logo|Inventaire des dégâts sur le littoralL’inventaire des points sensibles
L’inventaire des points sensibles à l’érosion du littoral réalisé par le laboratoire Géomer comporte 1 445 données de dommages enregistrés concernant les côtes de bretonnes entre 1800 et 2003, dont plus de 1 300 concernent la période 1949-2003 [1]. La distribution spatiale de la localisation des dommages est très hétérogène, mais peu de secteurs côtiers ont été épargnés par les dommages.
Les principales manifestations de l’érosion côtière peuvent être :
| Sur l’estran |
Démaigrissement de l’estran et recul de la ligne de rivage |
| Sur les dunes |
Recul du pied du profil dunaire et création d’une micro-falaise, création de siffle-vent après disparition de la végétaion (sous l’action du piétinement…) |
| Sur les falaises |
Création de rigoles d’érosion (sous l’action du piétinement et de la disparition de la végétation), rupture en pans de falaises (sous l’action marine et des conditions hydrométéorologiques) |
| Sur les dépressions arrière-littorales basses |
Submersion des dépressions arrière-littoraux après rupture du cordon littoral |
| Sur les ouvrages |
Rupture et endommagements des ouvrages de protection (enrochements, murs, ganivelles, …) |
L’évolution temporelle des phénomènes
Erosion du rivageL’appréciation de l’évolution temporelle des phénomènes est relativement récente. En effet, les observations ne sont enregistrées que depuis le XIXème siècle. Deux époques peuvent être distinguées :
- de 1800 à 1960, le nombre de dommages enregistrés annuellement en Bretagne reste généralement inférieur à 10. Plus on remonte dans le temps, moins on dispose de documents relatifs aux dommages occasionnés sur les rivages. Au XIXème siècle et durant la première moitié du XXème siècle, hormis les violentes tempêtes, notamment celles de 1865, 1882 et 1896, les dommages subis par les rivages sont rarement relatés sauf lorsqu’ils affectent une construction humaine (structure portuaire, digue, polder) ;
- à partir de 1960, le nombre de dommages ne cesse de croître jusqu’en 2003 dû notamment à l’augmentation des constructions en bordure du rivage ou en zone submersible, à l’augmentation des zones naturelles aménagées contre l’érosion marine, etc. Ceci contribue à accentuer la vulnérabilité du trait de côte aux évolutions naturelles des rivages. Enfin, dans cette période les observations sont nettement plus nombreuses qu’avant 1960.
Aléa, enjeux et risqueL’interprétation de ces données s’avère très limitée car la perception de l’
aléa augmente en fonction de l’exposition des biens et des personnes. L’aléa n'est un risque que s'il s'applique à une zone où des enjeux humains, économiques ou environnementaux sont en présence. D'une manière générale le risque peut se caractériser par de nombreuses victimes, un coût important de dommages matériels, et/ou des impacts sur l'environnement.
Impacts, adaptation, vulnérabilitéLa vulnérabilité d’une zone ou d’une population par rapport à l’aléa est fonction de son exposition à l’aléa, son degré de sensibilité et de sa capacité d’adaptation.
Un phénomène complexe
Les facteurs provoquant des dommages littoraux sont d’origines très variées : météorologique (tempête), marine (houles et vagues, dérive et courants littoraux, fort coefficient de marée, surcote), continentale (précipitations, ruissellement, gel-dégel, etc.), anthropique (la part des actions anthropiques reste difficilement appréciable car souvent minorées), biologique (plantes fixatrices, animaux fouisseurs, oiseaux nicheurs, etc). Ces facteurs peuvent se conjuguer. Ainsi, établir la part de chacun dans le phénomène d’érosion n’est pas aisée.
Facteurs à l'origine des dommages côtiersLeur répartition en Bretagne sur la période 1949-2003 est la suivante :
- 46 % des dommages sont provoqués par les tempêtes et les actions marines ;
- les mouvements de masse dans les falaises comptent pour 10 % ;
- les dommages liés aux actions humaines sont peu représentés (1,7 %) et très certainement sous-estimés ;
- moins d’1 % est d’origine biologique ;
- environ 8 % sont des facteurs combinés ;
- l’origine d’environ 30 % des dommages demeure ignorée.