Du 23 au 25 octobre derniers, des chercheurs français, suisses et britanniques se sont réunis à Rennes pour faire le bilan de dix projets de recherche interdisciplinaires portant sur les relations entre l’action publique, l’agriculture et la biodiversité. Ce programme, nommé Diva, a été lancé en 2003. Il est coordonné par le ministère de l’Ecologie et du Développement durable ainsi que par l’unité Sad-Paysage de l’Institut national de recherche agronomique de Rennes. Les résultats présentés pendant ces trois journées allaient du rôle du Vautour fauve dans la gestion de l’équarrissage dans les Cévennes à l’implication d’agriculteurs en plaine céréalière pour conserver l’Outarde canepetière, en passant par la définition et la mise en œuvre des politiques publiques. L’équipe bretonne s’est intéressée aux bordures de champs qui sont des habitats importants, largement reconnus pour abriter une flore et une faune variée. Elle a effectué une partie de ses observations sur le canton de Pleine-Fougères situé au nord de l’Ille-et-Vilaine, une zone bocagère où se pratique surtout l’élevage laitier et qui est suivie depuis 1994 par les chercheurs. Ils ont étudié comment la flore, les carabes et les cours d’eau réagissaient aux pratiques de gestion des bords de champs. Résultats : le paysage continue de changer car des haies sont encore arasées lors d’agrandissements d’exploitations agricoles mais surtout, de plus en plus d’agriculteurs utilisent des herbicides pour entretenir les bordures de champs. C’est moins cher et cela demande moins de main d’œuvre que d’autres techniques comme la fauche. Le problème avec les herbicides, en dehors des autres perturbations qu’ils engendrent clairement chez les carabes et dans les petits cours d’eau, c’est qu’ils rendent les « mauvaises herbes » encore plus invasives. Elles occupent très vite l’espace laissé libre par la destruction des autres plantes et colonisent plus facilement les champs. Un véritable cercle vicieux ! Conclusion : la biodiversité des bords de champs est bien plus efficace pour lutter contre les « mauvaises herbes ».
Les Bretons consomment quatre fois plus d’eau en bouteille que le reste des Français. Cette information, issue du nouveau site Internet de la Maison de la consommation et de l’environnement (MCE)L’eau en bouteille – savoir ce que l’on boit, traduit une perte de confiance de la part des Bretons dans l’eau du robinet. Pour preuve, ils font le choix de payer 100 à 300 fois plus cher l’eau en bouteille ! En effet, il n’y a pas si longtemps, la qualité de l’eau potable n’était pas irréprochable en Bretagne puisqu’en 1999, 13,3 % de la population a été momentanément exposée à une eau non-conforme en nitrates et 21,5 % à des pesticides. Mais la pression exercée par le contentieux européen a fait son oeuvre et ce n’est plus en 2005 que 0,49 % de la population pour les nitrates et 1,47 % pour les pesticides qui subissent des dépassements de leur eau du robinet. Il est important de bien distinguer d’une part, l’eau des rivières et des nappes souvent contaminées, et d’autre part l’eau à la sortie du robinet, qui elle est potable. Entre les deux, l’eau subit une série de traitements poussés et des contrôles très nombreux. Avec près de 240 000 analyses effectuées chaque année sur les eaux bretonnes avant et après potabilisation par les directions départementales des Affaires Sanitaires et Sociales, l'eau du robinet est le produit alimentaire le plus surveillé. Ainsi, les eaux de distribution bretonnes sont d’un niveau de qualité plus élevé que la moyenne française sur les principaux paramètres (microbiologie, nitrates, pesticides), même si des dysfonctionnements ponctuels peuvent se produire et occasionner des dépassements des limites réglementaires, de courte durée et sans conséquence sur la santé publique. D’un autre côté, connaît-on les impacts sur la santé et l’environnement de l’eau embouteillée ? Une étude réalisée par l'Institut français de la nutrition révèle des teneurs en antimoine, une substance toxique, dans les bouteilles de polyéthylène téréphtalate. D’autre part, la fabrication (issue des produits pétroliers et de gaz naturel), l’élimination des bouteilles et leurs transports engendrent de nombreuses pollutions et participent à l’épuisement de nos ressources naturelles non-renouvelables. Alors attention aux idées reçues et aux étiquetages parfois trompeurs !
Depuis quelques semaines, des colorations vertes de l’eau dans les eaux côtières de l’ouest du Finistère ont été signalées à plusieurs reprises par des plaisanciers. D’après le laboratoire de l'Ifremer environnement ressources de Concarneau, qui suit ce phénomène dans le cadre de la surveillance Rephy, ces colorations vertes sont dues à d’importantes concentrations de cellules de Gymnodinium chlorophorum, qui par la pigmentation verte de ses cellules, donne cette couleur à l’eau. Cette espèce de phytoplancton (algues microscopiques qui flottent dans les eaux) n’est pas toxique ; à la différence de certaines espèces couramment observées dans les eaux côtières bretonnes qui entraînent des interdictions de pêche de coquillages et entravent par là même les activités des pêcheurs. Repéré pour la première fois en 1982, la dernière apparition de Gymnodinium chlorophorum datait de 2001 en Bretagne sud entre mi-août et mi-octobre selon les secteurs. Pourquoi cette algue prolifère t-elle spécifiquement à cette époque de l’année ? Pour quelle raison n’était-elle pas réapparue depuis 5 ans ? Gymnodinium chlorophorum se développe toujours en été ou au début de l'automne lorsque les conditions du milieu lui sont favorables : température douce de l’eau, ensoleillement important et brassage particulier de la colonne d’eau. Mais ce n’est pas tout, il lui faut aussi beaucoup de nutriments. Or, les importantes précipitations de ces dernières semaines ont entraîné à la mer des quantités non négligeables de nitrates, plus importantes qu’elles ne l’avaient été durant les sécheresses de ces dernières années. La présence de Gymnodinium chlorophorum dans les eaux finistériennes ne doit donc pas soulever d’inquiétudes outre le fait qu’elle témoigne d’une importante pollution du littoral par les nitrates.
