3,74 €/m3 : c’est en moyenne le prix que payent les Bretons pour l’eau du robinet. Ce prix intègre le service d’alimentation en eau potable (1,49 €), le service d’assainissement collectif (1,26 €), les redevances prélèvement et pollution et les taxes. En 2006, la Bretagne reste donc encore la région où le prix de l’eau est le plus élevé, avec un prix supérieur de 17 % au prix moyen observé dans le bassin Loire-Bretagne comme le révèle la dernière enquête sur le prix de l’eau réalisée par l’observatoire du prix de l’eau et de l’assainissement du bassin Loire-Bretagne. Le niveau de prix s’explique principalement par la rareté et la qualité de la ressource. L’eau est puisée à 80 % dans les eaux de surface, plus exposées aux étiages et aux pollutions que les eaux souterraines. Pour potabiliser l’eau, des investissements coûteux en systèmes de prélèvement et de traitement sophistiqués sont donc nécessaires. D’autre part, on peut citer la présence prépondérante d’un assainissement collectif, premier facteur de variation du prix de l’eau d’une commune à l’autre. En Bretagne, 80 % des communes en disposent, contre 70 % dans le reste du bassin Loire-Bretagne. Enfin, l’eau coûte plus cher dans les communes littorales qui accueillent une forte population lors des pics touristiques. Les usines de potabilisation et d’assainissement doivent permettre de faire face aux besoins maximaux en prélèvement et en assainissement.
Un nouveau dicton pourrait bien voir le jour : « Nuages sur la côte, stress chez les grandes algues brunes ». C’est en tout cas ce que révèlent les derniers résultats d’une étude internationale[1] à laquelle a participé Philippe Potin, chercheur au laboratoire « Végétaux marins et biomolécules » de la station biologique de Roscoff[2]. Quand les grandes algues brunes laminaires et ascophyllum sont stressées, soit parce qu’elles sont attaquées par des pathogènes, soit parce qu’elles se retrouvent émergées et donc exposées à la déshydratation à marée basse, elles libèrent de l’iodure. Celui-ci se comporte comme un agent antioxydant et protège ces grandes algues brunes des dommages cellulaires en se transformant en iode gazeux. Dans l'air, l'iode gazeux réagit avec l'ozone pour former des particules iodées qui condensent la vapeur d'eau et participe à la formation de nuages. Quel est l’impact du phénomène sur le climat côtier ? Des scientifiques britanniques en partenariat avec la Station biologique de Roscoff se sont lancés dans des modélisations pour trouver la réponse. Rendez-vous fin 2008 pour les premiers résultats !
[1] Frithjof C. Küpper, Lucy J. Carpenter, Gordon B. McFiggans, Carl J. Palmer, Tim J. Waite, Eva-Maria Boneberg, Sonja Woitsch, Markus Weiller, Rafael Abela, Daniel Grolimund, Philippe Potin, Alison Butler, George W. Luther III, Peter M. H. Kroneck, Wolfram Meyer-Klaucke, and Martin C. Feiters Iodide accumulation provides kelp with an inorganic antioxidant impacting atmospheric chemistry PNAS Mai 5, 2008, 10.1073/pnas.0709959105 (Environmental Sciences-Social Sciences) [2] CNRS/Université Paris 6
Comment l’eau circule sur la terre ? Comment rendre l’eau potable ? Comment faire des économies d’eau ? Voici quelques unes des problématiques auxquelles l’exposition « L’eau des loustics » propose de sensibiliser les enfants et pré-ados. Cette exposition interactive propose un regard ludique et citoyen du cycle de l’eau domestique. Conçue par l’association Les petits débrouillards Bretagne, associée à l’Agence de l’eau, elle a pour objectif d’apprendre à préserver la qualité de l’eau, à sauvegarder cette ressource naturelle, dans une perspective de développement durable. Composée de 9 modules d’expérimentation, cette exposition peut être animée pendant 2 heures. Chaque module est structurée en 4 rubriques et propose d’aborder les thématiques suivantes :
- la découverte du cycle naturel de l’eau ;
- l’eau, sa composition, ses propriétés, son origine ;
- l’utilisation de l’eau par l’homme : cycle de l’eau domestique, eau source d’énergie, économie d’eau ;
- les usages de l’eau (de sa propre consommation aux besoins des agriculteurs et entreprises), son parcours, sa gestion…
- la qualité de l’eau (éléments de mesures, faune et flore…). Destinée aux enfants du CM1 au début collège, l’exposition peut être sollicitée par les collectivités, les syndicats mixtes, les établissement scolaires ou encore les structures culturelles.
Le campus numérique en environnement et aménagement (Envam) vient de publier son nouveau programme de formations à distance. Depuis 2005, environ 100 professionnels ont suivi chaque année les cours de l’Envam. Ceux-ci sont élaborés par des enseignants-chercheurs issus de huit établissements d'enseignement supérieur dont cinq[1] sont régionaux, en collaboration avec des experts professionnels bretons. Parmi les sujets qui ont le plus de succès ces derniers temps, on trouve « Conduite de la concertation » et « Système d’information géographique ». Pour l’année scolaire 2008-2009, l’Envam propose notamment deux nouveautés en phase avec l’actualité : « Energies renouvelables et non renouvelables » et « Gestion des déchets ». Au total, ce sont plus de 40 modules de 20 heures, réparties sur 10 semaines, qui s’adressent à un public très varié. S’y mêlent aussi bien des responsables scientifiques, que des permanents de structures professionnelles ou de développement économique, ou encore des ingénieurs et techniciens de bureaux d’étude. L’Envam leur propose des parcours qualifiants et facilite l’accès aux diplômes de niveau master. Rendez-vous le 20 octobre 2008 et le 23 mars 2009 pour les prochaines sessions.
[1] Université de Rennes 1 (établissement porteur du campus), Université de Rennes 2, Université de Bretagne Occidentale, Ecole nationale supérieure de chimie de Rennes, Agrocampus Rennes
Les Bretons vivront-ils bientôt dans des bâtiments basse consommation ? Le programme de recherche et d’expérimentation dans le bâtiment (Prebat) devrait y contribuer. Il a pour finalités de réduire d’un facteur quatre à l’horizon 2050 les émissions de gaz à effet de serre dans ce secteur. L’enjeu est fort en Bretagne où le bâtiment totalise 48 % de l’énergie finale consommée. C’est également le deuxième secteur (+ 11 %) en plus forte croissance d’émission de CO2 après le transport (+ 18 %) par rapport à 1990. Pour préparer 2050, place à l’expérimentation ! En Bretagne, le conseil régional et les conseils généraux des quatre départements ainsi que l’agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) s’allient pour aider des projets régionaux. Les objectifs pour 2008 sont d’économiser 3,7 GWh et d’éviter près de 1 300 tonnes de CO2. Tous les types de maîtres d’ouvrages publics et privés à l’exception des particuliers sont concernés. Les projets retenus valoriseront la construction ou la rénovation de logements collectifs ou individuels groupés ou encore de bâtiments tertiaires de toute nature. La clôture du dépôt des dossiers aura lieu le 31 juillet 2008.