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INONDATIONS/ QUELLES ACTIONS ?
Introduction Le phénomène Les effets Quelles actions ?

La prévention des inondations

Dernière mise à jour le 23 avril 2007
Les risques d’inondations concernent 5 millions de français et près d’une commune sur quatre. Ils représentent la plus forte dépense d’indemnisation des risques naturels. A la suite des crues catastrophiques survenues depuis 1999, une refonte du dispositif de surveillance et d’annonce des crues et une réforme de la politique de prévention des inondations ont été engagées.

Sommaire

De la surveillance à l’alerte

Face au risque d’inondation, l’Etat et les collectivités territoriales ont un rôle de prévention qui se traduit notamment par des actions de prévision et d’information.

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1175698578-vignette-rivieressurveillees.pngservice e prévision des crues vilaine et côtier breton
Les Services de prévision des crues (SPC) sont chargés de surveiller en permanence les niveaux des cours d’eau, de prévoir leur évolution et de diffuser l’information. Ils travaillent en liaison avec Météo-France qui leur fournit les prévisions sur les pluies. Les périmètres de surveillance des SPC correspondent au cours d’eau gérés par l’État, c’est-à-dire aux bassins versants ayant fait l’objet d’un schéma directeur de prévision des crues (SDPC). Aussi, les phénomènes de ruissellement urbain n’entrent pas dans ces périmètres. 22 SPC ont été créés en 2005 pour assurer cette mission de prévision des crues. En Bretagne, le SPC Vilaine et côtiers bretons est un service rattaché à la direction départementale de l’Equipement d’Ille-et-Vilaine. Son périmètre d’intervention concerne tous les cours d’eau importants en Bretagne : la Vilaine, le Blavet, la Laïta, l’Odet, l’Aulne et la rivière de Morlaix. Il fonctionne sur les bases d’un nouveau règlement de surveillance, de prévision et de transmission de l'information sur les crues des bassins de la Vilaine et des fleuves côtiers bretons, approuvé le 4 décembre 2006 par le préfet de région.

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1175696962-vignette-cartevigicrue.pngCrues en Bretagne
Le Service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations (Schapi), basé à Toulouse, assure une mission d’appui technique et organisationnel auprès de tous les SPC de France et une veille hydrométéorologique permanente, 24h/24 sur l’ensemble des cours d’eau, en concentrant l’information de vigilance produite par les SPC sous forme de bulletins d’informations. L’objectif de cette organisation consiste à donner aux autorités publiques (nationale, départementale et communale) un état de la situation et des prévisions pour leur permettre d’anticiper et d’assurer dans les meilleures conditions la préparation et la gestion d’une situation de crise. Il doit également permettre d’informer le plus rapidement et le plus largement possible les populations concernées. D’où, la mise en place en 2006 d’une carte de « vigilance crue » accessible par tous sur Internet (www.vigicrues.ecologie.gouv.fr).

La carte de « vigilance crue » consiste, par analogie avec ce qui est fait dans le cadre de la vigilance météorologique, à fournir des niveau de risque pour les 24 heures à venir à l’aide de 4 couleurs : vert, jaune, orange et rouge, en allant du niveau de risque le plus faible au plus élevé. Cette information est produite deux fois par jour en mode régulier (10 h et 16 h légales), et peut être actualisé en tant que de besoin en cas de modification de la situation hydrologique.

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1175679818-vignette-2007.pngLe dispositif d'alerte et d'information sur les crues
Dès lors qu’au moins un tronçon de cours d’eau n’est pas vert, un bulletin d’information national (produit par le Schapi) et local (produit par le SPC) est émis auprès du Préfet qui avise ensuite les services et organismes de secours et le maire de la commune concernée qui avise enfin la population concernée. Chaque maire est libre des moyens à mettre en œuvre pour alerter sa population et ils sont très diverses : systèmes automatiques d’appel (ex : Infocrues de Quimper), appels téléphoniques, haut parleur, porte à porte, radio, message dans boite aux lettres, etc. Le bulletin d’information renseigne sur la nature, l’intensité, la localisation et la chronologie des phénomènes observés et à venir et de leurs conséquences. Ces informations peuvent comporter des prévisions allant au-delà de 24 h d’échéance.

La politique de prévention des inondations

Afin de réduire durablement le nombre de victimes des inondations et les dommages aux personnes et aux biens, une relance de la politique de prévention des inondations a été engagée en 2002. Cette relance vise à mettre en place un cadre partenarial entre l’Etat et les collectivités territoriales, qui ont, en la matière, des responsabilités complémentaires. Cette politique de prévention s’organise principalement autour des axes suivants :

-  les Programmes d’action et de prévention des inondations (Papi) regroupent un certain nombre de propositions définies en commun par les collectivités et les services de l’État d’un même bassin versant. En Bretagne, deux bassins versants parmi les plus à risque bénéficient d’un Papi pour la période 2003-2008 (Vilaine et Odet). Les propositions se focalisent globalement sur la régulation du débit en amont grâce à la création ou à la restauration des champs d’expansion des crues ; le développement de l’information préventive et le développement de la culture du risque, la réduction de la vulnérabilité des constructions établies en zone inondable (entreprises ou habitations) ou encore le développement de maître d’ouvrage locaux agissant à l’échelle du bassin versant.

