Les ports jouent un rôle important pour la plaisance en assurant l'accueil permanent des bateaux et leur accueil temporaire lors des escales. On y propose aussi des activités de loisirs et de découverte : location, excursion, balade sur des bateaux traditionnels, pêche en mer. D'autre part, les ports sont un facteur d'attractivité grâce aux activités et événements qui marquent la vie et l'image du littoral (régates, départ de grandes courses, rassemblement de voiliers, etc.).
La plaisance s'est considérablement développée en France depuis la fin des années 1960. Avec 2,5 % de nouveaux bateaux immatriculés chaque année, la Bretagne suit l'évolution moyenne nationale. Près du quart des navires de la flotte nationale de plaisance sont immatriculés en Bretagne. La flotte active bretonne serait de l'ordre de quelques dizaines de milliers de bateaux.
En Bretagne, les voiliers sont très nombreux. Toutefois, les navires à moteur dominent et leur nombre progresse de plus en plus. Quel que soit le type de propulsion, les navires de plaisance immatriculés en Bretagne font en large majorité moins de 6 m. Ils se contentent plus facilement d'un mouillage et sont donc moins caractéristiques de la demande portuaire.
« Les grandes unités se concentrent dans les ports importants, à proximité des grandes villes, et zones touristiques fortement résidentielles. La proportion de bateaux de moins de 6 m est plus forte dans certaines zones (baies de Lannion, de Morlaix, d'Audierne, côte sauvage, côte des rias), dont les équipements sont plus légers ou moins nombreux. »
La région est en deuxième position après le littoral méditerranéen, pour le nombre de places dans les ports. Si elle offre un grand nombre de places de mouillages, c’est à cause de l’amplitude des marées et du découpage de la côte, offrant de nombreuses zones naturelles abritées.
Le taux de remplissage actuel des ports par les bateaux résidents est voisin de 100 %. L'accueil des bateaux en escale est assuré, mais il reste problématique en saison touristique dans les sites de fort passage, notamment la Bretagne sud et les îles. Les deux secteurs géographiques où la pression mesurée est la plus forte sont la baie de Saint-Malo et la côte sud, principalement autour du golfe du Morbihan.
Des projets d'extension ou de transformation des ports de plaisance
Afin d'accueillir les navires de plaisance, des ports ont été aménagés sur le littoral breton depuis ces quarante dernières années. Dans le Finistère, au milieu des années 1960, seul le port de Concarneau proposait aux plaisanciers quelques places sur pontons. Puis, en une dizaine d'années (1966-1976), sept ports de plaisance ont été aménagés offrant 1 700 places : Brest et Douarnenez-Tréboul (1968), Camaret (1971), Port-La-Forêt (1972), Morlaix et Morgat (1976), Bénodet et Sainte-Marine à l'embouchure de l'Odet.
La décennie suivante (1976-1986) s'est caractérisée par des opérations d'extensions des structures existantes multipliant par deux la capacité d'accueil. Enfin, la décennie 1986-1996 a été une période de forte extension avec deux nouvelles structures (Audierne en 1987 et Loctudy en 1991) [1]. Depuis 2000, on peut noter la transformation de la partie amont du port musée de Douarnenez (Port-Rhu) en port de plaisance. L'exemple de ce département illustre bien l’évolution de l'ensemble de la façade maritime bretonne.
Le développement de la plaisance a parfois conduit à des projets fortement contestés tel qu'à Trébeurden (destruction d'un site, investissement supérieur aux capacités financières de la commune, etc.). Actuellement afin de développer le nombre de places en Bretagne tout en essayant de réduire les atteintes au milieu, la combinaison de différentes solutions est de plus en plus recherchée.
Quelques projets importants concernent l'extension d'équipements existants comme le port d'escale actuel de l'Aber Wrac'h (Finistère) ou la transformation de ports sur bouées en ports mieux équipés tels qu'à Saint-Cast (Côtes-d'Armor). D'autres solutions existent tels que les ports à secs comme à Saint-Philibert (Morbihan) ou les reconversions de bassins de commerce (Le Légué en Côtes-d'Armor), de bassin militaire ou de pêche (à l'étude à Brest et à Roscoff).
Parallèlement aux questions financières, foncières, réglementaires se posent des questions environnementales pour les paysages, l'impact sur les milieux et l'exploitation proprement dite des ports.
De plus en plus nombreux, les plaisanciers rencontrent des difficultés d'accueil. En 2000, la demande de place non satisfaite correspondait à 28,4 % des places existantes dans les ports de Bretagne. Selon une enquête régionale sur la capacité d'accueil maritime de plaisance [2]], il existait en 2000 environ 56 000 places autorisées, réparties entre 93 concessions portuaires, 145 zones de mouillages organisés et 4 200 mouillages individuels autorisés.
La pénurie de structures d'accueil face au nombre toujours croissant de navires a conduit de nombreux plaisanciers à pratiquer un mouillage sauvage, n'ayant obtenu aucune autorisation d'occupation du domaine public. Le nombre total réel de places occupées en 2000 atteindrait alors au moins 65 000.