L’assemblée nationale et le sénat ont fini d’examiner le nouveau projet de loi sur l’eau qui fera l’objet d’un vote final le 30 mai prochain. Ce projet de loi sur l'eau et les milieux aquatiques présenté par le ministère de l'écologie et du développement durable, a notamment pour objectif de créer les conditions permettrant d’atteindre le bon état écologique des eaux d'ici 2015, fixé par la directive-cadre de l'Union européenne sur l'eau.
Citons quelques exemples de réformes :
- création d’une nouvelle redevance sur les produits phytosanitaires, la lutte contre la pollution par les résidus de pesticides constituant une priorité,
- renforcement de la gestion locale et partagée de la ressource en eau à travers les schémas d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) dont la portée juridique est renforcée,
- des outils nouveaux sont donnés aux maires pour gérer les services publics de l'eau et de l'assainissement. Des compétences accrues sont en particulier données aux communes en matière d'assainissement non collectif,
- l'organisation de la pêche en eau douce est réformé avec, notamment, la création d’une fédération nationale de la pêche.
L’ensemble des textes restituant les débats au Sénat et à l’Assemblée nationale sont disponibles sur leur site Internet respectifs.
Le Groupe d’étude des invertébrés armoricains (Gretia) lance un atlas des longicornes du Massif Armoricain. Cette famille de coléoptères, qui tire son nom de ses longues antennes, est relativement bien connue parmi les invertébrés. Pourtant, le dernier inventaire la concernant en Bretagne, intitulé “ Faune entomologique armoricaine des Cerambycidae ”, remonte à 1908 ! Il recensait 90 espèces de longicornes. Aujourd’hui, une première estimation évalue à 99 le nombre d’espèces potentiellement présentes dans le Massif Armoricain.
Le Gretia a donc décidé qu’il était temps de mettre à jour la liste des longicornes de notre région. Près de 2 500 observations sur un total de 87 espèces ont déjà été dépouillées. Elles proviennent de prospections de terrain mais aussi de l’étude des collections du Musée de Rennes. D’autres musées comme celui de Nantes et de Laval restent à explorer. Aujourd’hui, une quinzaine de personnes sont à pied d’œuvre sur ce projet. Mais tout nouvel entomologiste amateur ou averti est le bienvenu dans cette aventure qui va durer quatre à cinq années et aboutir à la parution d’un ouvrage de synthèse. Le Gretia met d’ailleurs à disposition sur son site Internet une liste des espèces métropolitaines de Cérambycidés, une galerie de photos, une liste d’ouvrages de référence pour la détermination des espèces rencontrées, un modèle de fiche de terrain, la méthode de saisie des données et les coordonnées U.T.M. des localités de l’ouest de la France. Des clefs de détermination viendront bientôt compléter ces outils d’ores et déjà téléchargeables. Des outils qui pourront être testés le 17 juin prochain lors d’une sortie de terrain sur les longicornes organisée en forêt de Rennes.
Pendant 3 années, 19 établissements européens, dont 4 français (l’Ifremer, le Ceva, la Saur et la Drass de Bretagne), ont comparé et approfondi leurs méthodes de travail dans le but d’améliorer la gestion et la qualité des eaux de baignade. Cette collaboration a été menée dans le cadre du projet « Icrew » (Improving coastal and recreational waters) financé par le programme Espace Atlantique Interreg de l’Union européenne. Ce dernier couvre les régions côtières bordant l’océan Atlantique, à savoir toutes celles de l’Irlande, du Portugal, une partie de l’Espagne, du Royaume-Uni et de la France.
Lancé en avril 2003, Icrew s’est focalisé sur 7 actions dont l’assainissement collectif côtier, la compréhension et la gestion des développements d’algues vertes, l’échantillonnage et le contrôle sanitaire des eaux de baignade ainsi que l’identification des sources de pollutions diffuses. Après une présentation de ce travail à la commission européenne fin 2005, les participants étaient à nouveau réunis à Saint-Malo pour la conférence de clôture d’Icrew le 19 avril dernier, à l’invitation du Conseil régionale de Bretagne.