Il y a presque un an, le 11 novembre 2005, 4 000 litres de produits toxiques de l’entreprise Lodi étaient déversés dans le ruisseau des Fossés à Grand-Fougeray en Ille-et-Vilaine, à la suite d’une rupture de vanne. Si les industriels bretons doivent encore améliorer la prévention des pollutions accidentelles de ce type, l’édition 2005-2006 du Panorama de l’environnement industriel en Bretagne montre qu’ils ont réduit nombre de leurs rejets dans les cours d’eau, depuis un an. Obtenues grâce à des travaux ou des optimisations techniques, ces baisses concernent les métaux toxiques (- 14 %), les matières organiques (- 22 %), les matières en suspension (- 28 %) et l’azote (- 28 %). Désormais, ce sont les rejets en phosphore qui sont dans la ligne de mire des inspecteurs des installations classées pour la protection de l’environnement. Depuis que l’ensemble de la région est devenue « zone sensible », des contraintes plus fortes pèsent sur tous les émetteurs d’azote et de phosphore. D’autre part, trop souvent encore, des établissements, notamment agroalimentaires, sont raccordés à des stations d’épuration communales, ce qui contribue à les saturer et à les déséquilibrer. Ces stations sont d’ailleurs inefficaces pour traiter certains polluants. Toutes ces informations sur les rejets industriels dans l’eau sont détaillées dans la douzième édition du Panorama de l’environnement industriel en Bretagne, de même que celles concernant le suivi des rejets dans l’air, la production de déchets et les risques industriels. Une lecture incontournable pour connaître l’impact de l’activité industrielle sur l’environnement en Bretagne et les risques qu’elle génère.
La France est le premier consommateur européen de produits phytosanitaires avec environ 76 000 tonnes de matières actives utilisées en 2004. Ils sont utilisés par les agriculteurs, les collectivités et les jardiniers amateurs pour désherber, lutter contre des maladies ou éradiquer des espèces jugées nuisibles (insectes, rats…). Or, ces produits sont très nocifs, à la fois pour l’environnement et pour la santé humaine, surtout s’ils sont mal employés. Ainsi, les ministres de l’Agriculture, de la Santé et de l’Ecologie ont signé le 12 septembre dernier un arrêté, désormais le texte de référence en ce qui concerne l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, phytosanitaires ou antiparasitaires. Il remplace l’arrêté du 25 février 1975. Cette nouvelle réglementation sur les épandages de pesticides impose de nombreux changements dans les pratiques jusqu’ici employées. Eau et rivières de Bretagne a décrypté pour vous ce texte de loi.
Le Parc marin d’Iroise va enfin voir le jour après seize années de gestation. Un décret, paru le 17 octobre au Journal officiel, fixe les modalités de création des parcs marins. Une enquête publique aura lieu entre le 20 novembre et le 22 décembre dans 24 communes littorales intéressées par la création du parc. Une fois que le commissaire enquêteur aura remis son rapport, un nouveau décret officialisera sa création prévue pour 2007. Le projet de Parc marin d’Iroise s’étend sur environ 3 550 km2 et borde 300 km de côtes finistériennes, de Porspoder au nord à Plouhinec, au sud, à l’exception de la rade de Brest. Il concerne 71 000 habitants vivant dans 34 communes riveraines du parc. Ce dernier sera géré depuis Brest par l’Agence des aires marines protégées, créée tout spécialement pour les parcs marins et les sites maritimes appartenant au réseau écologique européen Natura 2000.
La Commission européenne va financer, grâce au programme Life Nature, la préservation de la biodiversité sur le massif dunaire entre Gâvres et Quiberon dans le Morbihan. Avec 2 500 ha de dunes quasiment continues, il s’agit du plus long ensemble de ce type en Bretagne. Habitat prioritaire d’intérêt européen, ce site du réseau écologique Natura 2000 abrite 1 000 ha de dune « grise ». Cette formation dunaire tire son nom de la couleur grisée que prend la végétation qui la recouvre en séchant. On observe sur ce massif dunaire de nombreuses espèces protégées, parmi lesquelles l’Omphalode du littoral, le Liparis de Loesel, l’Oseille des rochers, l’Oedicnème criard et l’Aigrette garzette. C’est le syndicat mixte Grand Site dunaire de Gâvres-Quiberon qui va recevoir 773 144 euros de l’Europe sur la période 2006-2011. Le programme Life Nature prévoit de conserver la biodiversité sur le massif dunaire, en particulier sur la dune « grise » et dans les marais littoraux. Cela se fera notamment en renforçant la présence humaine sur le site, en protégeant les plantes menacées et en luttant contre des espèces invasives telles que le Baccharis. Il est également prévu de diffuser les résultats de la gestion du site et de sensibiliser le public sur la protection de ces milieux fragiles. Au financement Life Nature s’ajoutent les participations financières de la direction régionale de l’environnement en Bretagne, du conseil régional de Bretagne, du conseil général du Morbihan, du Conservatoire national botanique de Brest, de la Fondation Total pour la Biodiversité et la mer et du syndicat mixte Gâvres-Quiberon.