Bien que réputée pour son climat plutôt humide, la Bretagne connaît des sécheresses récurrentes. On observe depuis le début du XXe siècle que les étés secs reviennent pratiquement tous les 10 ans. Même si en ce moment l’eau ne manque pas, le Préfet d’Ille-et-Vilaine a émis le 8 janvier dernier un arrêté cadre sécheresse. Celui-ci « délimite les zones d’alerte où sont définies les mesures de limitation ou de suspension des prélèvements d’eau du 1er mai au 31 octobre dans le département, pour faire face à une menace ou aux conséquences d’une sécheresse ou à un risque de pénurie ». Ainsi, le département d’Ille-et-Vilaine est découpé en 352 grandes zones hydrographiques dans chacune desquelles est organisée la gestion de la ressource en eau. Trois seuils (vigilance, seuil 1, seuil 2), fondés sur le débit des principaux cours d’eau, sont définis pour chacune de ces zones. Quand le niveau de vigilance est atteint, les différents services compétents de l’Etat se réunissent et le public est informé. Si le seuil 1 est franchi, plusieurs mesures de restriction doivent être mises en pratique. Notamment, l’interdiction de laver voitures, façades, toitures, voiries…, de remplir piscines et plans d’eau ou encore d’arroser les pelouses, massifs floraux, terrains de sport (publics ou privés) entre 8 heure et 20 heure. En cas de franchissement du seuil 2, des mesures supplémentaires s’appliquent telles que l’interdiction de prélever de l’eau dans le milieu naturel sauf pour l’eau potable ou d’arroser pelouses et terrains de sport. L’arrosage du jardin est interdit entre 8 heure et 20 heure.
Les balanes, tout le monde ou presque en a vu sur les côtes bretonnes sans pour autant connaître leur nom. Ce sont ces toutes petites coquilles grisâtres - qui cachent des crustacés - agglutinées en colonies et s’incrustant sur les rochers. Bien loin des mers chaudes, ces animaux produiraient néanmoins autant de calcaire que les coraux tropicaux, d’après des chercheurs de la station biologique de Roscoff[1]. Mais pourquoi n’y a-t-il pas de récif de balanes ? Parce qu’à la différence des coraux, les balanes et autres espèces calcifiantes de nos côtes ne s’accumulent pas une fois morts. Battues par les vagues, leurs coquilles se fragmentent et rejoignent les sédiments sableux. On sait désormais que la survie des coraux tropicaux est menacée par le réchauffement climatique et l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère. Qu’en est-il pour les espèces calcifiantes de nos côtes ?
[1] Gollety C., Gentil F. & D. Davoult, 2008. Calcification and CO2 fluxes in the cirripeds Chthamalus montagui and Elminius modestus. Oecologia, 155: 133-142.
Depuis fin mars, un nouveau site Internet décrit les principales espèces invasives qui menacent la flore et la faune en Bretagne. Certaines comme le ragondin sont plutôt bien connues du grand public alors que d’autres comme la crassule de Helm ne l’étaient à ce jour que des spécialistes. Pourtant, il est crucial de partager largement les informations sur ce sujet ; les invasions biologiques ont des effets sur la biodiversité mais aussi sur la pêche, l’agriculture, la navigation et même la santé. Quand on sait que bon nombre de plantes invasives ornent nos jardins, on s’aperçoit que tout un chacun peut participer sans le savoir à leur dissémination dans les milieux naturels. Ce site propose donc une cinquantaine de fiches sur des plantes, des mammifères, des oiseaux, des amphibiens, des poissons et des crustacés. Elles détaillent leur régime alimentaire, leur mode de reproduction, leur habitat, les mécanismes d’invasion et les mesures de gestion expérimentées ou en vigueur les concernant en Bretagne. Le projet, initié par l’Institut national de recherche agronomique et le Groupement d’intérêt public Bretagne environnement, a été financé par le Conseil régional de Bretagne et suivi dans le cadre des missions du conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) de Bretagne. Plusieurs experts régionaux ont collaboré à son contenu au Conservatoire botanique national de Brest, à l’Agrocampus de Rennes et au Conseil général d’Ille-et-Vilaine. Comme les recherches dans ce domaine évoluent en permanence, ce site Internet sera actualisé régulièrement pour rester au plus près des réalités de terrain.
L’université virtuelle Environnement et développement durable (Uved) publie son premier ouvrage numérique « Introduction à l’environnement et au développement durable ». Près de 80 spécialistes dont de nombreux experts Bretons[1] ont participé à la rédaction de ce concentré de connaissances. Accessible gratuitement sur Internet, il s’adresse aux étudiants et plus largement à un public averti. C’est aussi une mine d’informations pour les enseignants du primaire et du secondaire. L’ouvrage s’organise autour de quatre thèmes principaux : les changements globaux, la dynamique des ressources naturelles, l’analyse et la gestion des risques et enfin les institutions, acteurs, sociétés et territoires.
[1] Agrocampus Rennes, Universités de Bretagne occidentale, de Rennes 1 et de Rennes 2
Sur les six derniers projets labellisés par le pôle Mer Bretagne, quatre sont liés à l’environnement. Financés par l’agence nationale de la Recherche, ils viennent s’ajouter aux 33 déjà soutenus par le pôle Mer Bretagne. Ils se voient ainsi assurés d’une aide complémentaire destinée à soutenir les partenariats de R&D avec les entreprises, notamment les PME, ou à préparer la valorisation de ces recherches. Le projet « Convenav » souhaite réduire l’impact environnemental des navires dès leur conception et en intégrant leur cycle de vie. « Amphore » s’interroge sur le rôle des aires marines protégées dans la gestion de l’activité de pêche. « Hexeco » permettra de mieux prévoir l’impact sur le littoral des modifications de la mer engendrées par des cyclones et de fortes tempêtes. « Sedigest » cherche à gérer durablement les sédiments des ports, notamment en évaluant la possibilité de les utiliser, une fois traités, pour remblayer et réhabiliter les carrières.
Vous avez jusqu’au 18 avril pour proposer un projet « Sensibilisation et éducation à l’environnement en Bretagne » au conseil régional de Bretagne. Trois types d’initiatives pourront bénéficier d’une aide dans le cadre de cette opération : celles favorisant la compréhension et l’appropriation du concept de développement durable, celles développant l’éducation environnementale des publics encore marginalement concernés ou bien celles menées en partenariat avec les lycées bretons. Le réseau d'Education à l'Environnement de Bretagne se joindra au conseil régional de Bretagne pour examiner les candidatures. La décision finale sera rendue en juillet 2008.