-  les plans de prévention des risques (PPR) sont conçus en priorité pour les zones de forts enjeux. Ce sont des documents réglementaires, institués par la loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement (dite "loi Barnier"), qui définissent comment prendre en compte dans l’occupation du sol les différents risques naturels (inondation, séisme, avalanches, incendies de forêt, etc.). Dans les zones les plus dangereuses où, quels que soient les aménagements la sécurité des personnes ne peut être garantie, le PPR interdit les implantations humaines, ce sont les zones rouges. Les zones rurales d’expansion de crues à préserver sont également classées en rouge quelque soit le niveau d’aléa. Dans les zones urbaines où l’aléa est moins fort, le PPR autorise les constructions moyennant certaines précautions ou certains aménagements les rendant moins vulnérables, ce sont les zones bleues. Le PPR s'impose tant à l'Etat qu'aux collectivités et aux particuliers. Après détermination des aléas et des enjeux, la procédure, est conduite par la direction départementale de l’Équipement en concertation étroite avec les collectivités concernées. Avant d'être approuvé par le Préfet et annexé au plan local d'urbanisme (Plu), le projet est soumis à l'avis des communes et à enquête publique. Le PPR contient obligatoirement un rapport de présentation (historique, démarche et objectifs), une cartographie du zonage réglementaire et un règlement.

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1173196485-vignette-avanct-risque-nat.pngplans de prévension des risques naturels
Pour la mise en œuvre des PPR inondation (PPRi), la référence retenue est celle des plus hautes zones connues (PHEC) ou la crue centennale si la PHEC est inférieure (cas le plus fréquent). Environ 190 communes de Bretagne sont concernées par des PPRi, réparties principalement sur les bassins de la Vilaine, du Blavet et des fleuves côtiers finistériens et costarmoricains (Odet, Aulne, Aven, Isole, Rivière de Morlaix, Trieux, Arguenon, etc.).

La recherche

Depuis 2001, de nombreuses études de recherches ont été commanditées afin de répondre aux questions qui permettraient de faire le jour sur les phénomènes d’inondations dont la Bretagne à été le théâtre dramatique à plusieurs reprises et de trouver des solutions permettant d’être moins vulnérable si de tels événements venaient à se reproduire.

Suite aux terribles inondations qui ont touché une grande partie du territoire breton en décembre 2000 et janvier 2001, le Gouvernement a missionné un groupe d’experts bretons avec pour objectif de faire une analyse complète des phénomènes en identifiant les facteurs ayant pu contribuer à aggraver l’ampleur des inondations et leurs conséquences et en évaluant les dispositifs de protection et de prévention existants et également de soumettre des propositions quant aux améliorations à apporter dans les différents domaines de la prévention et de la protection pour réduire à l'avenir les risques pour les personnes et les dommages résultant de ce type de phénomène météorologique.
D’autre part, l’Inra et Géosciences travaillent respectivement sur les circulations d’eau dans les bassins versants et sur le fonctionnement des eaux souterraines. Ces études n’entrent pas directement dans le cadre de la recherche sur les inondations mais les résultats qui en sont issus peuvent servir de supports pour comprendre les inondations.

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1176283363-vignette-inondation-de-l-hiver-2000-a-redon.jpgInondation de l’hiver 2000 à Redon
Depuis 2000-2001, à la demande de la Diren, le Costel travaille sur une « méthode hydrogéomophologique »  [1] qui consiste à cartographier les champs d’inondation dans l’objectif de comprendre le fonctionnement des inondations dans les plaines. Ce travail a permis de comprendre qu’en Bretagne, les inondations n’étaient pas seulement consécutives au débordement des rivières mais aussi le fait de remontées de nappes d’eau souterraines.
D’autres recherches sont actuellement en cours en Bretagne effectuées au sein du Caren et financées par l’Institut d’aménagement de la Vilaine. Le premier programme coordonné par Alain Crave (Géosciences, Rennes 1) étudie le transport des sédiments lors des crues et le fonctionnement actuel et ancien de la plaine d’inondation. Le second, sous la direction de Nadia Dupont (laboratoire Costel, Rennes 2) étudie la perception des inondations par les acteurs et les habitants dans le bassin de la Vilaine, cette recherche s’appuie notamment sur des enquêtes et une recherche historique.

