Le premier texte de loi relatif à la protection des cétacés voit le jour en 1970. L'arrêté du 20 octobre concerne les mammifères marins de la famille des delphinidés, à laquelle appartient le grand Dauphin. Le 1er article indique qu'« il est interdit de détruire, de poursuivre ou de capturer, par quelque procédé que ce soit, même sans intention de les tuer, les mammifères marins de la famille des delphinidés (dauphins et marsouins) ». Par la suite, les outils de protection évoluent et prennent une dimension internationale. En 1979, la convention de Berne met en place une liste d'espèces animales et végétales protégées, incluant plusieurs espèces de cétacés en France. Cette convention a pour but d'assurer la conservation de la flore et de la faune sauvages ainsi que de leurs habitats naturels. L'objectif est de conserver des espèces ou des habitats qui nécessitent la coopération de plusieurs Etats. Il faudra dix ans à la France pour ratifier cette convention. En 1992, l'Europe met en place un nouveau traité : la directive Habitats, qui renforce notamment le statut de protection de certains mammifères marins. Toutes les espèces de cétacés sont inscrites aux annexes II et IV de cette directive. Le 27 juillet 1995, un arrêté national fixe la liste des mammifères marins protégés en France. Le 1er article interdit « sur tout le territoire national […] et en tout temps, la destruction, la mutilation, la capture ou l'enlèvement intentionnels, et la naturalisation des mammifères marins ». Cet arrêté concerne toutes les espèces de cétacés.
Des habitats qui intègrent une mobilité dans le temps et l'espace
Mais il ne suffit pas de protéger une espèce pour assurer sa pérennité, encore faut-il lui offrir un habitat dans lequel elle va pouvoir se nourrir et se reproduire. Aujourd'hui, de plus en plus, la notion d'espaces protégés se substitue à celle d'espèces protégées. C'est pourquoi, pour améliorer la gestion et la conservation du grand Dauphin en Bretagne, le Laboratoire d'étude des mammifères marins d'Océanopolis cherche à comprendre comment le grand Dauphin utilise son espace. Les chercheurs analysent la répartition des animaux en fonction des caractéristiques de leur habitat, comme la marée ou la topographie sous-marine. Ils en ont déduit des zones d'intérêt majeur qui sont autant de zones d'accueil potentielles du grand Dauphin. Ces zones ne sont plus figées dans le temps et dans l'espace ; elles ont l'avantage de mieux prendre en compte la mobilité des animaux. Actuellement, aucune zone de protection n'existe en Bretagne pour le grand Dauphin.
Dans une perspective d'écotourisme durable, la rencontre avec les dauphins constitue à la fois un atout commercial et un risque environnemental. La réglementation actuelle interdit seulement de poursuivre les mammifères marins, elle n'indique pas quelle conduite adopter en leur présence. Pour limiter les impacts négatifs de l'écotourisme et de la plaisance, le Laboratoire d'étude des mammifères marins va éditer au printemps 2005 un code de bonne conduite détaillant le comportement à suivre en présence de dauphins, mais aussi de phoques ou de baleines. Ce code sera disponible dans toutes les structures portuaires de la Bretagne.