La Manche et l'Iroise
Le long des côtes de la Manche, la zone prélittorale est occupée par des dépôts résiduels grossiers(cailloutis et graviers) où pointent localement des ensembles rocheux la vitesse des courants de marée y dépasse souvent trois nœuds. C'est le cas des abords d'Ouessant et des côtes du Trégor.
Péninsule bretonne (vue en coupe) Vers l'est et la côte, les vitesses s'amenuisent et les sédiments de plus en plus fins apparaissent, notamment en baie de Saint-Brieuc et du Mont Saint-Michel. Ce sont des sables grossiers, puis des sables fins qui peuvent s'envaser légèrement au contact des estuaires. L'amplitude de marée, qui atteint 7 mètres en
vives-eaux moyennes à l'entrée de la Manche, ne fait que croître vers le sud-est, et atteint son maximum avec 11,5 mètres en baie du Mont-Saint-Michel. Sur les graviers et cailloutis, deux types d'habitats sédimentaires particuliers apparaissent localement : d'une part, les bancs de maërl en baie de Saint-Brieuc, ou de Morlaix, d'autre part les dunes construites à partir du sable moyen. Ce sont les vastes « Trezen », dominant les graviers de 15 mètres de hauteur, au large de Roscoff par exemple.
Les côtes sud : le Golfe de Gascogne
Au sud de la Bretagne les courants de marée sont beaucoup plus faibles avec des vitesses maximales variant entre 0,8 et 1,5 nœud. Ces courants sont rotatifs, contrairement aux courants alternatifs de la Manche, et l'amplitude de marée est de l'ordre de 4 à 5 mètres en vives-eaux moyennes. Au large du pays bigouden, la zone prélittorale domine de 80 mètres l'immense domaine de la « Grande Vasière » qui occupe la partie centrale du plateau continental entre 90 et 110 mètres, de la baie d'Audierne au large de la Gironde.
La zone prélittorale comprend une échine rocheuse qui porte les îles de Glénan, Groix, Houat, Hoëdic, Belle-Ile et la presqu'île de Quiberon. Entre la côte et cette ride prélittorale, sont enfermées des vasières alimentées par les apports continentaux, et parfois en liaison avec la « Grande Vasière » par les trajets des rivières creusés jadis dans cette ride (thalwegs). Les vasières de la baie de Concarneau et de la baie de la Vilaine dominent l'ensemble de cette dépression prélittorale. C'est pourquoi les sables fins très développés le long des côtes plates de l'Iroise, comme en baie de Douarnenez ou en baie d'Audierne, sont très faiblement représentés sur la côte sud à l'exception du tombolo de Quiberon et de celui du Croisic.