LA PÊCHE À PIED : UNE ACTIVITÉ DE LOISIR ET PROFESSIONNELLE
Dernière mise à jour le 19 juin 2008
Généralement pratiquée à titre de loisir, la pêche à pied fait également l'objet d'un exercice professionnel.
La pêche à pied s’exerce le long du rivage par définition sans recours à une embarcation. Activité d'appoint pour certains, elle peut aussi être l'unique source de revenus du pêcheur professionnel. Elle s'est développée de façon hétérogène sur le littoral breton, en fonction de la morphologie de l'estran. Elle est surtout pratiquée lorsqu’il existe des gisements de bivalves fouisseurs en substrat meuble.
Trait culturel en Bretagne, la pêche à pied est une pratique ancienne qui s’est fortement développée. Les pêcheurs à pied « du dimanche » sont de plus en plus nombreux. Leurs prélèvements ont un impact important sur la ressource dans un contexte sanitaire difficilement contrôlable et qui pourtant peut être sensible en été suite à des proliférations de phytoplancton toxique.
Certaines activités de pêche à pied sont aujourd'hui en déclin. C'est le cas de la pêche aux engins fixes qui conserve cependant, en certains endroits, une valeur patrimoniale et touristique (tésures et pêcheries fixes de la baie du Mont-Saint-Michel). La pêche à pied des bivalves reste, au contraire, bien présente et semble en voie de structuration sur plusieurs secteurs.
Parmi les espèces récoltées par les professionnels, on trouve les palourdes japonaises dans le golfe du Morbihan, les coques principalement dans les Côtes-Armor, les donax (ou tellines) en baie de Douarnenez et dans la ria d’Etel, les moules en baie de Saint-Brieuc et dans la presqu'ïle de Rhuys. Les quantités récoltées varient chaque année des contraintes inhérentes à la biologie des espèces exploitées et des contraintes administratives particulières à ce type d'exploitation.
On pratique également sur les îles de Groix et de Belle Ile, la pêche à l'anatife, appelé « pouce-pieds ». La production est difficile à quantifier car elle est sujette à de sérieuses fluctuations en fonction de la ressource, mais l'économie induite n'est sans doute pas négligeable pour ces îles. Les pouce-pieds sont une espèce à forte valeur patrimoniale pour laquelle la Bretagne a une responsabilité à l'échelle européenne.
Le statut du pêcheur à pied professionnel a été éclairci par le décret du 11 mai 2001, « réglementant l'exercice de la pêche maritime à pied à titre professionne ». Il est soumis à la détention d'un permis délivré par le préfet du département pour une durée d'un an renouvelable. Ce permis impose au pêcheur de « s'engager à participer à des programmes de gestion de la ressource ». Ce décret fixe également de nombreuses obligations au pêcheur à pied professionnel comme celle de déclarer ses prises et leur commercialisation par l'intermédiaire d'un centre d'expédition de coquillages destinés à la consommation humaine.