Des exemples d’aménagement contre les inondations

S’il est impossible d’empêcher les crues d’une rivière, il est parfois possible de se protéger contre les inondations. La meilleure solution étant de s’installer en dehors de la zone inondable, comme le préconise les plans de prévention des risques liés aux inondations. Cependant, des aménagements peuvent permettre de réguler le débit et la hauteur des eaux de la rivière. D’autre part, l’usage de certaines pratiques sur le bassin versant permettent de limiter le ruissellement des eaux et par là même le débit de la rivière. Voici quelques exemples d’aménagements pratiqués en Bretagne :

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1107258818-vignette-2005-cg29-barragemobile.jpgLe barrage mobile de Guily-Glaz

-  le barrage hydroélectrique de Guerlédan, grâce à une gestion spécifique négociée avec EDF, contribue à l’écrêtement des crues à Pontivy ;
-  la construction de trois barrages (la Valière, la Haute-Vilaine et la Cantache), entre 1978 et 1995, sur la Vilaine dans le pays de Vitré, afin notamment d’écrêter les crues ;
-  la destruction de l’ancien barrage à marée de Redon en 2002. Mis en service en 1938, il a perdu toute fonction lors de la construction du barrage d’Arzal. Son effacement a permis localement un gain de 15 à 20 cm sur le niveau d’eau de la rivière ;
-  la construction du barrage d’Arzal en 1970 à l’embouchure de la Vilaine a permis de bloquer la marée qui remontait auparavant jusqu'à Redon. En période de vives-eaux, la marée venait contrarier l'écoulement des crues, provoquant des inondations à répétition sur la vallée ;
-  la construction d’un barrage à clapets à Lochrist en 2006. Doté de trois vannes à clapets qui s’abaissent automatiquement en cas de crue, ce barrage permet réduire la côte de crue centennale d’environ un mètre ;
-  la construction d’un barrage mobile à Guily-Glaz permettra de gagner 92 cm de niveau d’eau à Guily-Glaz et 20 cm à Châteaulin si une crue comparable à celle de 2000 venait à se reproduire.

Enfin, il est possible de diminuer l’impact des petites crues en limitant le ruissellement. Pour cela, il faut favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol avant qu’elle ne rejoigne le cours d’eau. La couverture des sols en hiver par des cultures intermédiaires, le maintien des zones humides et des zones d’expansion des crues ou encore la restauration du bocage par des talus et des haies, bref tout type d’aménagement susceptible en amont de retenir et freiner l’eau, sont de bons exemples de pratiques à adopter.

[1] Sources : Diren Bretagne - Université de Rennes 2, équipe COSTEL, février 2005. Définition des indicateurs pour une cartographie de la courbe enveloppe des inondations dans le cadre de l’utilisation de la méthode hydrogéomorphologique

Plan

Côté net

11 ressources pour en savoir plus :
Loi n° 95-101 du 2 février 1995, relative au renforcement de la protection de l'environnement (loi Barnier)  (page internet) 
La loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement complète la loi sur l'eau notamment en matière de prévention des risques d'inondation, ainsi que la loi Sapin en (...)

Prévention des risques naturels  (page internet) 
Cette page Internet sur le site de la Direction régionale de l’environnement de Bretagne explique le comment et le pourquoi des plans de prévention des risques naturels en Bretagne.

Etat d’avancement des plans de prévention des risques naturels en Bretagne  (page internet) 
Cette page Internet sur le site de la Direction régionale de l’environnement de Bretagne présente l’état d’avancement de la mise en œuvre des plans de prévention des risques naturels (inondation, (...)

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A lire

8 ressources pour en savoir plus :
Analyse et recommandations relatives aux inondations en Bretagne (hiver 2000-2001)  (rapport ou étude) 
En contribution aux travaux de la Mission interministérielle sur les crues en Bretagnes (janvier 2001), le Conseil scientifique a analysé les évènements et fait part de ses recommandations.

Catastrophes naturelles et plans de prévention des risques  (revue ou bulletin d'information) 
Depuis une vingtaine d'années, la plupart des communes françaises, et certaines plusieurs fois, ont fait l'objet d'arrêtés permettant l'indemnisation des biens suite à des catastrophes naturelles. (...)

Rendre son habitation moins vulnérable aux inondations - guide à l’usage des professionnels  (brochures d'information) 
Vous vivez ou possédez un logement en zone inondable ?Vous entreprenez des travaux d’amélioration de votre logement liés ou non à une précédente inondation ?Ce guide vous est destiné ainsi qu’aux (...)

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Annuaire des acteurs

5 ressources pour en savoir plus :
Direction départementale de l'équipement d'Ille-et-Vilaine (DDE 35)  (Service de l'Etat) 
Dans le domaine de l'environnement la DDE travaille sur les thèmes suivants : - police de l'eau (gestion du domaine public fluvial , - prélèvements d'eau, - service d'annonce de crues, - (...)

Direction régionale de l'environnement de Bretagne (Diren Bretagne)  (Service de l'Etat) 
Service déconcentré du Ministère de l'écologie et du développement durable, placé sous l'autorité du Préfet de Région et des Préfets de Départements, la direction régionale de l'environnement (Diren) (...)

Préfecture de la région Bretagne (Sgar)  (Service de l'Etat) 


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