DES MILLIERS DE TONNES D'ALGUES RÉCOLTÉES TOUS LES ANS DANS LE FINISTÈRE
Dernière mise à jour le 6 octobre 2006
Ce n’est pas un hasard si le goémon est indissociable de la Bretagne. Il s’agit de la principale zone littorale d'Europe où s’effectue le ramassage des algues. Une activité qui se pratique, en particulier, sur le plateau littoral du Léon et en mer d'Iroise (Finistère). La récolte se fait soit par pêche à pied, soit par exploitation de champs d’algues en mer. Jadis exploitées par la population côtière pour se chauffer, se soigner, se nourrir ou enrichir les terres, les algues sont aujourd'hui présentes dans de nombreux produits de tous les jours. Leurs applications multiples concernent des domaines très variés que ce soit dans l'agroalimentaire, l'industrie, la cosmétologie, la pharmacologie ou encore le textile.
Algues
La production issue de la pêche à pied des algues est essentiellement réservée à la transformation industrielle. Quatre espèces sont exploitées. Les algues d'échouage (Laminaria hyperborea) sont récoltées après les tempêtes hivernales dans la région des abers finistériens. Cette récolte concernait une quinzaine d'hommes en 2002. Les algues en place du type Ascophyllum et Fucus sont coupées tout au long de l'année en fonction de la demande des usines. En 2002, une trentaine de récoltants, équitablement répartis, exploitaient ainsi le pays des abers et le secteur de Pleubian pour une valeur globale de près de 0,39 million d'euros. Le Chondrus, algue rouge encore appelé Pioca, est récolté sur l'ensemble du littoral finistérien durant la période estivale et mobilise à lui seul plus de 2 000 « plaisanciers ». Avec une production de 1 500 tonnes par an, il représente une valeur d’environ 0,29 million d'euros. Enfin, les algues alimentaires comme Himanthalia, Ulva, Porphyra et Palmaria (300 tonnes) concernent une vingtaine d'exploitants qui réalisent un chiffre d'affaires d’un peu plus de 9 000 euros.
L'exploitation de champs d'algues en mer constitue l'essentiel de la production bretonne. Elle a lieu principalement dans le secteur des abers et de l'archipel de Molène. Les algues brunes ou laminaires et principalement le Tali (Laminaria digitata) sont récoltées en mer à l'aide de bateaux équipés de « scoubidous » arrachant les algues aux fonds. Ces collectes sont très réglementées et s'effectuent entre mai et octobre. La flottille professionnelle produit en moyenne 50 000 tonnes de Laminaires (Laminaria digitata) par an depuis 1998, pour une valeur de 2,18 millions d'euros. En Bretagne, on compte 60 licences d'exploitants. Deux usines traitent les algues recueillies : Degussa à Lannilis et Danisco à Landernau. Cela représente environ 200 emplois sans compter les nombreuses petites sociétés qui traitent et commercialisent l'algue.
Depuis 1997, on constate une baisse des apports annuels. La production a effectivement diminuée dans certains secteurs, notamment entre Corsen et l'Ile Vierge. Si des phénomènes naturels peuvent contribuer à réduire l'abondance de Laminaria digitata, l'intensité de l'exploitation intervient pour partie. De nouvelles modalités d'exploitation sont à l'étude, en lien avec les comités locaux des pêches maritimes.