Visitez aussi :

diaporama

  • Loisirs nautiques sur le lac de Guerlédan
    Loisirs nautiques sur le lac de Guerlédan
    L'été, la base nautique du lac d(...)
    © Crtb
  • Activités nautiques
    Activités nautiques
    En attente de passagers sur la p(...)
    ©Ronan Lucas (GIPBE)
  • Loisirs nautiques
    Loisirs nautiques
    Deux jeunes dans le vent tentent(...)
    ©Gilles Courtel
logo du portail

http://www.bretagne-environnement.org/Territoire-activites/Les-activites-economiques/Le-tourisme/Un-tourisme-concentre-dans-le-temps-et-dans-l-espace

 

Dernière modification le 29 août 2009


les impacts

Un tourisme concentré dans le temps et dans l'espace

Rédigé par :

Magali Chouvion (GIPBE)

En collaboration avec :

Carine Chardaire (frpatb) ,  Caroline Vincent (crer) ,  Jean-luc Jourdain (cdt 29) ,  Pierrick Gavaud (rando Breizh) ,  Yves Belliard (drjs) , 
Jean-michel Gaigne Association des ports de plaisance de Bretagne (APPB)




Le cap Fréhel Le cap Fréhel

Le tourisme peut provoquer des impacts négatifs sur l'environnement. S'ils ne sont pas pris en compte, l'image d'un environnement dégradé n'incite pas le touriste à revenir. Tourisme et environnement sont donc fortement associés. Cette situation se renforce quand, comme en Bretagne, le tourisme est concentré dans le temps et dans l'espace, surtout sur le littoral.


Objet de valorisation en cas de bonnes pratiques, l'environnement est, de manière corollaire, un facteur d'évitement d'un territoire si certains critères ne sont pas respectés. La Bretagne peut ainsi pâtir d'une image « négative » liée aux problèmes de pollutions de l'eau, lisiers, marées vertes, et bien entendu au naufrage de l'Erika en décembre 1999. D'ailleurs, la fréquentation de l'hôtellerie classée et de l'hôtellerie de plein air par des vacanciers allemands a baissé de 18,5 % de 1999 à 2002 1 .

La gestion de l'environnement apparaît donc, aujourd'hui, comme une « clé de voûte » essentielle du tourisme en Bretagne. D'autant plus que 33 % des Français émettent un avis favorable sur la région en raison de la beauté et de la diversité de ses paysages, et 11,3 % pour sa nature préservée, sauvage et authentique 2 .

Toutefois, et plus globalement, les vacanciers souhaitent se retrouver en harmonie, en conformité avec leur environnement. Ce dernier n'est donc plus uniquement considéré sur le plan de la préservation, mais peut aussi être envisagé comme un moyen de valorisation du territoire. A la condition toutefois que cette valorisation, qui se traduit en termes de fréquentation, s'accompagne aussi de réduction des impacts et s'effectue sans exclusion sociale.

Cependant, s'il est mal géré, le tourisme peut aussi être un vecteur indiscutable de pollution et de dégradation de l'environnement. Et ce, de par sa nature même : il est concentré dans l'espace et dans le temps. En Bretagne, ce phénomène est sans doute plus accentué que dans d'autres régions françaises, car les touristes se retrouvent en très grande majorité sur le littoral où le climat local raccourcit la saison estivale, par rapport au sud de la France notamment.
Déjà, afin de parvenir sur leur lieu de villégiature, les touristes se déplacent en très grande majorité en voiture : 84 % des Français 3 utilisent ce mode de locomotion ! Les étrangers ont des habitudes de transport plus diversifiées. Or, le secteur du transport était responsable de 26 % des émissions de gaz à effet de serre en France en 2003 ! Ce phénomène a tendance à s'accentuer avec la nouvelle tendance sociale sur la prise de congés : plus de courts séjours et souvent plus loin du domicile. Donc plus de trajets !

Puis, une fois sur place, les vacanciers pratiquent généralement des activités concentrées sur un même territoire. S'en suivent des problèmes de gestion des flux d'énergie, d'eau et de déchets. Les secteurs de la plaisance et des sports nature sont particulièrement sensibles à cette question. Les îles bretonnes subissent ainsi des dommages significatifs liés à cette concentration estivale.
La biodiversité peut également être impactée indirectement suite à des activités liées aux loisirs ou au tourisme. Ainsi, par exemple, importé délibérément d'Afrique pour alimenter des parcs zoologiques, l'Ibis sacré à progressivement colonisé les zones humides proches des littoraux pour former des populations sauvages. A présent bien implanté en Bretagne, ce bel oiseau continue à augmenter ses effectifs et inquiète les gestionnaires de réserves naturelles.

Une autre problématique environnementale liée en partie au tourisme concerne l'urbanisation des sites. Les hôtels, centres de loisirs, campings et autres équipements touristiques sont consommateurs de foncier bien que n'assurant leur rentabilité économique que pendant une période estivale courte. Les campings de la région occupent 2 500 hectares, principalement en bord de mer. Ils offrent maintenant souvent la possibilité de bénéficier d'une habitation dite temporaire (mobil home, habitat léger de loisir). Or, cette dernière est pérenne puisque présente à demeure sur des terrains toujours plus équipés, offrant finalement des espaces presque "urbanisés" sur des sites naturels. Par ailleurs, des surfaces parfois importantes d'un territoire communal peuvent aussi être "aménagées", souvent illégalement, pour de l'hébergement touristique sur parcelles privées.
Autre point, l'investissement de plus en plus important dans des résidences secondaires. Entre 1993 et 2002, 14 329 logements à destination de résidence secondaire ont été mis en chantier en Bretagne, et les demandes sont en augmentation. Au total, ce sont 13 % des logements que compte aujourd'hui la région qui sont des résidences secondaires. Celles-ci se concentrent en forte proportion le long du littoral (86 %) et sont composées en grande majorité de maisons individuelles en secteur diffus. En dehors de l'aspect "fantomatique" d'habitations et des effets sur l'environnement, ces logements conduisent parfois à des difficultés pour l'accès au logement des autochtones. 4


[1] Enquête réalisée par « Maison de la France », 1999
[2] Enquête de « Produit en Bretagne » sur les motivations des jugements portés sur la Bretagne par des Français vivant hors de Bretagne
[3] Diagnostic « Impacts en Bretagne des nouvelles demandes touristiques », réalisé à partir de données antérieures à 2004, CESR, 2004
[4] « Pour une stratégie foncière régionale adaptée aux enjeux des politiques territoriales en Bretagne » du CESR, 2007