Le vieillissement des haies et l'utilisation d'herbicides sont les nouvelles menaces qui planent sur le bocage breton.
Le changement des pratiques agricoles de l'après-guerre a bouleversé le paysage bocager en Bretagne. Entre les années 1960 et 1990, le remembrement des parcelles et l'arasement des haies étaient subventionnés afin de faciliter l'accès aux engins agricoles devenus plus encombrants. Encore aujourd'hui, la Politique agricole commune, en déduisant les haies trop larges et les îlots d'arbres du calcul de prime agricole, n'incite pas au maintien du bocage dans les zones cultivées.
Pourtant, ce n'est plus l'arasement subventionné qui menace le bocage breton, mais plutôt un manque d'entretien des haies. Après 20 ans d'arrachage, nombreux sont les propriétaires qui n'ont plus de temps à consacrer à leurs haies ou ne savent plus comment entretenir les essences bocagères. C'est ainsi que les ragosses disparaissent peu à peu du paysage d'Ille-et-Vilaine parce qu'elles ne sont pas remplacées. Résultat, l'état sanitaire des haies bocagères est en déclin. Celles qui subsistent vieillissent et auront disparu d'ici 50 ans, faute de renouvellement.
Traitement chimique
L'utilisation, en milieu rural, d'herbicides débroussaillants est une autre forme de pression sur le bocage. Pour gagner du temps, de nombreuses collectivités préfèrent un désherbage chimique à une solution mécanique, provoquant ainsi des catastrophes écologiques et agronomiques. De nombreuses espèces végétales et animales meurent, celles qui survivent sont rendues plus résistantes et en particulier, les ravageurs de cultures et les mauvaises herbes migrent vers les parcelles cultivées. Certains produits toxiques comme le glyphosate sont emportés par les eaux de ruissellement et sont détectés dans les cours d'eau bretons.