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http://www.bretagne-environnement.org/Territoire-activites/Les-activites-economiques/Le-tourisme/Tourisme-et-protection-de-l-environnement-tout-le-monde-sur-le-pont
Dernière modification le 29 août 2009
Seul un développement touristique maîtrisé permettra un tourisme durable et pourra prévenir les risques de saturation et de dégradation irréversible des espaces naturels bretons. Qu'il s'agisse de la protection des sites, des déplacements, de l'hébergement ou des sports nature tous les acteurs sont mobilisés.
Comme pour toute autre activité, seul un développement touristique maîtrisé permettra un tourisme durable et pourra prévenir les risques de saturation et de dégradation irréversible des espaces naturels bretons.
Dans cette optique, le conseil régional a lancé en 2005 un schéma régional du tourisme dont le plan d'action a été adopté en 2007. Ce document, élaboré en concertation avec tous les acteurs de la profession, est clairement orienté vers le développement durable. Il affiche cinq grandes ambitions pour la Bretagne : être attractive, compétitive, solidaire, efficace et accessible. Pour y parvenir, la région entend consolider son image de territoire au patrimoine naturel exceptionnel. L'enjeu principal est la préservation de la ressource.
Différentes actions sont envisagées : protéger et valoriser les sites et espaces naturels, aménager durablement les stations et espaces touristiques, favoriser les déplacements alternatifs à la voiture, développer des infrastructures d'itinérance et de randonnée, soutenir des territoires touristiques respectueux de l'environnement, ou encore sensibiliser les acteurs du tourisme au développement durable. Innovation de taille : le développement d'une filière d'écotourisme est clairement envisagé.
Si les professionnels de la Bretagne ont choisi de favoriser l'attractivité régionale grâce au développement durable, ce n'est certainement pas un hasard. Au-delà des attentes touristiques, les Bretons eux-mêmes sont très sensibles à leur environnement. Le schéma régional vient finalement renforcer une dynamique de protection et de valorisation du patrimoine naturel déjà engagée sur les territoires.
Un des chantiers concerne la préservation des sites contre la sur fréquentation et surtout l'urbanisation grandissante. Le littoral est particulièrement menacé. Certains points bénéficient en effet d'une telle popularité que leur fréquentation peut dépasser le million de visiteurs comme à la Pointe du Raz, au Cap Fréhel ou à la Pointe du Grouin 1 .
Différentes mesures, qui peuvent concerner aussi bien le littoral, la mer que l'intérieur des terres, ont donc été mises en place par les institutions ou les associations : zones Natura 2000, réserves naturelles, réserves de biosphère, sites remarquables, sites classés ou inscrits, etc. Toutes ont un objectif commun : préserver la biodiversité de ces sites et par là même les paysages remarquables qu'ils composent.
Quant au parc naturel régional d'Armorique, il s'inscrit pleinement dans une démarche de développement durable du territoire. De la mer d'Iroise aux monts d'Arrée, il a été aménagé pour préserver le patrimoine naturel et faire découvrir la richesse de la flore et de la faune bretonnes. En plus d'être le garant de la protection des milieux et des espèces, il permet une valorisation importante de ce patrimoine. Le respect de la nature devient un atout de taille pour le tourisme.
C'est un succès : le Parc attire plus de 200 000 visiteurs chaque année sur un territoire de 172 000 hectares. Autre élément intéressant, il favorise également un retour aux pratiques traditionnelles telles que la fauche, le pâturage ou la plantation de talus.
Afin d'offrir une alternative à l'automobile, trop polluante, diverses initiatives voient le jour en Bretagne. Elles s'inscrivent en parallèle de grands projets de transports collectifs tels que le TGV Ouest ou la desserte de la région par des compagnies aériennes.