En toile de fond : le respect par les Etats membres de leurs obligations liées à la directive européenne révisée sur les eaux de baignade adoptée le 15 février 2006 par le Parlement européen et qui devra être mise en œuvre au plus tard au début de 2008.
Le résultat de ces échanges ? 7 rapports, 1 par action, comparant les différentes méthodes de travail et recommandant soit des améliorations soit des applications élargies à tous les Etats membres de l’union européenne ; une rencontre transnationale au bénéfice de tous les participants tant sur la connaissance des avancées techniques que sur les méthodes de travail ou les programmes mis en œuvre.
Nitrates
Après une baisse sensible de 1999 à 2002 de la concentration en nitrates dans les eaux superficielles, la Direction régionale de l’environnement de Bretagne a observé une stabilisation de la teneur moyenne annuelle entre 27 et 29 mg/l depuis quatre ans. En 2005, la concentration moyenne annuelle atteint 27,9 mg/l de nitrates pour les 51 points suivis dans le cadre du réseau national de bassin pour la région Bretagne, 7,9 % des prélèvements dépassant la référence de 50 mg/l.
Pesticides
En 2005, malgré un printemps sec et une hydrologie peu favorable aux transferts, la contamination des eaux de rivières par les pesticides reste globalement préoccupante comme le montre les résultats enregistrés sur le réseau CORPEP. L’année 2005 confirme le nombre important de molécules retrouvées dans les eaux : sur 149 molécules recherchées, 55 ont été quantifiées (49 sur 133 en 2004). La diversité des résidus mise en évidence sur chacune des 8 rivières du réseau est élevée, ainsi jusqu’à 27 molécules ont été quantifiées dans un même échantillon.
Les analyses et tests effectués par le laboratoire Ifremer de Concarneau ont décelé la présence d’algues toxiques Dinophysis dans des coquillages provenant de l’estran d’une partie de la zone Iroise.
Compte tenu des risques encourus pour la santé publique en cas d’ingestion de coquillages, un arrêté préfectoral en date du 27 avril 2006 interdit temporairement la pêche ainsi que le ramassage et l’expédition en vue de la mise en consommation de coquillages, sauf huîtres et gastéropodes, provenant du secteur de la zone Iroise ainsi délimitée : estran entre la pointe de Pen Hir (commune de Camaret) et le cap de la Chèvre (commune de Crozon).
L’ingestion de coquillages contaminés par le Dinophysis peut entraîner des gastro-entérites accompagnées de maux de tête avec risque de déshydratation. A la différence des contaminations microbiennes, leur cuisson ne détruit pas la toxine qu’ils ont concentrée et ne les rend donc pas propre à la consommation.
Rappel des secteurs déjà fermés : La baie d’Audierne (arrêté du 26/04/06) - au nord : le parallèle passant par la pointe du raz (commune de Plogoff), - à l’ouest : le méridien passant par l’île de Sein, - au sud : le parallèle passant par la pointe de Penmarc’h. Le secteur des Glénan (Arrêté du 25/04/06) : - limite nord : le parallèle passant par la pointe de Penmarc’h, la ligne joignant la pointe de Penmarc’h, la bouée de Basse Devel (au large de Lesconil), la pointe de Mousterlin, la pointe de Trévignon et la pointe de Pen men (île de Groix), - limite ouest : le méridien passant par l’île de Sein, - limite est : le méridien passant par la pointe de Pen Men (île de Groix), - limite sud : le parallèle passant à 4 milles au sud de l’île du Loc’h.
Ce phénomène naturel est dû à la présence d’une algue microscopique (Pseudo-nitzschia). La toxine libérée par cette algue peut générer des troubles digestifs (vomissements, diarrhée, nausées, etc.) apparaissant dans un délai de 2 à 24 heures, suivis éventuellement de troubles neurologiques (maux de têtes persistants, perte de l’équilibre, confusion mentale, amnésie, etc.). En cas de troubles apparaissant dans les 48 heures après la consommation de coquillages, il est fortement recommandé de consulter un médecin.
