voir la carte de répartition du goéland argenté en bretagneLe Goéland argenté est largement présent en Europe de l'ouest, la France constituant la limite méridionale de son aire de reproduction ; on le trouve également en Amérique du nord. La population européenne est de l'ordre de 750 000 couples à la fin des années 1990 et, avec 78 530 couples, la France occupe le troisième rang au niveau européen, après la Norvège et le Royaume-Uni. Un net déclin général de l'espèce a été enregistré en Europe à la fin du XXe siècle.
La croissance des effectifs français s'est progressivement ralentie durant les années 1960-1980, et la population a culminé à 88 110 couples en 1987-1989, dont 60 280 en Bretagne. Sur la période récente, seule la région Bretagne enregistre une diminution des effectifs (-3 % par an) et ailleurs sur le littoral français la situation est plutôt stable ou à l'augmentation. Avec 45 000 couples, la population bretonne est revenue à un niveau proche de celui de 1978 (46 000 couples). Ce retournement de situation, noté dans de nombreux pays depuis les années 1970-1980, résulte probablement de divers facteurs dont la fermeture des décharges d'ordures, les maladies comme le botulisme et la compétition interspécifique avec le Goéland marin ou le Goéland brun.
Le Goéland argenté demeure encore l'oiseau marin le plus fréquent et le plus abondant sur le littoral breton mais le déclin actuel pourrait faire changer cette situation dans les décennies à venir.
L'expansion du Goéland argenté au cours des dernières décennies s'est accompagnée d'une saturation progressive des sites naturels et de la colonisation de nouveaux milieux, dont les milieux urbains. En France, c'est probablement entre 1965 et 1970 que les premiers Goélands argentés s'installent en ville, sur les toits du Tréport (Seine-Maritime). Des cas similaires sont ensuite observés dans les années 1970 en Bretagne, à Saint-Malo, Morlaix et Saint-Brieuc. Depuis lors, le phénomène s'est largement généralisé sur le littoral français. Malgré les mises en garde répétées des ornithologues et scientifiques dès les années 1970, les pouvoirs publics sont restés indifférents à ce phénomène. Il aurait en effet été judicieux de tenter d'enrayer cette progression dès l'implantation des premiers couples.
Aujourd'hui, la Bretagne compte une trentaine de colonies urbaines de Goélands argentés, dont une quinzaine dans le Finistère, sur la soixantaine de villes concernées par ce phénomène en France, sur la façade Manche-Atlantique. Les effectifs de Goélands argentés citadins sont de l'ordre de 10 700 couples en France (14 % de la population nationale), dont 5 300 couples en Bretagne (12 % de la population régionale).