Dans les années 1970, afin de remédier à sa raréfaction en France, une réintroduction de castors a été effectuée en Bretagne, dans la haute vallée de l'Elez (Finistère). Aujourd'hui, ces mamifères semi-aquatiques occupent quasiment le même secteur, la topographie du site limitant fortement leur expansion géographique.
Chassé pour ses glandes à castoréum, sa fourrure et sa chair, le castor a commencé à régresser dès le XIIe siècle en Europe. Le castoréum est une substance odorante qui était recherchée pour ses vertus médicinales et qui est aujourd'hui encore, utilisée en parfumerie. Au début du siècle en France, le castor ne subsistait plus que dans la basse vallée du Rhône. Pour éviter sa disparition, de nombreuses opérations de réintroduction ont été réalisées. En Bretagne, la Société pour l'étude et la protection de la nature en Bretagne (Bretagne vivante), associée au Parc naturel régional d'Armorique lors de sa création, a lâché 10 individus (un couple ainsi que 8 jeunes mâles et femelles) d'avril 1968 à mai 1971, dans la haute vallée de l'Elez (Finistère). En 1971, on dénombrait trois groupes familiaux, six en 1973 et huit à onze en 1985. Actuellement, on estime à une cinquantaine le nombre de ces rongeurs, répartis en une dizaine de familles. Leur expansion est limitée par la topographie du site, c'est pourquoi les castors occupent un espace à peine plus étendu que lors de leur réintroduction. En effet, la vallée du Haut-Elez est une cuvette que les castors ne peuvent quitter pour coloniser la partie aval de l'Aulne sans franchir un barrage artificiel et un chaos granitique naturel de plus de un kilomètre de long ! Seuls quelques uns ont réussi cet exploit, mais ils n'ont apparemment pas à ce jour, fondé de famille.