Erosion du solLa plupart des sols bretons sont limoneux, c’est-à-dire constitués surtout de particules d’une taille comprise entre 2 et 50 µm. L’explication est double : d’une part, de nombreuses roches de la péninsule s’altèrent naturellement pour donner des particules de la taille des limons ; d’autre part, des surfaces importantes de la région sont recouvertes d’une couche de limons éoliens. Ces dépôts de particules fines datent de la dernière glaciation, soit environ 20 000 ans, et proviennent des fonds de la Manche découverts lors d’un recul de la mer.
L’aération du sol qui dépend de la porosité est un élément déterminant pour les plantes. Car si elles utilisent le sol comme source d'éléments nutritifs, elles ont aussi besoin de l'eau et surtout de l'oxygène qu’il contient. Compactage de surface, couches indurées, etc. sont autant de dégradations de la structure du sol qui entravent le bon développement des plantes.
La structure et la texture d'un sol
Argiles, limons et sablesLa structure du sol dépend de l'assemblage des particules minérales et organiques en agrégats qui, eux-mêmes, forment
des mottes. Ce sont les microorganismes, la petite faune, les filaments de champignons et les racines, qui en déplaçant et organisant les particules minérales et organiques échafaudent la structure du sol.
Il existe trois types de particules minérales classées selon leur taille (plus exactement, selon le diamètre des particules, supposées sphériques par les scientifiques) :
- les argiles sont les plus petits grains et mesurent moins de 0,002 millimètres (mm),
- les limons sont les grains de taille moyenne,
- les sables sont les plus gros grains et font plus de 0,5 mm.
A titre de comparaison, il existe la même différence de taille entre les argiles, les limons et les sables qu'entre une pièce de monnaie, une assiette et un tonneau.
La matière organique sert de « liant » entre les particules minérales. Chaque sol possède des proportions d'argiles, de limons et de sables qui lui sont propres et permettent de les regrouper en "familles" (appelées classes) : c'est la texture d'un sol. Cette dernière donne des informations sur les caractéristiques importantes d'un sol comme sa richesse chimique, sa résistance physique, etc.
Battance et compactage : quand les limons s’alignent
Les effets de la compactionLes sols limoneux sont sensibles au tassement. Sous l'impact des gouttes de pluie, les limons s'agglomèrent pour former une croûte superficielle imperméable : c’est ce qu’on appelle la battance. L'eau ne peut alors quasiment plus s’infiltrer et les particules limoneuses sont emportées en glissant sur la surface rendue imperméable. Outre la pollution physique qu’elles génèrent en arrivant dans les cours d’eau, elles peuvent entraîner avec elles des fertilisants ou des produits phytosanitaires susceptibles de contaminer les eaux superficielles. Ce phénomène s'accentue en hiver si les sols agricoles sont laissés nus après la récolte.
La porosité peut également être détruite par compactage après le passage d'engins lourds ou d'animaux. Il affecte, en particulier, la base du labour en formant une « semelle de labour ». Si des labours successifs sont pratiqués à la même profondeur, la perméabilité et l'aération se réduisent au niveau de ces semelles qui deviennent un obstacle pour les racines. L'agglomération des limons et le colmatage des pores empêchent, l'air, et par conséquent l'oxygène, de circuler librement. Le milieu devient asphyxiant. Ce niveau fortement compacté réduit la profondeur utile du sol ; en outre, le danger d'érosion en surface s'accroît considérablement.
Une teneur suffisante en matière organique dans un sol limoneux atténue les risques de battance, de semelle de labour ou de compaction. C’est un facteur clef pour préserver à long terme la qualité physique des sols bretons. En particulier dans les zones où les teneurs en matière organique sont aujourd'hui les plus faibles. Néanmoins, la richesse en matière organique n'est pas suffisante pour assurer une bonne porosité dans le sol. Il faut aussi mettre en œuvre des pratiques agricoles adéquates en évitant par exemple les pressions trop importantes au sol et en travaillant dans de bonnes conditions d'humidité. En outre, le maintien d'une couverture végétale, y compris lors de la période hivernale, prévient le ruissellement et l'érosion ; elle favorise au contraire l'infiltration diffuse de l'eau de pluie.