Dans la zone de contact plage-dune, fréquemment atteinte par l'eau salée, se développent le cakilier, la soude et l'arroche, appartenant à la flore halonitrophile (qui aime l'eau salée et exigeante en azote fourni par les dépôts d'algues en décomposition).
Dune
Implanté en hauteur de la dune vive pour éviter l'eau salée, des peuplements denses d'oyats, piégent le sable grâce à un système racinaire souterrain dense. En pied de dune, on trouve plutôt l'
Agropyrum junceum côtoyant le liseron des dunes.
Sur la dune fixée, s'étalent une zone à fétuques puis des pelouses rases à koelerie d'une très grande richesse floristique. Elles peuvent évoluer vers des pelouses hautes si la hauteur en carbonates est élevée ; on y trouve alors des plantes calcicoles. Au contraire, si la décalcification par l'eau de pluie est poussée, des espèces de pelouses siliceuses prennent le relais.
Dans l'arrière dune où l'influence marine est plus faible, des arbustes s'installent et forment des fourrés de troènes et de prunelliers. Des dépressions humides d'eau douce ou saumâtre se créent parfois, formant ainsi des
marais littoraux.
En Bretagne, ce profil classique de la dune ne s'observe pas systématiquement. En effet, les pressions subies par ces milieux dégradent et font disparaître certaines parties.
Les dunes abritent 20 % de la flore menacée du Massif Armoricain. C'est dire leur inestimable intérêt floristique. Et pourtant, les conditions de vie y sont hostiles, notamment à cause des embruns mais aussi du sable : substrat pauvre, sec, salé et mobile. Pour la plupart, la végétation qu'on y trouve n'existe nulle part ailleurs en Bretagne. C'est le cas de certaines plantes calcicoles par exemple qu'on ne peut trouver à l'intérieur des terres du fait de l'absence de substrat calcaire. Certaines espèces atteignent également leur limite de répartition géographique : limite nord pour les espèces thermophiles méditerranéennes, comme l'omphalode du littoral, limite sud pour les espèces nordiques.
Grande Nébrie des sablesCertains insectes ne s'observent également que sur les dunes, c'est le cas d'insectes vivant sur les oyats par exemple. La
Grande Nébrie des sables, quant à elle, est un grand
carabique qui vit au rythme des marées. Elle a élu domicile entre le sable du niveau des basses mers et le pied des dunes ou le bourrelet des laisses de haute mer (mélange de varech et algues laissée par la marée). D'autres animaux ne s'installent que temporairement, en particulier les oiseaux qui y trouvent des lieux de nidification ou d'hivernage. Les dépressions humides liées aux dunes jouent alors un grand rôle pour de nombreux oiseaux et batraciens.
Bien que l'intérêt biologique de l'estran sableux, soumis au déferlement incessant des vagues, semble à première vue plus réduit, la faune n'y est pourtant pas absente. Enfouie dans le sable en fonction de la granulométrie des sédiments, elle s'est spécialisée pour survivre. Il s'agit essentiellement de vers (polychètes) et de lamellibranches (mollusques) pour la plupart microphages ou détritivores. Quelques crustacés (crevettes grises, crabes), des poissons, dont la redoutable petite vive suivent, quant à eux, le rythme des marées en surface.
Enfin, le talitre encore appelé « puce de mer » exploite les laisses de mer mais ne supporte pas l'immersion. On l'observe donc au sommet de la plage à l'abri les marées hautes.