Le parc breton est constitué de 7 principaux bassins conchylicoles : la baie du Mont-St-Michel, la baie de St- Brieuc, le secteur de Paimpol, la baie de Morlaix, le Pays des abers, la rade de Brest et le sud du Morbihan. On dénombrait 1200 entreprises et 4023 emplois en février 2000 liés à l'aquaculture.
Le recensement de la conchyliculture en 2002
La production de moules (mytiliculture) en Bretagne Nord s'élève à près de 16 000 tonnes par an (t/an). La culture se fait le plus souvent sur bouchots. La baie du Mt St Michel avec le port du Vivier-sur-Mer regroupe à elle seule 90 mytiliculteurs produisant 10 000 t/an. En Bretagne Sud, la production est d'environ 2 000 t/an essentiellement dans la région de Pénestin. Au total, cela place la Bretagne en tête des régions productrices de moules avec près de 30% de la production nationale, la France étant le troisième producteur européen de ce mollusque.
La production d'huîtres (ostréïculture) concerne l'ensemble des bassins conchylicoles. Cela représente une production annuelle de l'ordre de 20 000 tonnes en Bretagne sud et 16 000 tonnes en Bretagne Nord soit 28% de la production française d'huître, la région française la plus productrice restant le Poitou-Charentes. La Bretagne est la seule à produire des huîtres plates (1 500 à 2 000 tonnes par an) [1].
Ces cultures marines sont fragiles et leur production est soumise aux aléas naturels, en particulier climatiques.
Différentes pathologies peuvent ainsi mettre en danger les élevages : la « parasitose de l'huître plate » notamment a quasiment anéanti la culture de cette huître en Bretagne dans les années 1970 et 1980 ; la "maladie de l'anneau brun" a compromis l'essor de la vénériculture (élevage de la palourde) dès le fin des années 1980 ; le « Gymnodium », espèce phytoplanctonique toxique pour la faune, a affecté l'ensemble de l'activité conchylicole en 1995 en provoquant une forte mortalité sur les naissains. Ces risques d'épizooties peuvent être accrus par des pratiques inadaptées (concentration excessive des élevages) ou prohibées (immersion de coquillages étrangers comme les huîtres américaines Crassostrea virginica, porteurs potentiels d'agents infectieux).
Les cultures marines sont, de plus, très dépendantes de la qualité des eaux littorales, et des pollutions d'origine fécales (bactéries) peuvent en interdire la consommation.
Deux micro-algues toxiques sont également régulièrement observées : Dinophysis, très fréquente sur nos côtes, s'accumule l'été dans les fruits de mer et produit une toxine responsable de diarrhées chez l'homme. Alexandrium minutum n'est observée que depuis une dizaine d'années dans les eaux françaises et exclusivement au Nord de la Bretagne (Rance, baie de Morlaix, Abers). Sa présence, beaucoup plus rare, est néanmoins problématique car les toxines paralysantes qu'elle produit sont très dangereuses et ont déjà été mortelles dans d'autres pays où elle sévit.