Il est rappelé que la toxine n’est détruite ni par la cuisson ni par la congélation et qu’en cas d’achat des coquillages incriminés, il est demandé d’en faire retour aux points de vente.
Toute personne souhaitant des renseignements sur la réglementation de la pêche à pied des coquillages peut s’adresser au service des affaires maritimes de Morlaix tél. 02 98 62 10 47
Depuis deux ans, Belle-île en mer est confrontée à une importante pénurie d’eau. En 2005, il a plu 373 mm sur l’île pour une moyenne habituelle de 692 mm. A la fin de l’année, les trois retenues d’eau qui servent à la production d’eau potable, d’une capacité totale de 850 000 m3, ne contenaient que 370 000 m3 d’eau. En janvier 2006, le volume d’eau était descendu à 65 200 m3. Bien insuffisant pour alimenter les 4 800 résidents permanents et 180 000 touristes saisonniers de l’île dont les besoins annuels en eau s’élèvent à 690 000 m3 ! Dès le mois de mars 2005, des mesures ont été prises : un arrêté de restriction d’eau qui a permis de faire une économie de 15 % sur la consommation habituelle et un approvisionnement en eau douce par bateau. Parallèlement, trois solutions sont testées pour augmenter les réserves en eau sur l’île : une recherche d’eau souterraine par forage, un acheminement d’eau douce par canalisation sous marine depuis le continent fait l’objet d’une étude de faisabilité et enfin, le dessalement d’eau de mer. Dessaler de l’eau de mer pour produire de l’eau potable n’est pas nouveau en Bretagne, les îles de Sein et d’Houat utilisent déjà cette technologie. Belle-île va donc, elle aussi, tester cette solution en installant deux unités mobiles de dessalement d’eau de mer.
La première unité, mise en place depuis le mois dernier par la Société lorientaise de construction électromécanique (SLCE) et Saur France pourra dessaler 50 000 m3 d’eau au total, soit 25 m3 d’eau par heure. Elle sera suivie en juin par une seconde unité d’une capacité égale. Si dessaler l’eau de mer pour produire de l’eau potable s’avère être une solution efficace, il pourrait être envisagé d’installer une unité fixe sur l’île.
Les bellîlois peuvent donc être rassurés, ils ne manqueront pas d’eau cet été ! D’autant que leurs trois retenues d’eau sont à nouveau pleines grâce aux généreuses précipitations de mars et avril.
En savoir plus : Préfecture du Morbihan : le communiqué de presse du 14/02/06 Contact à la Communauté de commune de belle-île : ccbi@cc-belle-ile-en-mer.fr
Le portail Bretagne environnement possède depuis fin avril un nouvel espace uniquement consacré à l’eau en Bretagne : www.eaubretagne.fr. Tout récemment arrivé sur la toile, cet observatoire contient les anciens articles de la thématique eau du portail mais surtout il adopte une nouvelle approche : plus de chiffres, plus de cartes et plus d’actualités ! Des articles sur les enjeux et les pressions sur la ressource en eau en Bretagne s’accompagneront de fiches courtes et régulièrement mises à jour décrivant la situation des eaux régionales vis-à-vis, par exemple, des nitrates, du phosphore, des pesticides ou de la matière organique.
Pour savoir qui fait quoi sur l’eau en Bretagne et mieux s’informer, rendez-vous dans la « Cyber-eau ». Accessible à tous, cette base de données référence de nombreuses ressources documentaires, liens, livres, études téléchargeables, Cdroms, etc. disponibles sur l’eau en Bretagne mais aussi un annuaire des institutions et des associations régionales travaillant dans le domaine de l’eau. Bien qu’opérationnel, l’observatoire de l’eau doit encore être complété. Il s’étoffera dans les prochains mois avec la collaboration des experts régionaux