A la fin du XXe siècle, a émergé une sensibilité paysagère en opposition avec le recul du bocage, lié au développement d'une agriculture productiviste entre 1960 et 1970. Le bocage s'est en grande partie détaché de ses liens initiaux avec l'agriculture pour basculer dans le domaine du patrimoine culturel. L'étude de ses fonctions environnementales et de nombreuses politiques publiques de plantation se sont mises en place à partir des années 1970. Aujourd'hui, cette réhabilitation du bocage allie plantation, entretien de haies ou de talus plus ou moins anciens, et reconstruction de haies, de talus et de bosquets dégradés, mais aussi valorisation du patrimoine arboré. Un néo-bocage émerge de ces différentes actions, réalisées de plus en plus dans une démarche globale d'aménagement du territoire.
Le bocage, tout comme la forêt en Bretagne, se situe essentiellement sur des propriétés privées. C'est pourquoi sa réhabilitation ne peut se faire qu'à l'initiative de propriétaires volontaires. Des propriétaires dont les demandes ne font que croître depuis les années 1970, période où les premières politiques de plantation et de restauration de haies et de talus sont nées. Les agriculteurs restent les plus nombreux (plus des deux tiers) à solliciter des actions pour la reconstitution du bocage ; ce sont souvent des opérations de plein champ ou entre les propriétés. Viennent ensuite les collectivités : elles sont plutôt aidées pour planter ou entretenir les haies le long des routes ou des cours d'eau. Enfin, de plus en plus de ruraux non agriculteurs souhaitent aussi être accompagnés.
Chaque département possède ses spécificités paysagères et territoriales qui l'amène à s'adapter et à proposer des procédures différentes pour agir sur le bocage.
Dans les Côtes d'Armor, le soutien au paysage bocager est assuré en régie par le Conseil général, grâce notamment, à un programme de reconstitution. Ce programme, relayé par des communes ou communautés de communes, prévoit l'achat de végétaux bocagers et la création de talus. Il est utilisé à 80 % par des agriculteurs et, pour la part restante, par des ruraux non agriculteurs.
En Ille-et-Vilaine, le Conseil général propose des plantations pour des demandes groupées, au minimum à l'échelle d'une commune. Plants et paillage sont fournis gratuitement. L'assistance technique auprès des planteurs est soit assurée par le Conseil général lui-même, soit par ses partenaires techniques : la Chambre départementale d'agriculture et la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt d'Ille-et-Vilaine. La demande des ruraux non agriculteurs est croissante et s'explique par le fort développement péri-urbain de ce département. Plus que des programmes de restauration du bocage, c'est un néo-bocage qui apparaît progressivement.
Dans le Finistère et le Morbihan, les demandes des propriétaires sont également relayées par leur commune ou leur communauté de commune. Celles-ci soumettent un projet de plantation de haie ou de construction de talus à la Chambre d'agriculture du département qui joue le rôle d'accompagnateur et de conseiller pour aider les propriétaires à suivre le cahier des charges établi par le Conseil général concerné. Particularité morbihannaise, le soutien au bocage s'est développé, depuis 1994, grâce aux Groupes de vulgarisation agricole qui s'appuient sur le programme « Harmonie ». Aujourd'hui, 92 communes ont réalisé leur étude d'aménagement bocager et lancé plusieurs campagnes de plantation sous l'égide de la Chambre d'agriculture départementale et des Groupes de vulgarisation agricole (groupes d'agriculteurs qui coordonnent des actions cohérentes à l'échelle cantonale en relation avec un animateur de la Chambre d'agriculture). Les trois-quarts des surfaces bocagères morbihannaises sont classées en zones prioritaires européennes remarquables. Dans le Finistère, l'accent de la restauration du bocage est mis sur les opérations groupées de plein champ, et notamment, sur la construction et la rénovation de talus.