Ainsi, le réseau de véloroutes et voies vertes, intégré dans la Mission nationale du même nom, et soutenu par le conseil régional et les Départements, est déjà très développé sur le territoire. S'ajoutent à cela les deux aménagements de randonnée réalisés sur les anciennes voies ferrées. Tous ces axes sont réservés à la marche, au vélo ou à l'équitation.
Au total, ce seront bientôt 2 000 km qui seront aménagés et réservés aux transports doux. En plus de leur intérêt écologique, ces parcours possèdent une grande valeur touristique : ils sont les garants d'une sécurité et d'un cadre de vie agréable aux utilisateurs. Les sentiers « equibreizh » rassemblent par ailleurs 2 600 km d'itinéraires balisés pour découvrir la Bretagne à cheval.
Ne reste plus qu'à définir des combinaisons possibles entre ces différents modes de transports doux. Le conseil régional et la direction régionale du Tourisme travaillent actuellement sur le sujet. Quant aux inconditionnels de l'automobile, ils pourront toujours limiter leur empreinte écologique en se rendant sur les sites Internet départementaux consacrés au covoiturage.
Quant aux hébergements touristiques, ils sont actuellement le sujet de nombreuses mutations. Quelques labels, telle « La Clef Verte » récompensent les hébergements touristiques pour leur dynamisme en matière de gestion environnementale. Elle est attribuée pour une année selon des critères précis. Sont pris en compte, notamment, la sensibilisation à l'environnement, la gestion environnementale générale (déchets, eau, énergie, etc.) ainsi que l'aménagement du terrain pour les campings. Au total, une vingtaine d'établissements bénéficient de ce label en Bretagne. 234 établissements verts sont recensés en France 2 . La très grande majorité sont des campings.
Au sein du Parc naturel régional d'Armorique, les gîtes panda présentent une autre forme d'hébergement alternatif. Labellisés par le WWF, ils sont garants d'une gestion respectueuse de l'environnement.
Les collectivités territoriales commencent aussi à inciter les établissements touristiques à s'engager pour l'environnement. Ainsi, le conseil général des Côtes-d'Armor, par le biais de son comité départemental du Tourisme, impose des grilles d'écoconditionnalité pour l'obtention de certaines de ses subventions.
Il en va de même pour le conseil régional qui, grâce à son projet Eco-Faur, propose des aides à certains aménagements qui adoptent une gestion environnementale. Là encore, les critères d'obtention sont drastiques. De plus en plus d'établissements, et notamment d'hôtels, s'engagent dans cette démarche.
Pour les aider dans leur engagement, le conseil régional et l'Etat, en partenariat avec la chambre régionale de Commerce et d'Industrie, travaille par ailleurs à l'élaboration d'une grille de diagnostic environnemental destinée à l'hôtellerie et à la restauration.
14 millions de personnes déclarent pratiquer la randonnée lors de leurs vacances en Bretagne, soit les 2/5 des vacanciers. Elles représentent près de 500 000 séjours touristiques. Ces résultats placent la Bretagne au premier rang des régions littorales en matière de marche et de randonnée.
7 000 km de sentiers Grande Randonnée sont proposés en Bretagne, dont 2 000 km sur le littoral. Et le nombre de kilomètres de sentier de Petite Randonnée approcherait les 20 000 3 .
Plus généralement, les pratiques sportives représentent une masse très importante de population puisque 48 % des personnes âgées de 15 à 75 ans déclarent pratiquer un sport au moins une fois par semaine. Le sport est aussi un grand consommateur d'espace et peut être source de pollution si les pratiques ne sont pas gérées durablement.
Au vu de ce constat, les acteurs du sport en Bretagne ont réagi. Le centre régional d'expertise et de ressources des sports nature (Crer) a été créé en 2005. Son comité d'orientation comprend aussi bien des acteurs du sport, que d'autres du tourisme et du patrimoine naturel.
Un de ses objectifs est d'assurer une veille environnementale sur les lieux de pratiques sportives et de réduire les impacts liés à ces mêmes pratiques. La sensibilisation des sportifs à l'environnement devrait être accentuée. Un état des lieux des sports de nature en Bretagne a déjà été réalisé en 2006.
