de nombreux minerais (or, fer, plomb, zinc, uranium, etc.), vestiges de l’histoire géologique.


Le sous-sol breton renferme une grande diversité de minerais (or, argent, étain, fer, etc.). Avant de plonger dans ses origines, commençons par préciser ce qu’est un minerai. C’est une roche ou un ensemble rocheux, contenant une ou des substances naturelles utiles en concentration suffisamment importante pour en envisager son exploitation. Ces substances peuvent être métalliques (fer, or, argent, etc.) ou minérales (andalousite, kaolin, houille, hydrocarbures liquides ou gazeux, combustibles fossiles exceptée la tourbe, etc.).
Pour les exploiter, il faut un gisement. Ce sont des conditions économiques avantageuses au regard du marché qui déterminent si le gisement est exploitable. Ces conditions varient dans le temps et dans l’espace, en fonction des techniques d’exploitation (plus ou moins coûteuses) et de l’économie de marché.

Richesse minérale

Alors que trouve-t-on en Bretagne ? Du fer, de l’étain du tungstène, plomb-zinc-argent, et même de l’or ou encore de l’uranium, mais aussi de l’antimoine, du kaolin et bien d’autres (béryl, mobylbdénite, rutil-zircon, terres rares). Le Nord n’a pas l’apanage du patrimoine minier ! La Bretagne affiche elle aussi une riche diversité minérale et métallogénique.

Principaux processus géologiques de concentration des métaux extraits dans les mines bretonnes
Principaux processus géologiques de concentration des métaux extraits dans les mines bretonnes

Cette diversité trouve des explications à travers les deux milliards d’années d’histoire géologique du Massif armoricain. Volcanisme, tectonique des plaques et sédimentation, auxquels s’est superposée une altération intense des deux chaînes de montagne cadomienne et hercynienne, ont contribué à la création de cette richesse minérale.

De l’or

Exemples choisis. L’or qui fait tant rêver, est retrouvé en de très nombreux indices dans les cours d’eau du Massif armoricain, avec des teneurs pouvant atteindre 1 g/m3.
Les géologues supposent que ces concentrations sont dues à l’érosion et/ou à l’altération de roches sources, les schistes du Briovérien et des filons de quartz qui alimentent les sédiments des lits des cours d’eau actuels dans le secteur de Mur-de-Bretagne (le Perchenic, le Kergall et le ruisseau du Vieux Moulin). Mais le processus pourrait être plus complexe, avec une première concentration dans des lits de cours d’eau plus anciens qui ensuite auraient alimenté les cours d’eau actuels.

Du fer, partout

Les forges de Paimpont attestent de l’existence de fer en Bretagne. Il est même présent partout, ce qui n’a rien d’étonnant puisque cette substance a été concentrée de l’Ordovicien au Tertiaire soit au cours d’environ 450 millions d’années. Le fer s’est accumulé dans les grès armoricains - qui sont des roches sédimentaires – grâce au tri des minéraux ferrifères par l’action des vagues de cette époque. On le trouve aussi sous la forme d'une cuirasse de fer dans la forêt de Paimpont. Celle-ci est le reliquat de l'altération de ces mêmes grès armoricains. Le fer, comme d'autres éléments chimiques, peut également être dissous, lessivé et accumulé dans des fractures du sous-sol.

Du plomb, du zinc et de l’étain

Ces trois substances ont fait l’histoire minière de la Bretagne. Les trois principaux sites d’exploitation ont été au XIXe et au début XXe siècle, Pont-Péan (35), Huelgoat et Poullaouen (29). À Pont-Péan, la production cumulée du XVIIIe et XIXe siècle, a atteint les 200 000 tonnes. Plus récemment, en 1968 et en 1975, la prospection du BRGM a mis en évidence deux nouveaux gisements, d’un style différent en cuivre, plomb, zinc et argent, à Bodennec (22) (150 000 à 200 000 tonnes) et la Porte-aux-Moines (22) (300 000 tonnes).
Ces gisements sont liés à l’intrusion de magmas sous la croûte terrestre, suivant des directions de fracturation du Massif armoricain. Ces filons de roches magmatiques ou dolérites ont permis la concentration ou la re-concentration de plomb, de zinc et d’argent.

Et même de l’uranium

Le principal secteur breton riche en uranium, est le district minier de Pontivy avec ses 22 sites. Ils sont de petites tailles mais leur teneur en uranium est élevée. En 26 années d’exploitation, près de 1 074 tonnes d’uranium ont été extraites. Les gisements d’uranium sont liés également à des intrusions mais, dans ce cas, de magmas granitiques d’âge hercynien.
Même si des modèles d’explication existent, ces exemples illustrent bien la diversité de formation de tel ou tel type de minerai, que l’on peut rencontrer dans la nature. Plusieurs processus peuvent interagir sur le phénomène de concentration qui les crée.
De la même façon, un gisement qui n’est plus économiquement viable aujourd’hui peut le redevenir demain, en fonction de deux paramètres fondamentaux : l’ « offre et la demande » et l’évolution technologique.
Avec son patrimoine minier (historique et minéralogique), la Bretagne reste une contrée d’actualité pour la connaissance des relations étroites entre géologie et minéralogie comme pour la recherche de nouveaux gisements.

Comment se forme un gisement ?
Par concentration ou re-concentration d’une substance. À l’origine, la substance est déjà présente dans des roches du sous-sol. Soit elle se concentre sur place suite à la transformation de ces roches, soit elle en est extraite pour se re-concentrer ailleurs après avoir été transportée naturellement.

Gisements endogène et exogène
Gisements endogène et exogène

Les processus géologiques impliqués dans de tels phénomènes sont divers. Pour n’en citer qu’un, la circulation de fluides dans l’écorce terrestre (le long des grands plans de failles, dans une chaîne de montagnes) lessive les roches qui les bordent et leur retire une multitude d’éléments métalliques. Ces fluides chargés, une fois piégés, constituent de véritables gisements dans l’écorce terrestre. Mis à nu par l’érosion par exemple, ils peuvent être concentrés une seconde fois dans le lit d’un cours d’eau et créer un gisement en surface, cette fois.