logo|Les massifs forestiers en BretagneGrâce aux études de pollens fossiles conservés dans les tourbières, on sait aujourd'hui que la forêt occupait la quasi totalité de la Bretagne, il y a quelques 5 000 ans, avant l'intervention de l'homme. Si dès 2 000 ans avant J.-C., les populations se déplacent vers l’intérieur de la région, il faut attendre 400 ans avant J.-C., à la faveur d'un important essor démographique, pour que les défrichements prennent une grande ampleur. Ces déboisements, liés au développement de l'agriculture, se sont ensuite poursuivis activement, et au Xe siècle, le milieu armoricain présentait déjà un caractère nettement agraire au détriment du manteau forestier.
Aujourd’hui, la Bretagne est moins boisée que le reste de la France ; seulement 12 % de son territoire est couvert de massifs forestiers, soit 316 103 hectares [1] de bois, forêts et peupleraies. La moyenne nationale se situe autour de 27,8 %. Pourtant, la surface boisée a augmenté de 23 % dans la région entre 1982 et 2000, ceci grâce à la plantation et à la colonisation naturelle de terrains délaissés par l'agriculture. C’est le Morbihan qui a le plus fort taux de boisement (14,7 %), suivi par les Côtes d’Armor (12,6 %), le Finistère (9,5 %) et enfin l’Ille-et-Vilaine (9,2 %). Autre singularité de la forêt dans la région : 90 % de la surface est privée - contre près de 70 % au niveau national, le reste appartenant à l'état (forêts domaniales) ou aux collectivités (départements, communes).
Les forêts privéesLa forêt bretonne présente deux handicaps : elle est fragmentée et morcelée. Il y a peu de grands massifs puisqu’ils ne sont qu’une dizaine, comme les forêts de Paimpont, de Rennes, de Lanouée, de la Hardouinais, de Lorge ou encore de Quénécan, à dépasser 2 000 ha. Avec 124 000 propriétaires privés, la structure foncière est éclatée. Les propriétés de plus de 100 ha couvrent moins du quart de la surface totale. Inversement, celles de moins de 1 ha sont très nombreuses bien qu’elles ne représentent que 13 % du total boisé.
Loin d’être surexploitée, la forêt bretonne, à l’instar des autres régions françaises, est dans une phase de capitalisation du bois sur pied. Ceci s’explique par un choix sylvicole fréquent depuis la seconde moitié du XXe siècle qui consiste à traiter des peuplements d’arbres en futaie régulière soit lors de plantations, soit lors de conversions d’anciens taillis. A cela s’ajoutent les tempêtes de 1987 et de 1999 qui ont également « rajeuni » les parcelles sinistrées. Ce bois ne pourra être récolté qu’en fin de cycle, lorsque les arbres auront atteint des volumes suffisants et qu’ils seront parvenus à maturité.