Forte de ses 164 ports de plaisance, la Bretagne est la deuxième destination pour les pratiquants français de sports nautiques. Ils représentent 400 000 séjours touristiques 4 . L'engagement des gestionnaires des ports de plaisance dans la réduction des impacts liés à la pratique du nautisme est donc essentiel, par exemple, en ayant une approche globale des ports et mouillages comme points clés des fréquentations d'un bassin de navigation.
La mise en place de ports respectueux de l'environnement apparaît aujourd'hui comme une nécessité pour de nombreuses communes : la nuitée d'un bateau représente en moyenne entre 150 et 180 euros pour la commune accueillante 5 . Un argument financier non négligeable.
Dans cet objectif, l'opération « Ports propres et accueillants » incite chaque commune littorale à investir : acquisition de pompes à eaux noires et à eaux de cales, attention à la réduction des sources de pollution, préconisation pour les économies d'énergies, etc. Une nouvelle charte, plus exigeante, devrait être rédigée courant 2008 en partenariat avec le conseil régional de Bretagne et les Départements. Elle devra intégrer une démarche de réduction des impacts liés au nautisme depuis la conception du projet de port, en passant par son fonctionnement, jusqu'aux pratiques nautiques elles-mêmes.
D'autres activités de loisir jusqu'à présent peu encadrées comme par exemple certaines pratiques motonautiques (dérangement sur certains sites à certaines périodes) ou encore la pêche à pied de loisir devront faire l'objet d'une gestion, notamment de la fréquentation, des prélèvements et des impacts compatibles avec les exigences de protection de la ressource et de l'environnement dont elle dépend.
Mais au-delà de ces quelques exemples, c'est tout le territoire breton qui semble s'engager dans une démarche de tourisme durable. Des projets fleurissent dans les quatre départements. Ainsi, l'écovillage LVT de Silfiac est connu pour sa construction et sa gestion haute qualité environnementale. Autre initiative intéressante : celle du centre d'activités de pleine nature de Mézières-sur-Couesnon (Communauté de communes du Pays de Saint-Aubin-du-Cormier), qui propose des activités sportives respectueuses du milieu. La sensibilisation et l'éducation faisant partie des objectifs du centre, chaque résident est informé que l'eau de pluie est récupérée pour laver le matériel (VTT, canoë, etc.) et que le chauffage est fourni par une chaudière à bois. Quant aux touristes plus jeunes venus en Bretagne pour ses festivals, ils ont sans doute remarqué qu'en 2007, tous les organisateurs avaient mis en place un agenda 21. Plus généralement, les comités de tourisme bretons intègrent le développement durable dans leur projet. Ainsi, celui du Morbihan organise une journée de sensibilisation pour les professionnels hôteliers sur le thème de la gestion de l'eau.
Le conseil régional et la fédération régionale des pays touristiques ont d'ailleurs souhaité récompenser ces précurseurs en mettant en place le « Challenge tourisme durable » dès 2003 (la commune de Silfiac et la Communauté de Commune de Saint-Aubin-du-Cormier ont été récompensées lors de l'édition 2006-2007). Cette action est un des outils qui permet d'étoffer le référencement et l'échange d'expériences au sein du réseau des pays touristiques qui ont un rôle de conseillers auprès des porteurs de projets. Chaque année, les participants sont plus nombreux. Preuve incontestable que le développement du tourisme breton sera durable ; ou ne sera pas.
[1] « Etat des lieux du tourisme en Bretagne en 2005», réalisé à partir de données antérieures à 2005, ORTB, 2005
[2] Source : Clef Verte, 2007
[3] Etat des lieux des sports de nature en Bretagne, CRER, octobre 2006
[4] Nautisme en Finistère, Sofrès-ORTB, 2001
[5] Source : Association des ports de plaisance en Bretagne, 2007
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